Les maladies liées à l'environnement

En matière de pollution, malheureusement, en France, nous dépassons souvent les seuils d'alerte, que ce soit pour l'air, l'eau ou l'alimentation. Quels sont les risques pour notre santé ? Comment faire pour s'en prémunir ? Le diagnostic de Dominique Belpomme, cancérologue et président de l'ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse)…

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Insuffisances respiratoires, cancers, maladies cardiovasculaires, Alzheimer, troubles de la fertilité… Pour Dominique Belpomme*, nous avons à faire à des maladies de société qui sont, pour l'essentiel, causées par la dégradation de notre environnement. L'homme est direct, ne brosse pas dans le sens du poil et préconise des solutions radicales dans le cadre de l'Appel de Paris qu'il a lancé en 2004.

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Recommandations pour la femme enceinte

Selon Dominique Belpomme, la femme enceinte ne doit jamais prendre de médicaments, sauf cas exceptionnel, jamais faire de vaccination ni de radiographie.
Dans le cadre de la prévention environnementale il conseille de manger bio, "ce qui présente l'avantage d'avoir plus d'antioxydants, pas de pesticides ni d'additifs alimentaires". Il faut également éviter de s'exposer à des champs électromagnétiques "car le fœtus y est extrêmement vulnérable" : les femmes enceintes ne doivent donc pas utiliser de portable ou le moins possible, sauf en cas d'urgence, et, si elles utilisent un ordinateur, elles doivent se protéger de la wi-fi.

Quels sont les dangers des particules fines ?
Dominique Belpomme : Elles provoquent des insuffisances respiratoires dues au fait qu'elles pénètrent dans les alvéoles pulmonaires, créent de l'inflammation, laquelle inflammation va faire le lit des infections. Elles provoquent également des cardiopathies selon deux mécanismes possibles : soit les particules fines interviennent directement au niveau du cœur et des vaisseaux soit c'est l'insuffisance respiratoire qui a un effet secondaire au niveau du cœur, ce qui est probablement le plus fréquent. Et enfin il y a aussi un risque de cancers, en particulier le cancer des voies respiratoires, surtout le cancer du poumon.

Que se passe-t-il avec les champs électromagnétiques ?
DP : Il y a deux types de champs électromagnétiques : les extrêmement basses et basses fréquences (lignes à haute tension, transformateurs et centrales électriques, appareils ménagers), les radiofréquences et hyperfréquences (wi-fi, téléphones portables…).
L'OMS avait déjà classé les premières dans le groupe des cancérigènes possibles. On sait, par exemple, que si on habite à moins de 600 mètres d'une ligne à haute tension, on double le risque de leucémie chez l'enfant.

Et quels sont les dangers de la wi-fi et des téléphones portables ?
DP : Ce qui est nouveau, c'est que l'OMS vient de classer les radiofréquences et hyperfréquences dans le même groupe des cancérigènes possibles. Différentes études montrent qu'il y a un lien associatif, si ce n'est causal, entre ces champs électromagnétiques et les tumeurs du cerveau ainsi que certains cancers du sein.

Il y aurait également un risque d'Alzheimer ?
DP : L'OMS reconnait que la maladie d'Alzheimer va doubler dans le monde tous les 12 ans environ. Depuis septembre 2009, j'ai traité plus de 700 personnes électro hypersensibles, des gens qui sont intolérants aux champs électromagnétiques, même à de faibles doses. C'est la plus grande série mondiale dans ce domaine. Les tableaux cliniques et biologiques de ces patients correspondent à un état pré-Alzheimer. Nous avons mis au point des traitements pour les traiter le plus rapidement possible.
Les études épidémiologiques nous avaient déjà montré que les extrêmement basses et basses fréquences sont associées un risque majoré. Maintenant à travers les travaux que nous réalisons et d'autres publications de la littérature médicale, on sait que l'électro hypersensibilité peut conduire à une maladie d'Alzheimer. Donc tous les résultats concourent à nous faire admettre que les champs électromagnétiques sont cause de maladie d'Alzheimer.

Quels sont les risques dans notre assiette ?
DP : Parmi les résidus chimiques qui polluent notre assiette, vous avez des contaminants qui ne sont pas intentionnels, issus essentiellement de l'agriculture intensive :
- des dioxines ou des hydrocarbures si vous êtes à côté d'un incinérateur, d'une route à grande circulation ou d'un aérodrome,
- des pesticides si vous êtes à côté d'un champ où est pratiquée l'agriculture intensive,
- des phosphates, des nitrates, si vous buvez de l'eau polluée, comme c'est le cas trop souvent.
Les pesticides, par exemple, sont des substances excessivement toxiques, surtout les pesticides organochlorés. Ils peuvent provoquer des cancers et des troubles de la fécondité. Il y a un lien entre l'utilisation des pesticides et l'apparition de malformations congénitales notamment de l'appareil sexuel, des testicules et de l'ovaire, avec comme conséquence une hypofertilité.

Il y a aussi des polluants intentionnels...
DP : Ce sont les additifs alimentaires qui relèvent de l'agroalimentaire. On trouve malheureusement dans l'alimentation des colorants mutagènes cancérigènes qui sont encore tolérés sur les listes officielles de l'Union Européenne. On y trouve aussi des conservateurs qui sont nécessaires dans le cadre de cycles de distribution longs, mais qui sont à base de nitrites donc hautement mutagènes et cancérigènes.

Comment se prémunir contre ces dangers ?
DP : Il y a la prévention primaire qui consiste à retirer les polluants à leurs sources. Cela impose une reconsidération des activités humaines et donc une révolution en terme d'industrie et de système économique.
Dans le cadre de l'Appel de Paris en 2004, avec 68 experts internationaux, nous avons préconisé 164 mesures à mettre en œuvre dans le domaine de la santé environnementale. Cet Appel a aujourd'hui 365 000 signataires, dont plusieurs milliers de scientifiques et de personnalités internationales, et l'ensemble des conseils de l'ordre des médecins des 25 états membres de l'Union Européenne dans son périmètre de 2004.

En attendant, que peut-on faire ici et maintenant ?
DP : Dans le cadre de la prévention secondaire, qui consiste à protéger les gens de la pollution, il y a une phrase clé : "les femmes et les enfants d'abord !". Les femmes doivent impérativement se protéger pendant la grossesse (voir encadré) car la mère emmagasine des polluants organiques persistants qui vont contaminer le fœtus et soit ce fœtus va naître avec une malformation congénitale, ce qu'on observe malheureusement assez fréquemment, soit on constatera bien plus tard à l'âge adulte ou même à un âge avancé l'apparition de certaines maladies telles que cancer, obésité, diabète de type 2, allergies etc.

 

*Dominique Belpomme est un cancérologue de renommée internationale, professeur de cancérologie à l'université Paris-Descartes (Paris V), président de l'ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse). Il a aujourd'hui à la clinique Alleray-Labrouste (Paris 15e) une consultation en cancérologie et en médecine environnementale.

 


                

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