Période d'examens : soutenir efficacement nos enfants

C'est une période stressante pour les enfants. Les parents s'inquiètent aussi, parfois à juste titre, mais n'ont pas toujours les bons réflexes. Les conseils d'une psychothérapeute, spécialiste de la pédagogie positive…

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Pas facile de vivre la période qui précède les examens, notamment quand on a l'impression que nos ados sont loin de fournir la dose de travail nécessaire ou au contraire quand ils sont fin prêts mais paniquent sans raison !
Audrey Akoun*, thérapeute cognitivo-comportementaliste, reçoit pendant cette période beaucoup d'ados en phobie scolaire qui n'arrivent plus à aller à l'école. "Ce n'est pas juste par caprice, c'est qu'ils n'y arrivent plus. Trop d'angoisse, trop de stress."

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Bien organiser les révisions

De bonnes idées de méthodes :

- se donner des mini-objectifs : matière par matière, avoir une vision d'ensemble du programme de révision, ensuite le découper en petites unités (entre 1/2h et 1h) et en fin de journée revenir à la vision d'ensemble et cocher ce qu'on a fait.

- faire le tri entre ce qu'on sait et ce qui reste à apprendre, pour se focaliser en priorité sur ce qu'on ne sait pas. Cela fait gagner du temps et de la maîtrise.

- faire des fiches avec la méthode du Mind Mapping : mettre le sujet ou le titre du cours au centre de la fiche, faire une arborescence avec des branches sur lesquelles on met le sommaire puis remplir aves les idées essentielles.

- retenir l'essentiel d'un texte avec la méthode "CQQCOQP" : un moyen mnémotechnique pour retenir les questions Comment, Qui, Quoi, Combien, Où, Quand, Pourquoi.

- reconnaître et encourager le profil d'apprentissage de l'enfant : certains ont besoin d'apprendre leur cours en marchant, d'autres ont besoin de le réécrire, d'autres de s'enregistrer et de se réécouter.

- arrêter les révisions deux jours avant la première date d'examen et utiliser ces deux jours pour se détendre : se reposer, bouger, faire des activités…

Un soutien discret, bienveillant et disponible
Il faut savoir qu'à un mois du bac, les jeux sont quasiment faits. Mais la pression monte chez l'enfant. "Le parent doit donc se mettre en retrait pour ne pas rajouter de la pression. Il est contre-productif de se poser en cerbère vérificateur. Soit l'enfant n'a pas pris la mesure de l'enjeu et ça ne sert à rien de lui asséner tous les jours qu'il faut qu'il travaille. Soit l'enfant a pris la mesure de l'enjeu, il est assez stressé, ce n'est pas la peine d'en remettre une couche."

Il est en revanche important de lui faire savoir qu'on est disponible. "Si tu as besoin de moi, si tu as besoin d'un coup de pouce, je suis là"". Et dans tous les cas, rester bienveillant. "Ça ne sert à rien de lui dire : "tu es fainéant, tu n'as rien foutu de toute l'année, c'est sûr, tu ne l'auras pas". Ça, ce n'est pas bienveillant", précise Audrey Akoun.

Ne pas négliger la dimension corporelle
Pendant les révisions, ce n'est pas parce qu'on est dans un exercice intellectuel, qu'il n'y a que le cerveau qui travaille. Il est très important de prendre en compte la dimension du corps.

- surveiller l'alimentation : limiter les sucres rapides, préparer les bons petits plats qu'il (ou elle) aime.
"Je suis horrifiée de voir les ados qui se bourrent de boissons avec des bulles, archi-sucrées voire énergisantes avec de la taurine dedans. C'est dévastateur pour la concentration et la mémoire. Et au bout d'un moment trop de sucre fatigue, on n'arrive plus à fonctionner."

- garantir un sommeil réparateur : extinction des feux à 23h, réveil à 8h.
"Du fait du changement hormonal, les ados ont tendance à se coucher tard mais les heures avant minuit sont réparatrices et permettent au cerveau de faire les connexions. Se coucher à 23h veut dire qu'on éteint les écrans à partir de 22h30. L'utilisation prolongée des écrans le soir retarde l'endormissement et dénature la qualité du sommeil. On conseille aussi de se réveiller toujours à la même heure, même le week-end. Le sommeil c'est primordial", affirme Audrey Akoun.

- pratiquer un activité physique modérée au moins 30 minutes par jour : faire du sport, aller faire un tour en vélo, en skate ou à pied.
"Le cerveau a besoin de mouvements pour bien fonctionner." C'est d'autant plus vrai quand le jeune est en train de sécher, de s'énerver ou de fonctionner à bas régime. "Il faut lui dire : "fais une pause, sors, bouge, va te promener, va faire du sport et tu reviens après"".

Le jour J : savoir se relaxer
Sans être un spécialiste de la relaxation on peut montrer à son enfant des petits exercices simples : "Si tu sens que l'angoisse monte, fais une pause, ferme tes cahiers, les pieds ancrés dans le sol, ferme les yeux et concentre-toi uniquement sur la respiration. Il suffit de faire ça cinq minutes."

Pour les plus stressés il faut approfondir un peu.
"Je propose aux ados de se mettre en état de visualisation positive : "essaie de t'imaginer le jour du bac ; tu sais que tu as travaillé, que tu as fait le mieux que tu pouvais ; tu te vois en train d'écrire, le stylo glisse, c'est fluide, les idées te viennent".

Accepter ses émotions
Beaucoup de jeunes ont travaillé suffisamment mais se conditionnent de manière négative et se mettent en position d'échec : "Ils dépensent tellement d'énergie à avoir peur d'échouer, qu'ils risquent de perdre leurs moyens le jour J."
Dans ce cas, il y a une méthode efficace, c'est d'accepter ses émotions.
"Je leur dis : "le jour J, si le trac monte, plutôt que de résister et de lutter contre ça, donne-toi cinq minutes à vivre ton angoisse ; à un moment donné tu vas choisir de déposer cette peur et l'élève qui a travaillé va reprendre la main". Une émotion c'est fugace, si on arrive à l'accepter. Plus on est en résistance, plus on fait monter la pression."

Prendre conscience de ses propres angoisses de parent
"Selon un récent sondage, la réussite scolaire représente 80 % des discussions familiales : les notes, les examens, l'orientation professionnelle… Les parents ont de fortes attentes sur ces questions et, compte tenu des difficultés de la société actuelle, ils ont peur pour leurs enfants. C'est légitime. Mais sans le vouloir, ils projettent sur eux leurs propres angoisses d'adultes et ils ne se rendent pas compte que c'est contre-productif. Mon conseil c'est : "faites de la relaxation, détendez-vous, essayez de prendre sur vous, de ne pas trop transmettre vos angoisses à votre enfant !" Et finalement s'il n'a pas son bac, ce n'est pas si grave. Cela peut même avoir une vertu, l'apprentissage du principe de réalité, créer un déclic et une prise de responsabilité", conclut Audrey Akoun.

Il est effectivement important pour l'enfant d'avoir son bac, mais plus encore de ne pas abîmer son estime de soi. De le laisser grandir et de l'outiller pour qu'il devienne un adulte bien dans ses baskets, quelle que soit la voie qu'il choisisse.

 

* co-auteur avec Isabelle Pailleau de Apprendre autrement avec la pédagogie positive, éditions Eyrolles
Leur site web : La Fabrique à Bonheurs


                

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