On lâche la pression !

Elle est partout. Celle qu'on subit, celle qu'on a intégré, celle qu'on projette sur les autres… Bien relayée par notre entourage et par la société, la pression prospère du fait de nos peurs. Nous serions bien avisés d'enlever la soupape de la cocotte-minute avant l'explosion !

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Que ce soit dans la sphère professionnelle ou privée, nombreux sont celles et ceux qui acceptent la pression et se retrouvent prisonniers d'une injonction de perfection, de réussite, de performance. Il faut souvent tomber sur un os pour comprendre qu'il y a urgence à résister : burn-out pour les uns, hernie discale ou symptôme phobique pour les autres, la liste est longue (voir encadré)…
"Dans nos cabinets on a des patients qui ne dorment pas, qui n'en peuvent plus, qui tombent très gravement malades. Quand ce n'est pas la tête qui le dit, c'est le corps qui l'exprime. Est-ce qu'il est acceptable d'accepter l'inacceptable ?", questionne Isabelle Pailleau*, psychologue clinicienne.

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Des troubles potentiellement graves

Les effets de la pression sont souvent diffus au départ : troubles cognitifs, musculo-squelettiques, cardiovasculaires, sexuels, troubles du sommeil, troubles obsessionnels compulsifs, fatigue générale…

Mais si l'on ne sait pas écouter les messages qu'envoie le corps ni reconnaître un certains nombre de signes qui les accompagnent (consommation excessive d'alcool, de drogues et/ou d'anxiolytiques), ils peuvent devenir sérieux : burn-out, dépression ou même suicide.

Responsables : nos peurs
"Pourquoi faut-il toujours être la bonne épouse ou le bon mari, la bonne mère ou le bon père, la bonne employée, la bonne copine qui rend service à tout le monde ?", renchérit Audrey Akoun*, thérapeute cognitivo-comportementaliste. Sa réponse : parce que nous cédons à des peurs plus ou moins cachées.
Peur de ne pas être accepté, de ne pas être aimé, de ne pas être reconnu, de ne pas y arriver. Voilà ce qui nous pousse à accepter des situations pour lesquelles nous pouvons à terme payer le prix fort.

Ce ne sont pas les faibles qui craquent
Un des mythes couramment répandus consiste à considérer que celui qui ne résiste pas à la pression est un faible.
"C'est plutôt le contraire", précise Audrey Akoun. "Ceux qui craquent les premiers sont les gens qui sont forts, qui s'investissent, qui ont une conscience professionnelle et humaine. Ceux qui sont désinvestis sont beaucoup plus détachés et se chargent moins en pression."

Commencer par s'affirmer
Alors comment faire pour résister ? Tout d'abord en s'affirmant.
"On peut s'affirmer tranquillement, dire ce qui est bon pour soi sans forcément marquer son territoire de manière hystérique", affirme Isabelle Pailleau. "Il existe de nombreux outils pour affirmer ses besoins à l'aide de la communication non violente : je donne les faits, j'exprime mon besoin, je dis mon ressenti…"

Accepter d'être imparfait
Il est très important d'intégrer le fait qu'on peut être aimable avec nos qualités et nos défauts. Le besoin de perfection est très ancré en nous, lié à notre histoire, notre éducation, l'image de soi qu'on s'est forgée. L'objectif est donc de lâcher prise par rapport à ce besoin.
"Bien sûr il ne s'agit pas de se laisser aller, de ne plus faire d'effort et ça ne va pas forcément marcher du premier coup."

Penser et organiser son travail autrement
Dans le cadre professionnel, pour relâcher la pression il faut avoir la sensation d'être aux commandes, d'avoir la main sur son activité et donc organiser les choses autrement.

Audrey Akoun prend un exemple : "Faire la sieste au travail non seulement c'est possible mais c'est même nécessaire : après le déjeuner l'énergie est canalisée vers la digestion, donc le cerveau rame, les connexions ne se font pas bien." 10 minutes de sieste suffisent pour recharger les batteries et l'on est plus efficace après.

Être authentique et laisser son empreinte
Par peur d'être rejetés, nous passons souvent à côté de nos ressources et de nos talents. Pour Isabelle Pailleau, l'objectif est d'être au plus près de ce que l'on est : "Quand je suis moi-même, quand je fais exactement ce qui est bon pour moi, je le sens. Quand je suis dans un rôle, quand j'essaie de me caler sur ce que je crois que les autres attendent de moi, au bout d'un moment ça ne tient pas."

Fabriquer ses petits bonheurs
Notre cerveau a une grande capacité à ruminer de l'anxieux, du négatif et nous faire croire que c'est la réalité. Si on le nourrit de positif, notre perception de la réalité va changer.
"Faisons baisser la pression en nous faisant du bien, en prenant soin de nous, en entretenant des petits bonheurs", propose Isabelle Pailleau. "Sans tomber dans le tout positif béat, licencions la personne qui nous dit dans notre tête que ce qu'on fait n'est pas bien !"

Parmi les bonheurs qu'on peut se créer : le fait d'aider les autres. "Sans tomber dans le syndrome de mère Theresa où là on revient à un problème d'affirmation", observe Audrey Akoun.

Des chemins très variés
Pour certains, la lecture d'un livre suffit pour adopter quelques exercices simples et amorcer un changement. D'autres sentent le besoin d'aborder une discipline corporelle comme la relaxation, le yoga, le Qi Gong ou le Taiji Quan. D'autres encore vont vers la psychanalyse ou les thérapies cognitivo-comportementales. Les chemins sont nombreux mais ont tous un objectif essentiel : arrêter d'être l'esclave des autres et de son propre conditionnement.

 

* Auteur de "Je dis enfin stop à la pression", Audrey Akoun, Isabelle Pailleau, éditions Eyrolles
Leur site web : La Fabrique à bonheurs


                

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