Covid-19 : pour un confinement positif

La crise du Covid-19 nécessite de s'adapter à une situation inédite dans notre Histoire. Et si nous profitions de l'occasion pour choisir d'adopter de nouvelles habitudes ? Et réinventer notre vie ?

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Les mesures de confinement décrétées par le gouvernement face à l'épidémie de Covid-19 provoquent une situation inédite dans l'Histoire de France (voir : Coronavirus, ce qui est permis et ce qui est interdit pendant le confinement en France). Les causes d'angoisse sont nombreuses, de la peur d'attraper la maladie au sentiment de claustrophobie en passant par les tensions et les conflits du huis clos familial…

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Les gestes barrières

Face au coronavirus, les gestes simples pour préserver sa santé et celle de son entourage :
- je reste chez moi,
- je me lave très régulièrement les mains,
- je tousse ou éternue dans mon coude ou dans un mouchoir,
- j’utilise des mouchoirs à usage unique et je les jette,
- je salue sans serrer la main, j’arrête les embrassades.

Source : Ministères des Solidarités et de la Santé

Difficulté à changer
Face à cela, les tentations de fuir la réalité se font pressantes : scepticisme, déni, complotisme… Autant d'alibis ne faisant qu'illustrer une difficulté par rapport au changement, selon Véronique Salman, psychanalyste et coach analytique.
"Dans le cas de ce confinement dû à l’exigence que nous avons tous de parer à un dangereux virus et son épidémie associée, la question du changement possible en chacun de nous devient cruciale."*

Il y aurait donc, d'un côté, les "solitaires consentis", celles et ceux qui voient une opportunité dans cette nouvelle situation : se reposer, calmer le stress, faire chez soi tout ce qu'on n'a jamais la possibilité de faire, passer plus de temps avec son conjoint ou ses enfants.

De l'autre, les "rebelles dépendants" vont vivre cette période comme une contrainte, une obligation. Généralement ce sont aussi celles et ceux qui ne peuvent se définir qu'à travers leur activité habituelle, qui n'existent que par leur statut professionnel. Ceux-là vont tenter de transgresser les interdits, en douce, en catimini.
"Ils ont surtout du mal à cesser de "faire comme d’habitude", à modifier quelque chose de leur quotidien, ils ont peur du changement et de la solitude. (…) Parce qu’ils ont toujours défié le cadre et l’autorité, les rebelles pensent continuer à le faire comme si l’État ou le Gouvernement représentaient en eux les parents à qui il faut dire non d’office."

Entrer en coopération
Nous avons tous en nous ce dialogue intérieur, entre l'adulte et l'enfant, entre celui qui réfléchit et prend en compte la réalité et celui qui est en régression et se pense tout puissant (voir : Cinq étapes pour cultiver son adulte intérieur). À partir de ce constat, Véronique Salman considère que nous avons le choix de continuer d'être en compétition avec les évènements ou au contraire d'entrer en coopération avec eux.

Nous voici obligés de nous arrêter, de stopper notre frénésie d'activités et de consommation, de nous tourner vers nous-même et vers nos proches. Alors comment négocier la transition ?

Structurer un emploi du temps
Le confinement a fait voler en éclat, de manière soudaine, les habitudes qui rythment et cadrent nos journées. Il est donc important de se créer rapidement de nouveaux repères positifs (Voir : Les bienfaits des routines matinales).

"Ce sont les rituels de la vie quotidienne qui structurent notre psychisme, il faut donc absolument maintenir ou inventer un nouvel emploi du temps familial"** explique Serge Hefez, psychanalyste, thérapeute familial et conjugal, responsable de l'unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. "Ne pas rester en pyjama à manger des chips jusqu'à midi… Car ça, c'est drôle deux jours. Mais pas trois semaines. Il doit y avoir des règles de vie commune, des moments d'étude, de loisir, ensemble ou chacun de son côté, il faut penser ces horaires à l'avance, et établir le déroulé des journées idéalement avec les enfants."**

Un isolement positif
Inventer un planning de la journée en coordination avec les enfants et les ados, trouver des activités dont certaines seront solitaires et d'autres collectives, limiter le temps passé devant les écrans…
"Il faut surtout expliquer aux plus jeunes que l'isolement, qui est d'habitude synonyme de punition, est cette fois positif. Nous acceptons ces contraintes pour nous préserver les uns les autres, c'est un bel apprentissage."**

Se battre ensemble
Au sein du couple, il peut être difficile de vivre du jour au lendemain dans la fusion permanente.
"La solution est peut-être dans l'état d'esprit qu'il faut adopter dès maintenant : on ne se bat pas l'un contre l'autre, on se bat ensemble contre quelque chose d'extérieur"**, propose Serge Hefez.

Avec son conjoint comme avec ses enfants, c'est le moment d'adopter les bons principes de la Communication Non Violente, d'exprimer clairement ses ressentis et ses besoins, d'utiliser le "je" plutôt que le "tu" (voir : Burn-out parental, comment l'éviter ?).

Quelles activités ?
Grâce aux moyens modernes de communication, la palette des activités à faire à la maison est devenue extrêmement large.
Pratiquer la méditation ou une activité physique (yoga, Qi Gong, Pilates…), démarrer l'étude d'une langue étrangère ou d'un instrument de musique (avec un casque pour ménager les voisins), faire un grand nettoyage de printemps dans la maison, ranger les placards, la cave ou le grenier, trier ses vêtements, ses photos, prendre enfin le temps de cuisiner, de fabriquer soi-même ses produits de beauté ou d'entretien, tenir son journal, faire du dessin ou de la peinture, lire les livres qui se sont accumulés dans la bibliothèque, visiter des musées virtuellement, écouter des podcasts, regarder des films… Et pourquoi pas ressortir les vieux jeux de société qui dorment dans les placards ?

Il faut quelques semaines pour mettre en place de nouvelles habitudes alors autant s'y mettre tout de suite…

 

Sources :
*Site de Véronique Salman : Face au coronavirus, nier ou accepter ?
Véronique Salman est auteure de La Trilogie inconsciente, la comprendre pour aller mieux, éditions The Book Edition
**Le Point :
Confinement : "Je suis inquiet pour les gens angoissés ou dépressifs"
Psychologies : Confinement : adopter une nouvelle routine (et s’y tenir) permet de garder le moral


                

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