L'amour sans masque

Prendre conscience des rôles que nous jouons dans nos histoires d'amour permettrait de se rapprocher de soi et de considérer l'autre dans sa vraie nature. Une compréhension et un amour vrai, sans masque.

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Nous transportons dans nos histoires d'amour des comportements inspirés des souffrances de notre enfance et des générations qui nous ont précédés. Nous en portons la cicatrice mais aussi le potentiel pour en guérir.
"Seul le refus de grandir fait barrage au processus amoureux"*, affirme Sarah Sarievic, psychothérapeute et créatrice du Théâtre Authentique.

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Les grands rôles de l'amour

Ils se déclinent au masculin comme au féminin.

Le sauveur :
- est incapable de gérer ses propres besoins ;
- prend soin des besoins supposés de son partenaire amoureux et exerce ainsi son emprise ;
- croit maintenir le lien en se rendant indispensable, enferme ainsi l'aimé(e) dans une bulle fusionnelle ;
- investit toute son énergie à l'extérieur de lui-même, dans une recherche de l'amour de l'autre ;
- a besoin d'être rassuré en permanence du fait d'un manque d'estime de soi.

Le romantique :
- floute la réalité qui le dérange, la remplace par du rêve ;
- se reproche de ne pas être à la hauteur de ses défis ; 
- ne vit pas au présent, se complaît dans le passé ou le futur ;
- abrite une colère dont il n'a pas conscience.

Le chevalier servant :
- est dans le déni de sa valeur et de lui-même ; 
- est totalement dévoué à l'aimé(e) ;
- se sent coupable d'avoir des besoins propres ;
- achète l'amour qu'il ne croit pas mériter ;
- ravale ses rancœurs et sa fierté par peur d'être abandonné.

La puritaine :
- méprise ses émotions pour ne pas avoir à sentir sa détresse ;
- assume difficilement son identité sexuelle ;
- ne peut remettre en cause l'image parentale et les croyances familiales ;
- angoisse à l'idée de s'abandonner à la relation amoureuse ;
- cherche à réparer la part obscure d'un membre de sa famille par un comportement irréprochable.

Le prédateur :
- achète l'amour avec prestance dans l'espoir d'être gratifié en retour ; 
- accorde de l'importance à l'image sociale, supporte mal d'être descendu du piédestal où il s'est installé pour cacher son désarroi ; 
- colmate sa fragilité de fond par son orgueil et le fait d'afficher son pouvoir ;
- garde l'emprise sur sa proie par la culpabilisation, le chantage affectif, l'ironie ou la domination.

L'amazone :
- a pour principal objectif de garder le contrôle, de se protéger ; 
- défend son point de vue avec force, persuadée d'avoir raison ;
- veut prouver sa valeur et gagner à tout prix ; 
- se construit dans le déni de ses perceptions douloureuses ; 
- ne sait pas demander et encore moins recevoir ;
- remplace le manque d'amour par des systèmes compensatoires (alcool, sexe, fête, besoin compulsif d'acheter ou d'occuper son esprit…).

L'apprentissage des rôles
Au départ l'enfant a une capacité d'amour innée. Tout se gâte quand les parents, animés par les meilleures intentions du monde, commencent à contredire ses émotions et ses ressentis. Le petit garçon va entendre : "un garçon ne pleure pas". La petite fille apprendra qu'elle est laide quand elle est en colère, autrement dit "sois belle et tais-toi !". On lui répètera "fais attention aux hommes". L'apprentissage des rôles commence très tôt. Cette litanie d'injonctions tend à couler l'enfant dans un moule normatif, à le couper progressivement de son tempérament profond, à l'éloigner de sa vraie nature.

Une programmation transgénérationnelle
Des comportements dictés par des lignées transgénérationnelles peuvent également sédimenter peu à peu. Ici, dans la lignée des hommes, on cherchera à venger un honneur supposé perdu du fait d'une très ancienne faillite ou d'un passage en prison. Là, dans la lignée des femmes, on tentera de réparer une naissance illégitime ou un amour adultère vécu quelques générations en amont.

Des stratégies de l'enfance
Mais les éléments les plus déterminants, selon Sarah Sarievic, sont les blessures subies pendant l'enfance. Que se passe-t-il quand elles sont niées par un parent, un professeur ou toute autre personne ayant autorité ? L'enfant va s'absenter de ses sensations et donc de lui-même. Son inconscient, pour se défaire de la souffrance, aura tendance plus tard à la répéter et la faire subir aux autres.

"Quand elles sont profondes, les blessures de l'enfance nous figent émotionnellement à l'âge où nous avons subi ces préjudices."*

Instinctivement l'enfant met en œuvre des stratégies pour obtenir l'affection de ses parents. Des parents pas toujours présents, pas toujours compétents. Devenu adulte, il utilisera les mêmes stratégies pour séduire le ou la partenaire qu'il convoite.
"Chacun d'entre nous abrite un enfant blessé, un enfant inconsolable qui espère une guérison dans la relation amoureuse."*

Le triangle infernal
Quels sont les rôles qu'on rencontre le plus fréquemment ? Sauveur, victime, persécuteur… Ce triangle a été modélisé par Stephen B. Karpman, un psychologue états-unien, dans les années 1960. Chaque rôle répond à un instinct de survie : le sauveur en relation avec la peur, la victime avec la fuite, le persécuteur avec la lutte.

La mécanique de ce triangle infernal est simple : en adoptant l'un de ces rôles, la personne induit l'un des deux autres chez son ou sa partenaire. Par exemple, se conduire en victime conduit l'autre à adopter le rôle du sauveur ou du persécuteur.

L'attraction des contraires
Le couple est en effet fondé sur des attractions complémentaires.
"Celui qui a été abandonné va rencontrer quelqu'un qui ne peut pas s'engager ; celui qui se méprise va rencontrer quelqu'un qui ne le respecte pas ; celui qui a du mal à entrer en contact avec ses émotions va rencontrer une personne très émotionnelle…"*

Des rôles multiples et changeants
Les trois grands archétypes (sauveur, victime, persécuteur) existent au masculin comme au féminin et se déclinent de multiples manières : romantique, chevalier servant, puritaine, prédateur, amazone, etc. (voir encadré). Les rôles évoluent tout au long de la vie : on peut en changer selon les périodes et les partenaires. Nous nous enfermons derrière des masques successifs et changeants.

Éclairer les blessures en soi
Alors comment éviter, au fur et à mesure de l'évolution de la relation amoureuse, de rejouer à notre insu les scénarios d'amour appris dans notre enfance ? Sarah Serievic considère qu'en éclairant les blessures toujours actives en soi, il est possible d'arriver à mettre de la conscience dans les rôles.

Enlever ses masques
Lorsqu'on commence à se défaire du besoin d'être conforme à l'histoire qu'on s'est racontée ou qu'on nous a racontée, lorsqu'on commence à poser un regard authentique sur soi, alors il devient possible d'enlever ses masques et de montrer ses fêlures à son ou sa partenaire.
"Il n'y a pas d'amour malheureux, il y a un long et beau travail à faire sur soi, et un autre à entreprendre ensemble"*, explique Sarah Serievic.

Ce n'est pas toujours forcément confortable mais c'est le choix d'être vivant, en cohérence avec les critères, les valeurs et les objectifs qui nous tiennent à cœur.

Comprendre l'autre
Il s'agit de se mettre à l'écoute de son ou sa partenaire, de l'envisager dans sa vraie nature, de comprendre sa souffrance. Cette compréhension est l'essence même de l'amour.
Il ne faut pas craindre les confrontations de points de vue. Ces derniers sont nécessaires au lien amoureux. On a trop tendance à confondre confrontation et conflit. Il est possible de grandir ensemble dans l'altérité, de manière dynamique.
"Le sens de l'amour n'est pas de faire un avec l'autre, mais de faire un avec la vie."*

Dans ce rapport authentique à soi et à l'autre dépouillé du fardeau des conditionnements, dans le lâcher prise peut naître un amour véritable.
"Ainsi je ne m'accroche plus à tel homme, telle femme, je ne cherche plus à en faire l'amour de ma vie. Je me laisse porter par le cadeau de la rencontre dans l'instant présent, je me laisse surprendre par l'inespéré."*

 

Source :
*Aimer sans masque, Sarah Serievic, éditions du Seuil 


                

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