L’angoisse de la déconnexion

PC, tablette, mobile… Nous sommes tous accros à un ou plusieurs de ces outils. Ils nous connectent au monde ou aux autres et nous assistent en permanence. En être privé peut être à l’origine d’une profonde angoisse.

Vie saine et zen, angoisse de la déconnexion

Vous souvenez-vous du temps où vous n’appeliez pas pour dire que vous arriviez ? Une époque pas si lointaine mais qui semble n’avoir jamais existé. Aujourd’hui, le contact continuel prévaut… pour le meilleur et pour le pire.

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Tel un ange gardien, le mobile surveille et protège
Ce n’est pas pour rien si les parents équipent leurs enfants d’un portable. Les parents surveillent, ils sont rassurés. Leur progéniture n’a plus besoin de développer la moindre débrouillardise : en cas de pépin, l’expérience et la maturité sont au bout du fil…

Le mobile, ultime protection contre un monde potentiellement hostile ? Une sécurité relative certes mais qui fait ses preuves sur le terrain : en cas de problème (accident, agression, enlèvement…), le téléphone relie aux secours. Les personnes âgées sont connectées aux personnels soignants par un mobile dédié. Le moindre accident sur l’autoroute… et la police reçoit des dizaines d’alertes…

Pas étonnant que 68 % des personnes interrogées par la Solutions Research Group, une étude américaine conduite auprès de 5 000 personnes entre 2006 et 2008, déclarent ressentir une anxiété en cas de déconnexion (internet ou mobile). Et plus le sujet est jeune, plus la déconnexion est anxiogène.

La nouvelle génération, elle, est connectée nuit et jour
Téléphone, internet, mail, blogs (Skyblog,…) et réseaux sociaux (Facebook,…) sont accessibles via un simple Smartphone.
"Avant, quand on se retrouvait le matin, on ne s’était pas encore parlé. Maintenant, quand on se retrouve en classe, on a déjà échangé des messages (…)".
Et puis "(…) plus personne t’appelle pour t’inviter à une soirée, l’invitation, elle est sur ta page Facebook, alors si tu la "checkes" pas de la semaine t’es mort (…)" témoigne un adolescent. Partage d’informations, blagues, séduction, identité, image de soi,… pour lui, tout passe par les réseaux.

Retirez-lui le confort de ce vase clos, amputez-le de ce hub (mobile, smartphone, tablette,…) qui le relie à ceux qu’il voit tous les jours, le divertit ou l’occupe (musique, vidéos, jeux, TV, podcast,…) et qui capte continuellement son attention (attente d’un message, d’une sollicitation,…) et il devra faire face à l’inconnu : gérer le chaos des transports en commun, se joindre aux foules anonymes, communiquer avec un voisin de bus, penser, réfléchir, divaguer, regarder un paysage, s’ennuyer… Quelle angoisse !

Une récente étude de l’Université du Maryland (E-U) a montré que certains étudiants, privés de médias et réseaux sociaux, se comportent comme des alcooliques ou drogués en période de sevrage !

En milieu professionnel, les adultes ne sont pas épargnés par le phénomène
Guidés par un agenda qui sait quand ils doivent se trouver à tel ou tel endroit, les cadres sont connectés et joignables en permanence. Au bureau, en déplacement… À la maison ! Nombreux sont ceux qui surveillent leur boîte mail le week-end ou durant leurs vacances par peur de rater une information déterminante.

Cette forme de dérive n’est d’ailleurs pas propre au monde du travail. Le carnet de contacts, véritable extension de notre mémoire, renferme des données dont la perte peut entraîner un véritable traumatisme. Le mobile est ainsi devenu l’un des outils les plus précieux. À la peur de l’oubli, de la perte ou du vol s’ajoute celle de ne pas avoir assez de batterie. Quant aux lieux équipés de brouilleurs d’ondes (cinémas, bibliothèques…), ils frustrent violemment nos pulsions communicationnelles.

Si ne plus pouvoir joindre personne est mal vécu, le fait de ne plus être joignable par les autres l’est tout autant : peu d’individus coupent leur connexion au-delà de quelques heures. Ne plus être joignable, c’est ne plus exister… Et celui qui aspire à quelque intimité se retrouve classé parmi les marginaux…

Pourtant, vivre quelques temps sans mobile ni centaines d’amis sur Facebook, sans mail ni page Twitter, n’est-ce pas là le premier signe d’une richesse sociale et culturelle ?

 

N.B. Article rédigé sur une terrasse au soleil, un portable sur les genoux, un accès internet Wifi pour vérifier mes dires et envoyer mon travail par mail. Un mobile pour discuter de corrections éventuelles tout en profitant des derniers rayons du soleil. Comme quoi, la connexion permanente peut aussi être au service d’un certain bien-être… Un nouvel article en perspective…

 

Sources :
Rapport de Solutions Research Group à télécharger (anglais)
La drogue des médias sociaux

Pour en savoir plus :
La tyrannie technologique. Critique de la société numérique, Ed. L’échappée.
Facebook, Twitter et les autres…, Ed. Pearson
La déconnexion est anxiogène
L’informatique, ça stresse
 

7,3 millions

nombre de smartphones
possédés
par les français


110

c'est en France le nombre moyen
mensuel de SMS/MMS
envoyés par carte SIM en 2009


50 %

en France, c'est, d'ici 2012,
la part de l'accès internet
qui se fera via un mobile




                

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