TOUS LES ÉDITOS

On deviendrait presque blasés. La routine, quoi ! Le boom du bio se confirme et s'amplifie en 2016. L'Agence Bio annonce une croissance de 20 % qui fait suite à deux années consécutives à 15 % ! Aujourd'hui 69 % des Français disent consommer régulièrement du bio, au minimum une fois par mois. Les magasins spécialisés voient leurs ventes augmenter de 25 % sur l'année 2016. Les Français veulent du bio partout : chez eux, dans les restaurants, les cantines, les hôpitaux, les maisons de retraite… Ils attendent davantage de bio dans les grandes surfaces, sur les marchés, chez les artisans…

La demande de bio se fait de plus en plus pressante. Pour y répondre il serait donc logique de rentrer dans une dynamique de développement de grande ampleur des exploitations labellisées. En pleine crise de l'agriculture, dans un secteur manifestement porteur d'avenir comme celui-ci, on pourrait espérer que les autorités soient à la pointe du mouvement avec une politique incitative vigoureuse pour encourager les conversions.

Et voilà qu'on apprend que l'État accuse un retard de deux ans dans le versement des aides à l'agriculture bio ! Incompréhensible. La Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) a mobilisé ses adhérents sur cette question. Le gouvernement s'est engagé à régler 80 % des sommes dues pour 2016 au 31 mars prochain. Mais les soldes 2015 des aides ne sont toujours pas réglés et leur versement n'est pas prévu avant le deuxième semestre 2017.

En pleine campagne présidentielle, on serait en droit d'attendre le programme de chaque candidat sur cette question. Mais pour l'instant la pollution des affaires crée un brouillard dans lequel il est bien difficile de repérer les vrais enjeux de demain.

Comment s'extraire du Brexit, de l'élection de Donald Trump, du martyre d'Alep, des attentats terroristes aux États-Unis, en Turquie, en Allemagne, en France… ? Comment oublier le cyclone des îles Fidji, l'ouragan Matthew en Haïti, les séismes en Italie, en Équateur et dans l'ouest de l'Indonésie, la fonte record de la banquise, les pics de pollution répétés et durables dans une large partie de la France… ? Comment zapper le scandale de la Depakine, l'accident clinique de Rennes, l'explosion des prix des médicaments contre le cancer… ? Comme chaque année, malgré une actualité sévère, il s'est passé en 2016 des évènements susceptibles de redonner espoir dans le genre humain.

La paix a progressé sur le continent américain où il n'existe plus de conflit impliquant une armée nationale. La guerre civile qui opposait le gouvernement colombien aux FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) a pris fin après un accord voté le 30 novembre par le Congrès. En voie d'apaisement également les relations tumultueuses entre les États-Unis et Cuba… Après plus de 60 ans d'embargo, Barack Obama y a fait une visite historique. En Afrique, 21 lycéennes enlevées en 2014 par Boko-Haram ont été libérées le 13 octobre.

Plus de tolérance, plus de civilisation… En 2016, deux nouveaux pays ont rejoint le club des abolitionnistes de la peine capitale, ce qui porte à 103 ses effectifs. Trois nouveaux pays ont légalisé l'homosexualité, pendant que la Colombie et le Groenland instituaient le mariage homosexuel et que l'Italie adoptait une union civile.

En matière écologique, un an après le sommet de la COP21, l'accord de Paris sur le climat est entré en vigueur. Au Costa Rica le pays a tourné pendant plus de 7 mois avec 100 % d'énergies renouvelables, principalement hydraulique, éolien ou géothermie. 50 millions d'arbres ont été plantés en une seule journée en Inde, un record validé par le Guinness Book. Et c'est dans ce même pays qu'a été ouverte en 2016 la plus grande centrale solaire au monde.
Bonnes nouvelles pour la biodiversité, les pandas géants ont quitté la catégorie des espèces menacées d'extinction et les parcs Seaworld ont promis de ne plus accueillir d'orques en captivité.

En matière de santé publique, on peut se réjouir de la fin de l'urgence mondiale mise en place autour des virus Zika et Ebola. En France, après promulgation en janvier de la loi santé, fortement controversée, il faut saluer la généralisation du tiers payant, la simplification des modalités de délivrance de la pilule du lendemain et l'expérimentation des salles de shoot dont une première a été ouverte le 17 octobre dans l'hôpital Lariboisière (Paris 10e).

Ébranlée par les attentats de 2015 et 2016, la société française continue de faire preuve de résilience. Dans une modernité inquiétante où les repères sont vite frappés d'obsolescence, elle s'en cherche confusément de nouveaux. Certains reviennent aux valeurs du passé dans une tentation vintage un brin désespérée. D'autres explorent de nouvelles voies comme le mouvement Nuit Debout, sans leader, qui, au printemps, a contesté les institutions économiques et politiques et touché une centaine de villes françaises.

Oui, 2016 a connu aussi son actualité heureuse. Je vous souhaite pour 2017 de continuer à prendre des distances avec le récit catastrophiste que nous inflige la une des grands médias. L'actualité la plus riche est celle que vous créez vous-même à travers votre vie, vos projets, vos grandes réalisations, vos petits bonheurs de chaque instant. Belle année à vous !

Alternée au pas ? Après une timide journée en 1997, 2014 et 2015, voilà que nous avons vécu fin 2016 six jours de circulation alternée en Ile de France. Il faut dire que l'épisode de pollution est historique. Il concerne Paris mais aussi Grenoble, Lyon, Chambéry et le département de l'Yonne… Il se peut en outre que ça ne soit pas fini, vues les conditions météo inhabituelles pour la saison. Six jours en circulation alternée, plaques d'immatriculation paires autorisées les jours pairs, plaques impaires les jours impairs. Et pas de révolution en vue…

Avec un certain retard à l'allumage, les grands médias se sont mis à faire leur travail d'information sur les dégâts que provoque la pollution de l'air sur la santé. Cela n'a pas empêché la grogne gauloise d'être au rendez-vous avec des arguments qui font mouche, parfois. La mesure serait injuste parce qu'elle touche indistinctement les véhicules les plus et les moins polluants ? Soit. Pourquoi ne pas avoir mis un coup d'accélérateur sur la vignette, "certificat qualité de l'air", mise en place officiellement depuis le mois de juillet ?

Autre argument qui porte : la circulation alternée ferait porter la charge de manière déséquilibrée sur les automobilistes alors qu'on sait que la pollution de l'air est due à parts égales au transport, au chauffage au bois et à l'industrie. Certains, du reste, ont prétendu que l'épisode avait pour cause les émissions des centrales à charbon allemandes. En réalité il semble que ce ne soit pas le cas. On sait maintenant déterminer de manière exacte la composition des particules fines. Cet épisode-ci aurait trouvé son origine dans le transport et le chauffage au bois. De fait, la circulation alternée a été accompagnée de restriction sur les feux de cheminée et sur les brûlages des déchets verts en Ile de France. Mais qui l'a su ?

Il est certain que l'esprit civique français, souvent fragile, ne peut fonctionner que si chacun a le sentiment de porter la juste part du fardeau. Pour que les mesures sur la circulation soient acceptées par une majorité de nos concitoyens, il faudrait qu'elles soient accompagnées de mesures aussi draconiennes sur le chauffage au bois, sur la pollution industrielle et agricole. Et il faudrait le faire savoir.

Mais avant tout, on attend désespérément qu'une véritable politique soit mise en place et qu'on arrête de ne s'occuper de la pollution de l'air qu'au moment des pics !

Chronique du front. Ça devient de plus en plus difficile de manger du poisson. Je veux dire en choisissant du bon, sain et durable. Et pourtant je suis amateur de poissons et de fruits de mer de toutes sortes, à foison ! J'ai même été "poissontarien" à une certaine époque de ma vie.

Il y a quelques années nous avions fait sur Vie Saine et Zen une analyse sur le meilleur choix de poissons compte tenu de leur teneur en oméga-3, de leur contamination possible par les polluants organiques persistants et de leur abondance dans les mers et les océans (Voir : Vous reprendrez bien du poisson). Nous avions obtenu un joli tableau à trois entrées qui traduisait déjà la complexité qu'il y avait à consommer du poisson. Dans le Top5 des meilleurs choix nous avions dans l'ordre : le maquereau, le hareng, l'anchois, la sardine et le saumon. Je pense que nous aurions le même résultat aujourd'hui.

Concernant le saumon, les indicateurs sont au vert sauf celui de la contamination. Il s'agit d'un poisson prédateur et, à ce titre, il contient un fort taux de métaux lourds quand il est à l'état sauvage. Alors il est logique de se rabattre sur le saumon d'élevage bio. Patatras ! Voilà qu'un test récent de "60 Millions de consommateurs" vient révéler que le saumon d'élevage bio contient plus de métaux lourds que le saumon d'élevage non bio. C'est le monde à l'envers : le bio serait-il plus pollué que le non bio ?

À y regarder de plus près c'est paradoxalement parce qu'il est bio que le saumon d'élevage est plus pollué : c'est parce qu'il mange plus de poissons et crustacés sauvages qui contiennent plus de polluants. Mais il ne faut pas s'y tromper, le saumon d'élevage non bio contient sans doute moins de métaux lourds mais il est gavé d'antibiotiques, d'hormones ou dérivés, de différents produits destinés à accélérer sa croissance et augmenter son poids. À tout prendre il semblerait qu'on soit fondé à choisir malgré tout le saumon d'élevage bio. De préférence norvégien car les norvégiens ont l'air particulièrement à cheval sur les critères environnementaux.

Pour nous rassurer on nous dit que les taux de polluants retrouvés dans les saumons sont très en dessous des seuils fixés par le législateur, dix fois en dessous pour le mercure. Euh… Je ne sais pas vous mais moi, ça me rassure moyen. On sait que les seuils sont fixés selon des critères qui ont peu à voir avec la santé humaine et l'exemple des perturbateurs endocriniens montre que ce n'est pas la dose qui fait le poison.

Il est donc vrai que l'épisode a de quoi refroidir. Cela fait plusieurs années que j'ai considérablement réduit ma consommation de poisson et je ne vais plus au-delà d'une ou deux fois par semaine. Ma consommation de saumon deviendra désormais exceptionnelle.
Manger sainement devient une bagarre quotidienne. Ceci était une chronique du front.

Tous les ingrédients y étaient. Les effets secondaires graves d'un médicament, la mère de la victime démunie, le laboratoire pharmaceutique prêt à tout pour défendre ses profits, la lutte juridique de la lanceuse d'alerte, ses difficultés, sa victoire… Pour qui a suivi l'affaire du Mediator, le cocktail était complet. On avait juste changé le nom du médicament et son indication, censée soigner le rhume. (En passant, il faudra se précipiter au cinéma pour voir "La fille de Brest" d'Emmanuelle Bercot, un film qui retrace de manière fidèle l'histoire d'Irène Frachon et du Médiator). Je ne suis pas fan des téléfilms. Mais exceptionnellement ce mercredi soir, le sujet m'avait attiré devant mon poste… Malgré la grosseur des ficelles du scénario, j'ai pu regarder jusqu'au bout "Envers et contre tous". Probablement grâce l'interprétation des excellents Cécile Bois et Loup-Denis Élion.

Suivait un débat sur le thème : "Scandales des médicaments : à qui la faute ?". Les témoignages de deux victimes, l'une de la Depakine, l'autre du Distilbène, étaient mesurés, dignes et bouleversants. La suite est plus surprenante. On attendait la réponse des médecins et de l'industrie pharmaceutique et Patrick Errard, président du LEEM (Les entreprises du médicament), était sur le plateau ainsi que Dominique Martin, directeur de l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Les yeux dans les yeux, face aux victimes, qu'avaient-ils à dire ? Que des procédures juridiques étaient en cours, que les médicaments soignaient plein de gens avec succès, que l'administration était parfois trop lente… Un peu court, jeune homme ! On attendait sinon un mea culpa, du moins un diagnostic sur les raisons de ces scandales à répétition et sur les dérives de l'industrie pharmaceutique ces dernières années. On attendait les mesures que la profession compte mettre en oeuvre pour éviter que se reproduisent à l'avenir de telles catastrophes. Pourquoi pas une charte éthique ? On espérait un reportage concernant les programmes des candidats à la présidentielle sur ce sujet. Rien de tout cela, hormis quelques propos lénifiants.

Ce qui était encore plus étrange, c'est que la deuxième partie du débat avait été montée. Parfois même avec des coupes franches, à la limite du sauvage. L'ensemble durait 50 minutes pour une durée annoncée de 75. On peut se demander si le plus intéressant n'était pas dans ces 25 minutes que nous ne verrons jamais...

De nos jours, il n'est pas facile de se frayer un chemin pour vivre sainement, le plus longtemps possible en bonne santé ! Aux dernières Rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires de l'hôpital Tenon, samedi dernier, Céline Hess-Halpern* faisait une synthèse des conclusions qu'elle a tirées de son expérience d'avocate spécialisée en droit de la santé. Partant du principe que 80 % des polluants se trouvent dans nos assiettes et compte tenu des incertitudes sur les OGM, elle préconise avant toute chose… de manger bio. Elle renvoie les sceptiques dans les cordes, rapports toxicologiques en main : on peut en toute tranquillité manger bio, labellisé français ou étranger. "Je n'ai jamais eu un procès sur le faux bio !", ajoute-t-elle.

Voici la liste de ses autres conseils qui sembleront sans doute familiers à nos lectrices et lecteurs…
- Éviter les additifs : il y en a plus de 400 autorisés en conventionnel, dont beaucoup sont toxiques, et seulement 47 en bio, qui sont, eux, inoffensifs. "Le pire est le E621, le glutamate de sodium, qui crée une addiction au produit." Autre exemple : le E150D, ce colorant noir cancérigène, qui est présent en France dans les colas à un taux particulièrement élevé.
- Fuir les nanoparticules qui, selon certaines études, après accumulation, peuvent induire les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. "À éviter en priorité le dioxyde de titane, un colorant qui rend plus blanc que blanc, et qu'on trouve notamment dans les confiseries pour enfants !"
- Filtrer l'eau du robinet pour éviter les résidus de polluants (dont le chlore) et varier sa consommation d'eaux.
- Utiliser un mode de cuisson douce, pas plus de 120°C, pour éviter le grillé qui est cancérigène.
- Préférer les poêles en fonte non revêtue aux poêles antiadhésives.
- Pas de contenant en plastique pour le chaud : plutôt des contenants en verre.
- Zapper les sucres blancs, raffinés : les remplacer par les non raffinés bio.

Au même moment avait lieu à La Haye le fameux tribunal citoyen informel destiné à instruire le procès virtuel de Monsanto. OGM, pesticides (dont le fameux glyphosate), monopole sur les semences, récoltes ruinées, animaux empoisonnés, enfants malades… Les charges étaient lourdes et portées aussi bien par des agriculteurs français, argentin ou burkinabé que par un apiculteur mexicain ou une paysanne bangladaise. Victimes, experts scientifiques ou juridiques, toxicologues, vétérinaires… Jamais une marque n'aura attiré sur elle autant d'opprobre ! Selon Françoise Tulkens, la présidente, les cinq juges de ce "tribunal pédagogique" ne prononceront pas un jugement mais rendront dans quelques semaines un avis consultatif, "dont j’espère qu’il aura une influence sur le droit international des droits de l’homme et permettra des ouvertures pour les victimes".

Nous faisons partie de ces victimes potentielles de Monsanto. Nous serions bien avisés de faire preuve de vigilance au quotidien, dans nos actes de consommation aussi bien que dans nos gestes professionnels. Les grandes actions internationales ont leur utilité. Mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous serons effectivement les jouets de ce système d'apprentis sorciers si nous ne sommes pas assez attentifs pour nous frayer un chemin raisonnable et raisonné, comme celui que conseille Céline Hess-Halpern, vers une vie saine et zen…

 

*Auteure notamment de Tout ce qu'on nous fait avaler, éditions Albin Michel

Il y a des sujets difficiles en France. Des sujets qui suscitent des controverses irraisonnées sans qu'on comprenne bien pourquoi. La question des vaccins en fait partie.

Chez nous, il y a trois vaccins obligatoires mais depuis quelque temps ils ne sont pas disponibles en pharmacie. On ne les trouve que combinés avec trois autres qui ne sont pas obligatoires. Et l'ensemble, le vaccin "hexavalent", coûte sept fois plus cher ! En mars 2015, des lanceurs d'alerte, autour de Michèle Rivasi, députée européenne, avaient dénoncé ce scandale. Il ne s'était rien passé. Quelques mois plus tard, Henri Joyeux lançait une pétition qui recueillait aussitôt un demi-million de signatures. Les autorités se manifestaient enfin… pour tenter de décrédibiliser Henri Joyeux. Ce dernier est, certes, un personnage controversé mais il n'est pas contre les vaccins en général et sur ce dossier il fait preuve de modération.
En approchant du million, la pétition a fini par réveiller la ministre de la Santé qui a annoncé un grand débat en France sur les vaccins. Pour l'instant nous n'en voyons pas la couleur. Quid de la sécurité, de l'innocuité des vaccins ? Quid de la pertinence de l'obligation vaccinale ? Nous assistons à un déluge d'articles et de tribunes qui ne font que reprendre les arguments des pro-vaccin. Le débat a tourné à l'opération de communication.

Tous les praticiens "pragmatiques" que j'ai questionnés ont une approche très nuancée et font une distinction entre les vaccins. Tétanos et polio font l'unanimité pour eux. Celui contre la grippe n'a pas bonne presse, avec une efficacité de seulement 30 %. Beaucoup ne le recommandent qu'aux personnes à risque. Ceux contre le papillomavirus et l'hépatite B, en revanche, font l'unanimité mais contre eux. Pour tous ces praticiens, l'obligation vaccinale, qui est une singularité française, est une règle d'un autre temps, devenue contre-productive.

Par ailleurs, je me souviens avoir vu dans différentes revues médicales des courbes de prévalence des maladies censées avoir été éradiquées grâce au vaccin. On y voit clairement que le vaccin n'intervient que longtemps après le pic de l'épidémie, ce qui jette un doute sur son rôle dans la décrue. C'est le cas par exemple de la polio ou la tuberculose. Explication : l'hygiène aurait fait le boulot toute seule comme une grande ! Ces courbes émanent des associations anti-vaccin. Jusqu'à ce jour, je ne les ai jamais vues remises en cause.

Les anti-vaccin ont donc des arguments. Les "pragmatiques" en ont également. Les pro-vaccin n'en manquent pas non plus. Qu'est-ce qui empêche d'engager un débat adulte et raisonnable ?

Un récent sondage a montré qu'il existe en France un doute de grande ampleur sur la question du vaccin (Voir : Quatre Français sur dix estiment que les vaccins ne sont pas sûrs). Les citoyens ne sont pas dupes. Si, à la place d'un véritable débat, l'opération de communication se poursuit sans contradicteurs, le crédit des thèses anti-vaccin s'en trouvera renforcé. Leurs tenants auront alors beau jeu d'accuser les autorités médicales de connivence avec l'industrie pharmaceutique, forcément coupable de vouloir placer sa came. Et le doute ne fera que se développer. Il suffira d'y ajouter encore quelques scandales type Mediator ou Depakine et c'est l'ensemble du système allopathique, déjà ébranlé, qui se lézardera. 
Victime du court-termisme, à l'instar des autres secteurs de l'économie, la médecine conventionnelle est en train de scier consciencieusement la branche sur laquelle elle est assise.
Il ne faut pas oublier que la confiance est essentielle dans toute médecine. L'effet nocebo est aussi efficace que l'effet placebo.

Peut-être que, comme moi, vous avez passé vos vacances volontairement déconnectés, à l'écart du monde et de son actualité. Vous revenez donc reposés, ressourcés, transformés, prêts à en découdre avec les grands enjeux de l'année qui s'annonce ! Élection présidentielle à la clé, vous imaginez déjà les débats de fonds qui nous attendent forcément lors de cette rentrée : révolutions écologique et numérique, retour de la culture et de l'éducation au cœur des politiques publiques, nouvelle redistribution des revenus, responsabilisation citoyenne des entreprises, développement de la médecine intégrative…
Nous avons vécu l'an dernier à plusieurs reprises l'horreur terroriste. Cette dernière nous a arraché à notre illusion d'être protégés des soubresauts du monde. Elle nous a aussi montré à quel point nous nous étions tous, collectivement, trompés : fonctionnement de notre école, du renseignement, de la justice… Et que pouvons-nous faire à notre échelle ? Quel engagement pouvons-nous assurer ?

Bref ils ne manquent pas, les sujets qui méritent que nous affutions nos crayons, nos idées et nos arguments pour prendre à bras le corps le monde de demain ! Dans tous ces domaines, nous avons hâte de découvrir les gens inventifs, en avance sur l'époque, qui ont commencé à explorer et mettre en place les solutions d'avenir…

Or que découvrons-nous, une fois remisées nos valises dans les placards ? Que les sujets de l'été des médias et des politiques ont tourné en rond autour de Pokemon Go et de l'expertise de la surface de tissu convenable destiné à couvrir les femmes sur la plage… Que les scoops politiques ont été la déclaration de candidature d'un ancien président et de deux ex-ministres de l'industrie…

Espérons que cet enlisement politique et médiatique estival ne fût qu'une parenthèse. Acceptons l'augure que, dans les cohortes de nouveaux chroniqueurs et de prétendants aux diverses primaires de tous bords, émergent des hommes et des femmes de qualité, avec une vision de l'époque et une hauteur de vue qui se révélera dans les semaines qui viennent. L'importance des enjeux nous oblige…

Dis-moi comment tu voyages, je te dirai qui tu es… On peut partir à l'écart du monde, sur une île déserte ou un simple îlot de tranquillité, pour ne rien faire, se reposer, se ressourcer en profondeur. On peut réserver une maison, un gite ou un emplacement de camping avec des amis pour agiter la fiesta jusqu'au bout de la nuit. On peut retrouver ses frères, sœurs, cousins, parents ou grands parents pour tenter de rattraper le temps perdu. On peut se faire prendre en charge à 100 % par un club de vacances pour se donner l'illusion de vivre la vie de château. On peut choisir l'aventure pour expérimenter de nouvelles sensations physiques, pour mettre à l'épreuve sa résistance et sa capacité d'adaptation, pour rencontrer des cultures lointaines et des visages exotiques, pour découvrir des sites inoubliables et des saveurs inconnues, pour changer de fatigue…

Dans tous les cas de figure, on peut consommer les paysages et les gens comme des cartes postales. Ou non. On peut mettre un objectif photo ou vidéo entre le monde et soi, capturer des images de manière obsessionnelle au risque de se priver des sensations et des moments partagés. Ou non. On peut être éternellement rivé sur sa tablette ou son smartphone et pianoter dans le virtuel. Ou non. On peut semer ses déchets autour de soi dans une incontinence de nanti. Ou non. On peut s'absenter de son existence. Ou non.

Dans nos pérégrinations de vacances, tout dépend de la manière avec laquelle nous nous rendons disponibles. Tout dépend de la capacité que nous avons à prendre congé de nos routines, de nos résistances, de nos peurs. Au retour, il conviendra de faire le point, de savoir ce qui nous aura mûri, transformé. Ou non.
Les voyages forment la jeunesse… Il importe de rester jeune toute sa vie.

La pollution de l'air tue. 48 000 morts par an, rien qu'en France. Cette fois-ci, les chiffres ont fait la une des grands médias (voir : En France, la pollution de l'air provoque presque autant de décès que l'alcool). Pourtant le phénomène n'est pas nouveau. En 2012, l'OMS avait fait une estimation à hauteur de 42 000 décès par an dans notre pays. Mais ce genre d'information s'aventure rarement au-delà des rubriques "Environnement" de la presse nationale.

La pollution de l'air tue. Voilà des années que les faits sont avérés, que des experts et des ONG s'époumonent auprès des autorités publiques pour qu'elles prennent de véritables mesures afin d'encourager les véhicules propres, réduire le trafic automobile, interdire le diesel…
Mais le gouvernement et les collectivités locales se renvoient la patate chaude et brillent par leur inaction. En 2014, après maints atermoiements, la circulation alternée a été instituée pendant une petite journée. Les citoyens se sont montrés compréhensifs mais la mesure n'a pas eu de suite. Aujourd'hui, sur les cinq ou six lignes de bus RATP qui passent dans mon quartier, il y en a une qui vient de passer en hybride. Quel événement ! Nous avons dix ans de retard.
Du côté des constructeurs automobiles, même impéritie ! Au lieu d'anticiper et de faire porter l'effort en recherche et développement pour créer la bagnole de demain, les génies de l'industrie ont préféré investir… dans la fraude !

La pollution de l'air tue. Elle est la cause incontestée de maladies cardiaques et pulmonaires. Il s'agit du troisième facteur de risque derrière le tabac et l'alcool. La différence est qu'on a le choix d'arrêter de fumer, qu'on peut décider de boire avec modération… Mais on ne peut pas arrêter de respirer !