TOUS LES ÉDITOS

Franck ArguillèreÇa y est c'est fait, la gastronomie française fait partie du patrimoine de l'humanité ! L'Unesco vient d'en décider ainsi. Au départ en 2008, l'idée avait quelque chose de saugrenu. Aucune pratique culinaire ne faisait partie de la liste. Allait-on placer dans un musée le pot-au-feu, le bœuf en daube et la poule au pot ? Ou allait-on simplement protéger de la mondialisation la qualité de nos produits, notre terroir, nos AOC ?…



En réalité, le comité intergouvernemental a tranché pour que "le repas gastronomique des Français" rejoigne le patrimoine "immatériel". Ce n'est pas le navarin d'agneau ou le foie gras qui a convaincu mais notre excellente coutume de nous réunir à table pour bien boire et bien manger. Il s'agirait d'une "pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes".
Elle ne sera pas sur la liste "nécessitant une sauvegarde urgente" mais simplement la liste "représentative".

Voici donc nos repas à la française aux côtés de 166 pratiques culturelles ou savoir-faire traditionnels classés par l'organisme international.
Je vous en donne un échantillon : le savoir-faire de la dentelle au point d'Alençon, la tapisserie d'Aubusson, les chants et danses populaires Kalbelia du Rajasthan, le tissage des tapis du Fars en Iran, l'opéra tibétain, la calligraphie et l'art de la gravure des sceaux chinois, l'acupuncture et la moxibustion de la médecine traditionnelle chinoise, le compagnonnage, la fauconnerie, le tango, le flamenco…

Le voisinage est noble, on peut en retirer une certaine fierté. On peut aussi être un peu étonné que ce qui nous semble aller de soi nécessite une telle sacralisation. On peut également être un peu inquiet car c'est malgré tout le signe que notre art de vivre est isolé et menacé.

Franck ArguillèreLes TPE (Très Petites Entreprises) porteraient les valeurs idéales pour être heureux au travail : transparence, proximité, enthousiasme. C'est ce que met en lumière une étude récente du cabinet de conseil M@rs-lab portant sur plus de 6 000 personnes que j'ai relevée dans le Figaro (grâce à la revue de presse de viesaineetzen.com, bien sûr). 

Selon cette étude, la "TPE attitude" appliquée aux moyennes et grandes entreprises permettrait d'avoir une longueur d'avance pour vivre mieux au boulot. Fini l'attrait des gros revenus, on recherche aujourd'hui plutôt du sens, des valeurs partagées et la satisfaction de les transmettre.
En matière de vie professionnelle, la clé de l'épanouissement serait de devenir acteur de son travail.

Ce mot "acteur" revient fréquemment aujourd'hui… Les consomm'acteurs sont ceux qui cherchent à mettre du sens dans leur acte de consommation : respect de l'environnement et d'une certaine éthique sociale. 

Dans le domaine de la santé également, les patients deviennent acteurs. De mieux en mieux informés (notamment par internet), beaucoup se préoccupent de la prévention en appliquant une bonne hygiène de vie, font leur propre enquête auprès de divers thérapeutes en cas de déclaration d'une pathologie et, si besoin, prennent en charge un traitement compris et assumé dont l'efficacité s'en trouve renforcée.
À viesaineetzen.com c'est notre leitmotiv : devenir acteur de sa santé, de sa consommation, de son travail… Finalement devenir acteur de sa vie. 


Tous ces termes sont un peu ronflants et ont une consonance "politiquement correcte", j'allais dire un peu scout. Il n'empêche. Il ne faudrait pas trop se moquer : ils répondent à un mal qui est profond et ancien. Les commandes de notre vie nous échappent dans un système de plus en plus complexe régi par des spécialistes de tous poils : des génies de la finance qui jouent au Monopoly, des as du marketing qui nous vendent du vent, des mandarins de la science qui font les apprentis sorciers… 
On finit par ne plus s'appartenir. Et ce n'est pas nouveau. Le mot pour le dire est assez démodé : c'est "aliénation", je crois.