TOUS LES ÉDITOS

Un mort et quatre personnes gravement atteintes. C'est la première fois que ce type d'accident se produit à l'occasion d'un essai clinique. Le médicament était censé permettre de lutter contre la douleur, traiter les affections de l'humeur et de l'anxiété ainsi que les troubles moteurs liés à des maladies neurodégénératives. Le laboratoire était en phase 1 c'est-à-dire, après les tests sur les animaux, les premières expérimentations sur des êtres humains bien portants. Ces derniers étaient des volontaires rémunérés, avertis des risques qu'ils couraient.
Une pensée chaleureuse pour eux et pour leurs proches.
Selon les informations du Figaro, les volontaires venaient de passer d'un dosage de 20 à 50 mg. Y'a-t-il eu des fautes ? L'essai se faisait auprès de 90 personnes, ce qui semble beaucoup pour un test de phase 1, généralement une dizaine suffisent. Le groupe comportait des femmes, ce qui est également inhabituel. Nous en saurons plus à l'issue de l'enquête en cours.
Faut-il pour autant remettre en cause le principe des essais de médicaments sur les êtres humains ?

Lorsqu'il étrenne un nouvel avion, le pilote sait qu'il peut s'écraser sur le sol. Lorsqu'ils empruntent une piste interdite, les skieurs savent qu'ils risquent d'être fauchés par une avalanche. Lorsqu'ils testent une nouvelle molécule, les participants savent que leur santé est en jeu.
Bien sûr la civilisation est là pour maîtriser les risques au maximum. Heureusement qu'il existe des règles pour éviter les comportements irresponsables des apprentis sorciers. Ce qui ne nous empêche pas, du reste, de respirer les cochonneries qu'il y a dans l'air aujourd'hui ou d'ingurgiter les poisons qu'on trouve dans nos assiettes. Mais ce serait bien pire si ces règles n'existaient pas !...

Nous ne pouvons pas nous exonérer de toute responsabilité et demander à la société ou aux gouvernements d'être comptables de tout. Nous sommes tellement assujettis à l'émotion du moment que nous serions prompts à vouloir interdire les essais cliniques, les nouveaux avions et les stations de ski. Les médias savent bien surfer sur ces réactions épidermiques, les entretenir, les amplifier. La modernité devrait exclure le risque ? Alors pourquoi ne pas interdire la mort par la même occasion ? Du reste certains y songent et dépensent des milliards pour la chimère de l'immortalité.

Les philosophes indiens appellent cette attitude de l'esprit "abhiniveśa" et la classent parmi les causes de la souffrance humaine : un amour obstiné de la vie entraînant un déni de la mort et de l'impermanence. Or la vie ne peut exister sans la mort et inversement. L'accident existe. Le risque fait partie du jeu. C'est folie de ne pas accepter l'imprévu, la mort, la douleur, la tristesse qui sont les contrepoints essentiels de la vie, du bien-être, de la joie.

Il y aurait eu des événements positifs en 2015 ? Faire un "bilan zen" de l'année écoulée est un exercice particulièrement difficile par les temps qui courent. Mais toujours roboratif. Oublions pour un temps la litanie bouleversante des meurtres, naufrages de réfugiés, crashes, accidents et catastrophes naturelles… Certes nous avons été marqués au fer rouge en France par les attentats de Paris. Mais le sursaut d'unité nationale qui s'en est suivi dans le cadre des marches républicaines du 11 janvier et plus encore au lendemain du 13 novembre est inédit dans notre pays. La riposte de simples citoyens contre la violence sauvage dans le Thalys le 21 août dernier est réconfortante. Tous ces événements montrent que la société française fait preuve d'une forte résilience. C'est le cas aussi de l'élan de solidarité après la parution de la photo d'Aylan, 4 ans, gisant sans vie sur une plage grecque ou la dignité du front républicain au second tour des élections régionales.

L'Europe a résisté à la crise : le Grexit annoncé en juillet n'a pas eu lieu et la zone euro s'est même augmentée d'un 19e pays, la Lituanie.
Ailleurs dans le monde, l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau au Canada, d'Aung San Suu Kyi en Birmanie, l'échec du coup d'état militaire au Burkina Faso sont autant de petites lumières qui renforcent la lueur de la démocratie. Les États-Unis entament un processus de réconciliation avec l'Iran, avec Cuba : dans certaines régions la paix gagne du terrain. L'acceptation de la différence aussi avec, par exemple, les efforts du pape François pour ouvrir l'Église sur le plan des mœurs ou quand la Cour Suprême des États-Unis, le 26 juin, autorise dans tout le pays le mariage pour les homosexuels.

Exploit technique et humain, l'avion Solar Impulse, propulsé uniquement par l'énergie solaire, bat le record du plus long vol sans escale pour ce type de transport, en parcourant en cinq jours une distance de 8 000 kilomètres du Japon à Hawaï.

Enfin la signature d'un accord de compromis lors de la COP21 le 12 décembre dernier à Paris constitue un réel succès diplomatique. Elle marque le retour d'un certain crédit des Nations Unies, donne un cap aux citoyens et aux acteurs économiques et constitue par là une avancée sensible pour parvenir à l'objectif d'un réchauffement limité de la planète.

Voici donc bien des raisons d'aborder 2016 avec un optimisme raisonnable.
"Les optimistes ont bien de la chance. Les pessimistes, bien du travail. Que les premiers n’oublient pas d’être prudents, ni les seconds d’aimer la vie" (André Comte-Sponville). Aimons donc 2016 ! Bonne année !

Le sapin n'est pas un symbole religieux. Pas plus que le Père Noël. L'un comme l'autre relèvent d'anciennes traditions celtes et scandinaves antérieures au christianisme. L'épicéa, orné de ses pommes rouges, était associé symboliquement par les druides à la renaissance de la nature lors du solstice d'hiver.
Quant aux cadeaux, il faudrait, semble-t-il en chercher l'origine du côté des Romains et de leurs fêtes des Saturnales en décembre.
Le choix de la date, lui, aurait fait l'objet de nombreuses discussions au sein des communautés chrétiennes car rien n'est précisé dans les textes sur le jour exact de la naissance de Jésus-Christ. Sinon que ça ne se passe pas en hiver car le Nouveau Testament indique qu'à cette période les troupeaux et les bergers étaient à l'extérieur. On a fini pourtant par fixer cette date au 25 décembre afin de récupérer les fêtes païennes situées alentour. Habile action de marketing avant l'heure.

Finalement, dans le folklore qui entoure nos célébrations du 21e millénaire, seule l'imagerie de la crèche fait directement référence au religieux. C'est peu. Et c'est sans doute ce qui fait le succès de Noël. Tout le monde s'y retrouve plus ou moins : chrétiens ou non, pratiquants ou non, agnostiques, athées… Les uns privilégient la tradition, d'autres le rendez-vous familial. D'autres encore sont sensibles au fait de marquer le cycle des saisons, la renaissance de la nature. Il y est question également du cycle de vie et de la naissance de l'enfant. L'enfance et la fraternité. Deux thèmes qui, au-delà du religieux, donnent une dimension poétique et humaniste à la fête de Noël. Une portée universelle. L'esprit de Noël est une belle utopie pour le genre humain. Quels que soient nos conflits et nos guerres, il pourrait y avoir un jour par an où les frères ennemis se serrent la main, où les hommes et les femmes de tous pays vivent en paix. Un jour où la sauvagerie ferait place à l'humanité.
Particulièrement cette année, après les évènements dramatiques que nous avons vécus à plusieurs reprises en 2015, nous aimons rêver que la trêve de Noël soit une réalité. Un besoin de lien, de chaleur et de réconfort. Et nous avons tellement peur d'être déçus. 

Tant d'émotion. De la sidération, de l'incrédulité, du chagrin. Tant de chagrin. Il faudra faire le deuil de cet évènement, ce sera long mais nous le ferons car nous sommes résilients. Les jours passent. La vie est-elle en train de reprendre comme si de rien n'était ? Comme si rien n'allait changer ? On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve. Le pire n'est pas obligatoire.
La société française, malgré ses chamailles perpétuelles, semble se mobiliser pour l'unité nationale, ouvrir les yeux sur la radicalité qui se développe à sa marge et sur la nécessité de remplir le vide laissé par le repli des services publics. Les musulmans de notre pays, révulsés par l'horreur de ces tueries aveugles, paraissent enfin décidés à faire le ménage au sein de leur confession. L'après 13 novembre pourrait être un revers et, qui sait, le début de la fin pour le groupe terroriste responsable des massacres.

C'est le moment de se plonger dans Hope, Le grand livre de l'espoir, un très bel ouvrage réalisé sous la direction de Léo Bormans aux éditions de l'Homme. L'un des chapitres, écrit par Alex Linley, est consacré à "L'espoir dans nos jours les plus sombres". Comment trouver la force d'espérer après une expérience dramatique ? "L'espoir se construit quand nous vivons des difficultés et qu'il est mis à l'épreuve." Les psychologues appellent ce phénomène la croissance post-traumatique. En voici quelques clés transposées à l'échelle de la société : nous pouvons au lendemain de cette crise améliorer notre relation les uns avec les autres, percevoir de nouvelles possibilités pour notre avenir, découvrir de nouvelles sources de force collective, monter d'un cran notre appréciation de la vie, réveiller notre énergie, notre volonté.

"Victor Frankl a écrit que la dernière liberté qui ne peut jamais nous être dérobée est la liberté de choisir notre attitude face aux circonstances. Nous pouvons donc choisir l'espoir. Et avec l'espoir, nous pouvons choisir un avenir meilleur."
Même dans nos jours les plus sombres, même après les sinistres attentats du 13 novembre, nous pouvons toujours choisir l'espoir. 

On répète le ballet des limousines. La COP21 fait ses derniers préparatifs, le 30 novembre, c'est demain. Au cours des dernières semaines, quelques succès diplomatiques incarnés au plus haut sommet de l'État ont été dûment médiatisés, les réunions ministérielles se sont intensifiées. Dans le même temps, les ONG ont clamé que le compte n'y était pas et les organisations internationales ont publié des études catastrophistes pour mettre en lumière l'importance des enjeux : réchauffement de la planète, crises humanitaires, pollution de l'atmosphère, montée des eaux...

Quelle sera l'issue de cette conférence climatique ? Y'aura-t-il un accord contraignant ? Décidera-t-on de faire un bilan tous les cinq ans ? Le Nord trouvera-t-il le financement nécessaire pour les politiques climatiques des pays du Sud ?
Il y a fort à parier qu'on conclura avec un compromis qui, compte tenu de l'engagement des États-Unis et de la Chine, sera considéré par les autorités publiques comme un progrès par rapport aux conférences précédentes. Et quoiqu'il arrive le résultat sera jugé insuffisant par les ONG.
Le jeu de rôle est maintenant bien connu.

Certains pourront penser, comme le dit Pierre Rabhi dans une récente interview à l'Obs, que la COP21 ne changera rien, qu'il s'agit d'un "rituel stupide qui laisse croire au bon peuple que les pouvoirs publics s'occupent de l'environnement". Mais Pierre Rabhi et le bon peuple croient-ils encore que les pouvoirs publics ont beaucoup de pouvoir et peuvent faire autre chose que prendre des mesures d'incitation ?
D'autres persévèreront dans le déni, trouvant que les histoires de climat et d'environnement "maintenant ça va bien" et qu'il s'agit d'une pure invention médiatique. Il est aussi possible que l'homme n'ait pas mis les pieds sur la lune, que le 11 septembre ait été organisé par la CIA et que Sheila soit un homme.

D'autres encore, dont je fais partie, considèreront que le verre est à moitié plein, que le processus avance certes à petits pas mais qu'il avance inexorablement.
L'écologie ressemble en cela au féminisme : ses militants, indispensables au début, deviennent vite agaçants et finissent par desservir la cause qu'ils ont fait émerger ; les hypocrites sont légions mais contribuent à généraliser auprès de l'opinion une reconnaissance consensuelle du principe qui agit comme un effet cliquet. Qui peut s'opposer aujourd'hui à une progression vers la parité dans la société ? Qui peut cautionner le cynisme environnemental, le mépris de la planète et des enjeux de santé publique qui sont associés ? Il y a toujours des à-coups. Mais, si le chemin qui reste à faire peut encore sembler interminable, il n'en est pas moins vrai que celui qui a été parcouru est déjà impressionnant.

On est heureux de trouver au théâtre des spectacles qui traitent des enjeux de la santé. Ce sont des thèmes universels qui nous concernent tous. On se souvient bien sûr des médecins de Molière et plus récemment de l'incontournable docteur Knock. "Tout homme bien portant est un malade qui s'ignore…" La pièce de Jules Romain aurait été en réalité co-écrite avec Louis Jouvet, lui-même fils de pharmacien. Son caractère visionnaire saute aux yeux quand on voit le volume des médicaments de toutes sortes que la médecine d'aujourd'hui arrive à fourguer à des gens en parfaite santé…

Il y a eu l'an dernier au Théâtre de l'Oeuvre la pièce de Daniel Pennac "Ancien malade des hôpitaux de Paris" avec l'excellent Olivier Saladin. Ou comment rester indemne au milieu des avis péremptoires et contradictoires des génies de la faculté.

Il y a en ce moment au Théâtre Michel, à Paris, une pièce délicieuse. Elle s'appelle "De l'autre côté de la route".
Pitch. Une ancienne grande scientifique se languit dans sa maison de retraite en Suisse, face au cimetière. Une jeune femme surgit et réveille son passé : un Nobel manqué de peu, une vie privée ratée… Curieusement, le PDG d'un grand labo est très attentif au bien-être de son ancienne collaboratrice…

L'auteur, Clément Koch, réussit un cocktail de rire et d'émotion sur des sujets difficiles : la fin de vie et la liberté de choisir le moment de traverser ; la responsabilité de l'industrie pharmaceutique quant aux effets secondaires de ses produits et les dérives que peuvent entraîner les exigences économiques à court terme.
L'interprétation et la mise en scène sont au rendez-vous. Rien d'avant-gardiste ici, mais on est loin des pochades mécaniques d'un certain théâtre de boulevard.
La pièce se joue jusqu'au 31 décembre. Il faut aller voir "De l'autre côté de la route".

Il n'a pas peur des grandes phrases et des grands mots, Nicolas Hulot. Dans son livre Osons* qui vient de sortir, il dit que l'avenir de l'humanité est en jeu lors de la COP21 et il appelle les chefs d'États à être à la hauteur de l'événement. Il y parle de sens, d'amour, d'équité, de noblesse d'âme. On ne peut que souscrire mais j'ai le sentiment qu'aujourd'hui son discours a du mal à passer. Du reste l'ancien animateur de télévision s'en rend compte, semble-t-il, puisqu'il a appelé à la rescousse des humoristes du web pour concevoir un clip : Break the internet.

Il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui regardent ailleurs lorsque la maison brûle. Quand une cause est excessivement imposante, notre premier réflexe est de détourner le regard. L'homme est ainsi fait qu'il montre une grande ingéniosité pour inventer des stratégies d'évitements face à un problème par trop angoissant. Une amie japonaise m'expliquait qu'au moment de la catastrophe de Fukushima, les gens n'étaient pas capables au Japon d'aborder la question de la contamination de l'air et des aliments. Ils continuaient de vivre comme si rien ne s'était passé, au risque de mettre leur santé et leur vie en danger.
Quand Nicolas Hulot ne parle pas, un tic du visage trahit sa nervosité. Apparemment pour lui aussi la cause est lourde à porter.

L'environnement est un sujet anxiogène par nature. Je suis certain que la plupart d'entre nous sommes très conscients de l'ampleur des menaces. Mais nous ne voyons pas distinctement la manière d'y échapper et les échéances semblent encore diffuses et lointaines. De plus, dans ce monde totalement voué au court-termisme nous avons peu confiance dans la capacité des décideurs à apporter les solutions nécessaires. Nous ne sommes pas non plus persuadés de l'aptitude de nos concitoyens à faire preuve du civisme nécessaire. Nous préférons alors botter en touche et nous réfugier dans la futilité ou le déni.

Pourtant la formule est connue et implacable : "la planète peut se passer de nous mais nous ne pouvons pas nous passer d'elle". Les rendez-vous à venir sont donc incontournables.
On peut apprécier l'homme ou le détester mais, dans une ambiance hexagonale singulièrement en manque de boussole, Nicolas Hulot a le mérite de ne pas perdre le nord et de s'exprimer de manière simple. Simpliste diront certains. Certes, quand il parle de réinventer la démocratie, de mettre l'économie au service des humains ou de mettre fin aux abus des multinationales, on a un peu l'impression d'être dans le monde de Oui-oui. Mais lorsqu'il propose d'intégrer la pollution au prix de vente, de démazouter les investissements et de nourrir sans détruire, on est en présence d'un nécessaire rappel au bons sens.

Quant aux engagements individuels concrets qu'il préconise… Se déplacer à plusieurs ou sans moteur ; réfléchir à deux fois avant de prendre l'avion ; manger moins de viande mais de meilleure qualité ; mettre fin au gaspillage alimentaire ; mettre son argent au vert ; choisir une électricité 100 % renouvelable ; agir contre le gaspillage énergétique et pour la nature ; partager ; s'impliquer pour le climat… On ne saurait mieux dire.

 

* éditions Les Liens qui Libèrent

Pas un jour qui passe sans qu'un nouvel élément soit révélé concernant l'ampleur de la tricherie du groupe Volkswagen… Après les 11 millions de véhicules équipés d'un logiciel permettant de fausser les résultats des tests d’émissions polluantes, c'est la marque Audi qui avoue que 2,1 millions de ses véhicules sont également concernés puis Seat avec 700 000 véhicules. Dans l'intervalle, le PDG du groupe a dû démissionner et tous les pays du monde se mobilisent pour demander des comptes au constructeur qui a bénéficié indûment de différentes aides et agréments de la part des gouvernements. En France près d'un million de véhicules seraient concernés. Cerise sur le gâteau, l'agence de communication du groupe aurait tenté d'influer sur le contenu éditorial de certains journaux en menaçant de retirer ses publicités. Faux sur toute la ligne. Cela en dit long sur la culture d'entreprise de ladite société.
Le scandale est de taille et l'on commence à peine à en mesurer les conséquences. Parmi les plus positives, on peut espérer qu'il y ait en France une prise de conscience sur les véritables dangers du diesel. Une grande partie de la population est encore largement influencée par le déni tenace des constructeurs et cinquante ans d'aveuglement étatique.

Tricherie d'une petit groupe de personnes ou secret de polichinelle d'un secteur coutumier des petits arrangements avec la légalité ? La technique du bouc émissaire a ses limites en matière de gestion de crise. D'autant qu'il semblerait que les autorités européennes aient été alertées depuis 2013 des risques de trucages de tests. Les ONG regroupées au sein de T&E (Transports et Environnement) avaient également mis en lumière une différence de 40 % entre les tests européens et la réalité de la consommation de CO2 en 2014 alors que l'écart n'était que de 8 % en 2001. Tous les constructeurs seraient donc concernés, pas uniquement le groupe Volkswagen. Cela semble suggérer que l'ambiance au sein du secteur automobile dans son ensemble n'est pas extrêmement orientée vers la sincérité et la transparence.
Est-ce que le problème concerne uniquement le diesel ? Rien ne permet de le dire et l'on sait qu'il n'y a pas pour l'instant de voiture propre à 100 %. Mais ce qui est certain c'est que les entreprises ont tout à perdre à jouer au jeu de dupes avec les consommateurs qui, quand ils se réveillent, savent les sanctionner sévèrement. Avec leur porte-monnaie. 

Il est réconfortant d'entendre parfois dans les grands médias des propos sensés sur les médecines alternatives et complémentaires (MAC). C'était le cas le 9 septembre dernier sur France-Inter dans l'émission "Le téléphone sonne". Sujet du jour : "Médecines douces/médecines dures : placebo contre chimie ?". En introduction Nicolas Demorand évoque une "querelle théologique" et constate avec lucidité que "les patients s'en emparent et font une part de plus en plus grande aux autres médecines, semblant y trouver quelque chose que la médecine classique n'apporte pas ou n'apporte plus". Pour une fois les MAC sont représentées et ont même des porte-paroles de qualité en la personne de Philippe Sterlingot, président du syndicat français des ostéopathes, et surtout de Christophe André, psychiatre et spécialiste de la méditation de pleine conscience.

Michel Cymes, médecin et présentateur TV connu du grand public, montre une certaine ouverture vis-à-vis des médecines complémentaires. Il les défend même vivement dans les soins de support en cancérologie. Il déclare avoir évolué et être passé d'un "scepticisme agressif" à un "scepticisme bienveillant".
Dont acte. Mais apparemment le scepticisme est encore bien présent. Michel Cymes reconnaît aux MAC l'efficacité de l'effet relationnel ou de l'effet placebo. C'est le minimum syndical également affiché par les autorités médicales en France. Le souci est qu'on sent une certaine condescendance dans le verdict, compte tenu de la confusion qui existe dans beaucoup d'esprits entre l'effet placebo et l'effet psychologique. De manière sous-jacente, on semble suggérer que les patients seraient des gogos crédules facilement abusés par des bonnes paroles et des soins qui relèveraient de la pensée magique. Au passage, les allopathes sont prompts à oublier l'importance de l'effet placebo dans leur propre discipline : les études réalisées sur les médicaments avant leur autorisation de mise sur le marché révèlent qu'environ un tiers des patients des groupes témoins sont guéris par les pilules ne contenant pas de principe actif. Vous-mêmes quand vous prenez de l'aspirine ou du doliprane pour un mal de tête, vous êtes soulagés au bout de cinq minutes. Or la molécule n'arrive dans votre sang qu'une demie heure plus tard. Vous bénéficiez donc de l'effet placebo. Et c'est tant mieux.

Christophe André, qui revendique une approche scientifique de médecin, est également persuadé de l'importance de l'effet placebo. Mais on ne sent aucune nuance de mépris dans son propos. Il met en avant la puissance de l'esprit dans le phénomène d'autoguérison. D'où l'efficacité des techniques méditatives. D'où également l'importance pour le patient d'adhérer et de s'engager dans les soins qui lui sont proposés, afin de prendre en charge sa guérison.
Il n'y a pas une virgule à changer à cette approche. Mais l'effet placebo ne fait pas tout. En tous cas pas toujours. Et, de la même manière qu'il y a heureusement des principes actifs dans les médicaments allopathiques, il y a également des mécanismes actifs à l'œuvre dans les MAC. Lorsque je suis plié en deux par un lumbago, que je vais chez mon ostéopathe ou mon acupuncteur et que j'en ressors en marchant normalement, il est évident que ce n'est pas l'effet placebo qui a fait tout le boulot.

Certes, les mécanismes qui sont à l'oeuvre dans les techniques manuelles sont plus faciles à cerner que ceux des techniques énergétiques ou de l'homéopathie. Et la question de la validation scientifique de ces derniers a un intérêt certain. Mais il ne faut pas oublier qu'avant d'être validés scientifiquement, la méditation, le yoga ou le Taiji Quan ont été longtemps considérés comme des disciplines de mystiques ou de hippies. La science a encore de vastes champs d'études et progresse à son rythme. On n'a pas encore trouvé les mécanismes de fonctionnement de l'homéopathie, cela ne veut pas dire qu'on ne les trouvera pas demain.
En attendant, nous autres patients, nous "donnons sa chance au produit", comme le dit l'expression familière. Nous continuons tranquillement à utiliser (avec prudence) les pratiques qui ont fait leur preuve depuis des siècles ou des millénaires, qui nous font du bien et qui n'ont pas d'effets secondaires indésirables. Nous nous réjouissons de leur efficacité, quelle que soit la part de l'effet placebo dans la guérison.

Michel Cymes a fait un bout du chemin en passant du scepticisme agressif au scepticisme bienveillant. On espère maintenant qu'il passera, comme nous, au stade suivant : la neutralité bienveillante. C'est l'attitude ouverte et curieuse qui est celle du scientifique et que nous attendons de nos médecins. Ces médecins dont nous avons le plus grand besoin.

Pour celles et ceux qui ne sont pas partis en vacances (presque la moitié d'entre nous, selon un sondage du site monEchelle.fr), la rentrée n'est pas un grand événement. Elle signifie surtout la réouverture des magasins de quartier, la reprise des embouteillages, la réapparition des enfants dans les rues et, dans les grandes villes, la disparition des places de parkings faciles en surface.

Celles et ceux qui ont eu la chance de se mettre au vert se partagent en deux groupes : 67 % sont heureux de regagner leurs pénates (selon le même sondage), les autres regrettent la parenthèse enchantée.
Au moment de reprendre le train-train quotidien ceux-là disent : "je ne rêve que d'une chose, c'est de repartir !" Nostalgie de la beauté des paysages, de la clémence de la météo, du ralentissement du rythme de vie, de l'improvisation des programmes de la journée, des bons moments entre amis, des instants privilégiés avec son amoureux(se)… Dans de nombreux cas, il y a aussi l'angoisse de retrouver un quotidien qui n'est pas satisfaisant : un couple au sein duquel lequel les habitudes ont pris trop de place et où la flamme a disparu, un célibat qui devient pesant, un boulot qui n'a plus grand intérêt ou qui n'en a jamais eu, une ambiance professionnelle tendue qui devient insupportable, une surcharge chronique au niveau de l'emploi du temps…

Voilà donc le moment de faire le point sur sa vie et d'envisager des changements... Quelquefois un peu d'organisation suffit : réaménager ses horaires, faire ses courses en ligne, acheter un robot ménager… D'autres fois, un grain de nouveauté permet d'embellir la vie : commencer l'eutonie (Voir : L'eutonie, bien doser son tonus), le yoga ou la guitare, prendre un abonnement au théâtre, au concert ou au musée peut permettre de nourrir notre jardin intérieur. Mais parfois il faut aller plus loin et commencer à mettre en œuvre ce qu'on évite depuis longtemps par paresse ou lâcheté. On le sait au fond de nous mais on repousse année après année : démarrer une formation, chercher vraiment un nouveau job, faire une thérapie de couple, se séparer de son partenaire…
La période est propice pour réorganiser sa vie et ouvrir une nouvelle page.