TOUS LES ÉDITOS

"Et chacun est rentré chez son automobile", chantait Claude Nougaro dans sa chanson "Paris Mai", à l'automne 1968. En février 2015, après le 11 janvier, sommes-nous déjà rentrés chez notre écran tactile ?

Quelques mois après mai 68 ce sentiment était assez répandu : le printemps avait fait long feu, la révolution avait raté et tout reprenait comme avant. Pourtant, en réalité, l'esprit de Mai 68 a survécu avec, pour le meilleur, une prise de conscience générale de l'éthique collaborative, du féminisme et de l'écologie et pour le pire, l'engendrement de plusieurs générations d'enfants rois et la faillite de l'école.

Après des évènements importants, le retour à la routine peut donner l'impression que tout reprend comme s'il ne s'était rien passé. Ceux de janvier dernier n'échappent pas à la règle. Mais si l'on est attentif, on peut percevoir un léger changement dans l'air du temps. Un peu d'apaisement dans les débats, moins de postures, d'angélisme, d'hypocrisie, de cynisme ? Peut-être sommes-nous collectivement en train de mieux comprendre, derrière des mots qui avaient fini par sonner creux, les valeurs qui fondent notre société… Nous rendre compte que la liberté, l'égalité, la fraternité sont peu partagées dans le monde et que nous avons intérêt à faire bloc pour les défendre… Mesurer l'importance de la laïcité, qui n'est pas l'adversaire du sacré mais qui permet au contraire aux différents sacrés de coexister pacifiquement… Réaliser ce qui se passe quand cette laïcité subit des entorses à répétition comme ce fut le cas ces dernières années… Peut-être allons-nous mettre enfin les vrais mots sur nos maux.

Nous n'avons bien sûr pas assez de recul pour savoir ce qui subsistera de l'esprit de janvier 2015, quel sera le meilleur, quel sera le pire. Après le traumatisme du massacre en plein Paris d'innocents, parce qu'ils étaient journalistes, dessinateurs, policiers, juifs… Après la fraternité d'une marée humaine de plusieurs millions de personnes réunies dans le soutien à la liberté d'expression, dans l'indignation et la condamnation d'actes barbares… Je parierais volontiers que rien ne sera plus comme avant. 

Les moments d'union sont rares. Les anciens n'avaient pas vu cela depuis la Libération. Personne n'est dupe et nous savons bien que nos chamailleries de gaulois vont reprendre de plus belle. C'est du reste déjà le cas et, pour certains, elles n'ont même jamais cessé. Mais un très grand nombre d'entre nous a vécu un moment historique en se retrouvant côte à côte pour affirmer haut et fort des valeurs essentielles de notre civilisation : le refus de la sauvagerie, du fanatisme, de la haine, l'affirmation de la liberté d'expression.

Union parce que la classe politique dans son ensemble est descendue dans la rue le 11 janvier dernier pour un hommage aux 17 victimes du carnage… Union parce que le monde entier était là, représenté par 50 chefs d'états étrangers… L'hommage avait de la gueule ! Et une dimension supplémentaire aussi car, parmi les victimes, il y avait Cabu et Wolinski. Ces derniers faisaient partie de ceux qui ont porté l'esprit de 68, libertaires, écolos, pacifistes, féministes. Mais plus encore que cela. Pendant 50 ans, au-delà d'un courant de pensée, ils ont fait rigoler et réfléchir toute la France avec leurs crobards, simplement parce qu'ils étaient lucides, droits, curieux de la vie, élégants et drôles.

Cependant il ne faut pas s'y tromper et une grande confusion règne aujourd'hui dans la plupart des commentaires : "Je suis Charlie" n'est en rien un slogan d'adhésion à une ligne éditoriale. Quand Kennedy a dit "ich bin ein Berliner", personne n'a pensé qu'il allait prendre un studio à Berlin. "On peut ne pas aimer Charlie", a dit Riss, son nouveau directeur, en sortant de l'hôpital. De fait, le journal avait peu à voir avec son aîné des années 70. Il y a peu, il était au bord du dépôt de bilan, faute de lecteurs, maintenu sous perfusion par la notoriété de quelques signatures, décrié par beaucoup d'anciens collaborateurs. On l'a compris, la période que nous vivons fourmille de paradoxes. Voilà un journal à bout de souffle relancé par la folie sanguinaire de ses détracteurs ! Voilà des humoristes marginaux, irrespectueux de tout et haïssant les honneurs devenus du jour au lendemain des héros nationaux ! Voilà les beaufs de Cabu descendant dans la rue pour célébrer celui qui les avaient croqués avec tant de férocité !
Parce qu'ils nous obligent à sortir de notre zone de confort intellectuel, ces paradoxes font aussi la grandeur de l'instant.

"Je suis Charlie" est juste une bannière d'union. Une déclaration de solidarité avec les parents et les proches des victimes innocentes d'un massacre odieux. Un drapeau pour rallier toutes celles et ceux qui ont besoin d'exprimer leur émotion et leur douleur. Les moments d'union sont rares. Ils sont réparateurs. Ils font du lien, ils font du bien. Ne les boudons pas, dégustons-les.

À l'heure où la haine et la sauvagerie font une douzaine de victimes en plein Paris et touchent de plein fouet un organe de presse symbole de l'humour et de la liberté… Au moment où ces actes immondes viennent s'ajouter à la barbarie des islamistes de Daech, aux massacres en Afrique, à l'Ukraine, à la Syrie, à Gaza, aux accidents d'avions, aux nouveaux boat-people du Moyen-Orient, aux exactions de la maffia russe ou mexicaine… C'est plus que jamais une gageure de faire une rétrospective des faits d'actualité encourageants pour l'humanité qui ont jalonné 2014. Néanmoins je garde intacte mon inépuisable ambition de vous montrer qu'il est toujours possible de chausser des lunettes différentes.

En janvier, premier "Printemps arabe" à déboucher sur un véritable changement démocratique, la Tunisie se dote d'une constitution républicaine et, à la fin de l'année, elle élit son premier président au suffrage universel. La démocratie progresse aussi en Europe : en juillet, Jean-Claude Juncker est le premier président élu à la tête de la Commission. Tournant historique en décembre, "nous sommes tous des américains", un rapprochement diplomatique s'opère entre les États-Unis et Cuba.

Côté environnement, il y a certes peu d'occasion de se réjouir mais on sent un frémissement, un début de mobilisation dans la perspective du grand rendez-vous de Paris en décembre 2015, que ce soit dans l'accord bilatéral États-Unis-Chine, les petits pas de la COP20 à Lima, ou même la timide loi de transition énergétique en France.

Parlant de l'Hexagone, notre inévitable propension à l'autodénigrement a été mise à mal cette année. Voilà que nous avons eu deux prix Nobel, littérature pour Patrick Modiano et économie pour Jean Tirole ! En novembre l'atterrissage du robot Philae sur la comète Tchouri a rempli sa mission à 80 %, ce qui constitue un exploit scientifique inégalé. Et après la libération de Serge Lazarevic en décembre dernier, il n'y a plus d'otages français dans le monde.

Progrès de la démocratie, réconciliation des peuples, succès culturels ou scientifiques… Mais au delà de l'actualité en trompe l'œil, il n'est pas inutile de prendre un peu de recul et de mettre en perspective les 30 dernières années. Si l'on s'extrait des récits journalistiques au jour le jour et de la recherche du scoop permanent, si l'on regarde l'évolution du monde depuis les années 1990 qui correspondent à la fin de la Guerre Froide, force est de constater que le monde va de mieux en mieux.
Dans un récent éditorial du New York Times repris dans Slate.fr, Roger Cohen montre sur la période que les chiffres des homicides dans le monde sont en chute libre, de même que pour les viols et agressions sexuelles, les violences conjugales ou envers les enfants, les génocides et les massacres de civils. La démocratie progresse et le totalitarisme recule. Le nombre de conflits armés a été réduit drastiquement et les guerres entre États sont aujourd'hui obsolètes.

Comme le dit le philosophe Alain : "le pessimisme est d'humeur, l'optimisme de volonté".

Magie ou gabegie de Noël ? On s'est indigné pendant longtemps de la surexploitation commerciale croissante de cette fête qui a largement perdu son caractère religieux pour devenir quasiment universelle. Mais le mouvement semble aujourd'hui se faire en sens inverse. La crise économique est passée par là. Les Français étaient 26 % à partir en vacances en décembre 2013, ils ne sont plus que 17 % à l’envisager cette année*. Environ 10 % stressent de peur de ne pas avoir assez d'argent pour faire leurs achats**. Résultat : nous ferons la fête, c'est certain, mais de manière plus simple, plus sobre, en faisant la cuisine nous-mêmes***.
Les agapes se font plus raisonnables. Notre tour de taille en bénéficie dès lors qu'on relègue au passé les excès névrotiques des festins à l'ancienne.

L'environnement est également gagnant car l'overdose de consommation devient un truc de "has been". On n'hésite plus à mitonner du végétarien pour alléger la facture de carbone et cela fait plusieurs années qu'après la fête on recycle les cadeaux non désirés : on les vend, on les donne. On peut aussi penser à les louer ! La location entre particuliers est très tendance, cette année. Si on nous offre par exemple un siège masseur, un appareil d'hydromassage, une caméra ou une perceuse électrique, c'est une option envisageable. Pareil avec les éléments de décoration, sculpture ou peinture, qui peuvent intéresser des locataires qui voudraient changer de déco pour une période donnée… L'intérêt ? Optimiser l'usage des biens de consommation, faire du lien social voire des rencontres et, bien sûr, compléter ses revenus. Pour le jour J, sur des sites comme Place de la Loc', on peut se procurer pour un soir des tables et des chaises, le costume du Père Noël et, pour animer la fête, un karaoké ou une PS4.

Voilà pourquoi Pierre Rabhi, qui prône la sobriété heureuse, rencontre un succès grandissant. Il s'inscrit dans un courant de fond écolo qui entre en résonance avec différentes approches de spiritualité laïque ou religieuse et des courants philosophiques très anciens. Cette manière d'envisager la vie en refusant la frustration mais en adoptant le plaisir dans la frugalité, rappelle un auteur grec souvent mal compris, qui n'est autre qu'Épicure. Serions-nous en train de devenir épicurien, au vrai sens du terme ?

 

*14e édition du baromètre "Les Français et les vacances" OpinionWay pour Mondial Assistance
** Voir : Noël, une fête synonyme de stress pour 1 Français sur 5
*** Voir : Les Français feront-ils encore la fête à Noël ?

Je ne peux pas changer l'air que je respire. Si je n'ai pas confiance dans la qualité de mon alimentation, je peux toujours manger bio, local, de saison, et faire la cuisine moi-même. Si j'ai des doutes sur la qualité de l'eau du robinet, je peux toujours boire de l'eau minérale. Si je prends conscience que mon mode de vie nécessite une dépense énergétique dommageable pour la planète, je peux toujours envisager de réduire ma consommation et me tourner vers les énergies renouvelables. Mais pour l'air, il n'y a pas d'alternative. Pas le choix. Sauf de déménager, sans garantie de trouver mieux ailleurs car il n'y a plus beaucoup de territoires en France, quand ils sont épargnés par le trafic routier ou les rejets industriels, qui soient aujourd'hui à l'abri des nuages migrants de particules.

Les pouvoirs publics mettent un temps fou à se préoccuper de cette question qui est essentielle voire vitale pour chacun d'entre nous. Il faut dire que pendant longtemps on n'avait pas de données sur la question. Et comme la pollution est invisible : pas vu pas pris !
Mais depuis quelques années il existe des systèmes de plus en plus perfectionnés capables de mesurer le taux des particules en suspension dans l'air et d'en déterminer l'origine. Il arrive donc que le problème fasse les titres des journaux (voir : La pollution à Paris aussi nocive que le tabagisme passif) et nous autres, citoyens, réalisons, un peu effarés, la quantité de cochonneries que nous sommes obligés d'ingurgiter en permanence.
Lors du pic de pollution de mars dernier, un début de panique doublé d'un fort mécontentement a saisi les parisiens. Et les autorités se sont résolues, tardivement, à prendre quelques mesures contraignantes. Municipales oblige.
L'inertie dans ce domaine pose question. La France continue allègrement à dépasser les normes européennes de qualité de l'air et le sujet n'arrive qu'en Nième position dans l'ordre du jour de la dernière Conférence environnementale.

À l'avenir, les pics de pollution risquent de devenir de plus en plus fréquents et il faudra s'attendre à une certaine vivacité dans la réaction des citoyens, excédés par ces atermoiements.
Nous sommes dans un domaine où les mesures possibles mettront plusieurs années à être suivies d'effet. Nous aurions dû commencer à les mettre en œuvre hier.

Il y aurait de quoi désespérer ! Après nos entretiens avec Philippe Even on pourrait croire que nous sommes à la merci de médecins embobinés par le marketing omniprésent de l'industrie pharmaceutique, nous soumettant à des maladies purement inventées tels le docteur Knock de Jules Romain ! (Voir : Les maladies inventées par la médecine et Les dérives du médicament).

Faut-il accorder du crédit à ce qu'il dit ? Chacun se fera son opinion mais l'homme est un scientifique reconnu qui a fait partie de plusieurs commissions officielles. Il a cosigné la plupart de ses ouvrages avec Bernard Debré qui est loin d'être un révolutionnaire agité.
Il a certes été suspendu par l'Ordre des médecins pour un an, dont six mois avec sursis, pour défaut de confraternité, les allergologues ayant mal pris le fait d'avoir été traités de charlatans dans le Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Mais il n'a jamais été attaqué en justice par quiconque sur ses affirmations.

Faut-il alors se détourner complètement de la médecine et s'enfermer dans un déni de la maladie ? Ce n'est pas ce que nous proposons sur ce site. Nous pensons, comme Philippe Even, que la solution appartient aux patients. Il est révolu le temps où l'on emmenait son corps chez le médecin comme on apporte une voiture au garage en disant "moi j'y connais rien, débrouillez-vous pour que ça remarche !". Nous autres, patients, devons être responsables de notre santé et ça commence par notre façon de nous alimenter, de faire de l'exercice physique, d'écouter et d'entendre les messages douloureux de notre corps qui nous renseignent sur nos dysfonctionnements physiques et psychologiques. En cas de troubles ou de maladies, c'est à nous de faire l'enquête auprès de plusieurs experts de santé pour établir le juste diagnostic. À nous aussi de faire notre étude de marché pour choisir la pratique et le thérapeute qui correspond à notre pathologie, parmi le large éventail qui existe dans la médecine conventionnelle et les disciplines alternatives et complémentaires.

C'est toute la raison d'être de Vie Saine et Zen : partager expériences et expertises pour devenir acteur de notre santé, acteur de notre consommation, acteur de notre vie.

Une fois par an, la Toussaint et sa version anglo-saxonne commerciale, Halloween, nous rappellent que la mort fait partie du paysage. Mais elle est mise à distance dans un show ritualisé, aseptisé. Le reste de l'année, on voudrait la cacher comme on cache les choses honteuses. On cache la nature parce que ce serait plus propre de bétonner le paysage, d'artificialiser les sols, d'OGMiser les cultures. On cache ses émotions parce qu'elles seraient l'expression d'une animalité inavouable : "je-vais-bien-tout-va-bien", toujours au top, fort et sans faille, souriant et positif.
Il serait logiquement de bon goût d'être immortel !

Nous avons une grande capacité à courir après des chimères, des créations de l'esprit. Mais la réalité finit toujours par se rappeler à nous dans sa force et dans sa violence : nous sommes soumis à la finitude d'une planète à bout de souffle, nos émotions rentrées finissent par submerger nos organismes en créant des pathologies parfois lourdes.
Et nous sommes définitivement et ridiculement mortels.

Les psys nous aident à mettre sur tout cela des mots qui adoucissent. Les sagesses orientales nous conseillent d'apprendre à accepter, à observer, à accueillir ce qui existe. À voir l'architecture infiniment complexe, magnifique et délicate de la nature et du cosmos et à tenter de la troubler le moins possible. À exprimer la force vibratoire de nos énergies et la fragilité de nos sentiments. À savourer l'instant présent avec d'autant plus d'intensité que l'on sait le voisinage permanent de la mort.

On les appelle "maladies environnementales émergentes" ou M2E. Elles concernent environ trois millions de personnes en France : fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, hypersensibilité chimique multiple ou électro-hypersensibilité. Pas toujours faciles à définir, à diagnostiquer, à prendre en charge. Encore souvent controversées. Pourtant c'est une réalité qui est en train de rattraper un monde médical trop longtemps dans le déni : les produits toxiques relâchés dans l'environnement sont à l'origine ou aggravent de multiples pathologies.
Outre les M2E, les autres maladies chroniques non transmissibles sont également dans ce cas. Cancers, maladies cardiovasculaires, métaboliques, neurocognitives et autres seraient aussi en lien avec l'environnement. Elles sont à l'heure actuelle responsables des deux tiers des décès prématurés, selon le RES (Réseau Environnement Santé). (Voir : Les maladies liées à l'environnement.)

Les autorités sanitaires ont-t-elles fait leur boulot sur cette question ? Tout ne serait pas catastrophique dans le bilan de ces dernières années. Il semblerait notamment que les niveaux de pollution aient fortement diminué depuis les années 1970 qui ont connu un pic dramatique. C'est l'avis de Jean-François Narbonne, professeur émérite de toxicologie à l'Université de Bordeaux et expert à l'Anses* qui tentait de rassurer samedi dernier les participants aux dernières Rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires à l'hôpital Tenon. Par exemple, depuis cette époque, dans le sang des Français, les taux de PCB auraient diminué de 60 % et ceux de dioxines de 80 %. Quant aux contaminants "émergents" actuels, ils seraient loin d'atteindre les niveaux des contaminants de ces années-là. Même satisfecit de sa part pour l'alimentation. Les seuils en matière de produits toxiques (DJA : Dose Journalière Admissible) seraient globalement respectés avec quelques "dépassements marginaux non significatifs en terme de santé publique".

Le problème, c'est que la surveillance biologique fait apparaître aujourd'hui, selon le même Jean-François Narbonne, des surexpositions à une quinzaine de contaminants appartenant aux familles des plastiques, métaux lourds, pesticides et, chez les enfants, des dépassements de valeurs critiques pour les PCB et le plomb. Quant aux DJA des produits alimentaires, qui définissent les seuils de la réglementation, elles sont établies pour une exposition unique à un produit unique. Pas de prise en compte de la réalité que nous vivons tous les jours : une exposition répétée à un cocktail multiple de produits. Qui plus est, Jean-François Narbonne reconnaît que ces DJA ne prennent pas en compte la santé humaine : elles sont en réalité calculées en fonction de la dose de toxique qui rend malade le rat, extrapolée à l'homme ! Le respect de ces seuils ne garantit donc en rien le consommateur quant à l'innocuité des aliments qu'il ingère. Je serais vous, je serais vaguement inquiet : je mangerais et je boirais du bio, du bio, du bio.

À entendre ceux qui sont censés assurer notre protection, je ne suis pas convaincu que la dimension et l'urgence de ces problèmes aient été, pour l'instant, véritablement prises en compte.

 

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail

Il suffit d'un peu de temps, le matin. Et la journée ne sera pas la même que d'habitude. Un peu de temps consacré à sa respiration. Ça vaut le coup, la respiration a une certaine importance dans le phénomène de la vie (c'est bien sûr un euphémisme). Pas besoin de beaucoup de temps, 1 minute peut suffire. 5 à 10 minutes si c'est possible. Les uns feront de la cohérence cardiaque, c'est ce qu'il y a de plus simple : 5 fois 5 respirations en ralentissant l'inspire et l'expire, chacun sur 5 secondes. Les autres feront de la méditation de pleine conscience ou de la relaxation, on trouve plein de CD ou de modules audio à télécharger qui peuvent servir de guide au début. Les initiés pratiqueront le Qi Gong ou le Taiji Quan qui, eux, nécessitent un peu d'apprentissage.
Quelle que soit la discipline choisie, le bénéfice est immédiat : on se sent mieux dans ses baskets, on est plus calme, on met à distance les soucis de la vie. Bref, la journée est différente.

J'étais la semaine dernière au LHForum, le Forum de l'économie positive au Havre et j'ai assisté à de nombreuses conférences passionnantes, animées par des intervenants de haut niveau sur des sujets fort sérieux, du Nouveau contrat social au Climat en passant par l'Éthique de l'entreprise, la Finance positive et l'Économie circulaire. Deux journées consécutives se sont ouvertes le matin par une session sur la méditation de pleine conscience : "Mindfulness et économie positive". Un peu de théorie, un peu de pratique. Voilà plusieurs centaines de personnes en train de redresser leur dos, de fermer les yeux, de se concentrer sur l'instant présent et sur les sensations dans leurs chaussettes ! Un sondage à mains levées avait révélé que, dans leur grande majorité, ils n'avaient jamais pratiqué ce type d'exercice qui peut-être leur était inconnu ou qui relevait pour eux du mystique ou du religieux. Tous les âges étaient représentés avec une forte proportion de jeunes et de lycéens. L'instructrice était un ancien cadre de L'Oréal. Un autre intervenant était un médecin spécialiste en neurosciences. On voit que tout cela n'était pas le fait de hippies New Age sortis du formol et des années 70.

Alors quel rapport avec l'économie positive ? Selon eux, se changer soi est nécessaire si l'on veut changer le monde pour le mettre au service des générations futures. Pourquoi pas. Ce n'est pas impossible, l'ambition est belle mais vous conviendrez que c'est un peu théorique. Ce qui est certain, c'est que ce moment, aussi court soit-il, permet de se calmer, de s'intérioriser, de se reconnecter avec soi-même. Dès qu'il est pratiqué quotidiennement, il devient un formidable outil de gestion du stress et une aide à la communication sereine avec les autres. Peut-être pour se transformer soi-même, peut-être pour transformer le monde. Mais sûrement en tout cas, pour transformer sa journée.

Impossible de se lever le matin. Devant le lycée, impossible d'entrer. À l'accueil impossible de monter dans son bureau. Devant son ordinateur, impossible de l'allumer. Adulte, ados, tout le monde est concerné. J'en ai vécu moi-même, j'en ai vu une flopée dans mon entourage. Nausées, vertiges, mal au ventre, dos bloqué, sentiment d'être "vidé", d'être nul… Les symptômes sont variés et depuis quelques années on met un nom dessus : burn-out. Brûlé d'épuisement, consumé de trop de pression, de trop d'angoisse.
La pathologie n'est pas répertoriée par la psychiatrie, on ne sait trop où la classer, à mi-chemin entre le stress et la dépression. Le phénomène est assez nouveau. Cela veut-il dire qu'auparavant on l'appelait autrement ou qu'on la traitait par le mépris ? Que la société ou les individus ont changé ? Que ces derniers ont une moindre tolérance aux contraintes de la première ? Ce qui est sûr c'est qu'il y a nécessité d'une prise en charge : médecin, psy, praticien de médecines énergétiques ou autre. Il est important de mettre des mots sur ce qui se passe, d'améliorer les symptômes dans l'urgence et de commencer à envisager les changements qui s'imposent dans sa vie. Mais comme dans tous les domaines, le mieux est encore la prévention.

Cela peut nous arriver à tous, il faut être vigilant. On a du mal à s'endormir, on n'arrive plus à se reposer, au boulot on ne compte plus ses heures, on saute les repas, on annule le dîner avec les potes, la séance de ciné ou le match de foot… Alerte orange ! On a du mal à se concentrer, on ne se souvient plus de rien, on se met en colère pour un rien, on joue au yo-yo avec ses kilos, on a toujours un rhume, une angine, une bronchite… Alerte rouge !
"Connais-toi toi-même", disaient les anciens. Balades, footing, massages, yoga, Qi Gong… À nous de prendre des rendez-vous avec nous-mêmes, indispensables pour nous intérioriser, respirer, nous détendre… Il devient urgent d'apprendre à écouter et à entendre les messages de notre corps.