TOUS LES ÉDITOS

Je ne peux pas changer l'air que je respire. Si je n'ai pas confiance dans la qualité de mon alimentation, je peux toujours manger bio, local, de saison, et faire la cuisine moi-même. Si j'ai des doutes sur la qualité de l'eau du robinet, je peux toujours boire de l'eau minérale. Si je prends conscience que mon mode de vie nécessite une dépense énergétique dommageable pour la planète, je peux toujours envisager de réduire ma consommation et me tourner vers les énergies renouvelables. Mais pour l'air, il n'y a pas d'alternative. Pas le choix. Sauf de déménager, sans garantie de trouver mieux ailleurs car il n'y a plus beaucoup de territoires en France, quand ils sont épargnés par le trafic routier ou les rejets industriels, qui soient aujourd'hui à l'abri des nuages migrants de particules.

Les pouvoirs publics mettent un temps fou à se préoccuper de cette question qui est essentielle voire vitale pour chacun d'entre nous. Il faut dire que pendant longtemps on n'avait pas de données sur la question. Et comme la pollution est invisible : pas vu pas pris !
Mais depuis quelques années il existe des systèmes de plus en plus perfectionnés capables de mesurer le taux des particules en suspension dans l'air et d'en déterminer l'origine. Il arrive donc que le problème fasse les titres des journaux (voir : La pollution à Paris aussi nocive que le tabagisme passif) et nous autres, citoyens, réalisons, un peu effarés, la quantité de cochonneries que nous sommes obligés d'ingurgiter en permanence.
Lors du pic de pollution de mars dernier, un début de panique doublé d'un fort mécontentement a saisi les parisiens. Et les autorités se sont résolues, tardivement, à prendre quelques mesures contraignantes. Municipales oblige.
L'inertie dans ce domaine pose question. La France continue allègrement à dépasser les normes européennes de qualité de l'air et le sujet n'arrive qu'en Nième position dans l'ordre du jour de la dernière Conférence environnementale.

À l'avenir, les pics de pollution risquent de devenir de plus en plus fréquents et il faudra s'attendre à une certaine vivacité dans la réaction des citoyens, excédés par ces atermoiements.
Nous sommes dans un domaine où les mesures possibles mettront plusieurs années à être suivies d'effet. Nous aurions dû commencer à les mettre en œuvre hier.

Il y aurait de quoi désespérer ! Après nos entretiens avec Philippe Even on pourrait croire que nous sommes à la merci de médecins embobinés par le marketing omniprésent de l'industrie pharmaceutique, nous soumettant à des maladies purement inventées tels le docteur Knock de Jules Romain ! (Voir : Les maladies inventées par la médecine et Les dérives du médicament).

Faut-il accorder du crédit à ce qu'il dit ? Chacun se fera son opinion mais l'homme est un scientifique reconnu qui a fait partie de plusieurs commissions officielles. Il a cosigné la plupart de ses ouvrages avec Bernard Debré qui est loin d'être un révolutionnaire agité.
Il a certes été suspendu par l'Ordre des médecins pour un an, dont six mois avec sursis, pour défaut de confraternité, les allergologues ayant mal pris le fait d'avoir été traités de charlatans dans le Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Mais il n'a jamais été attaqué en justice par quiconque sur ses affirmations.

Faut-il alors se détourner complètement de la médecine et s'enfermer dans un déni de la maladie ? Ce n'est pas ce que nous proposons sur ce site. Nous pensons, comme Philippe Even, que la solution appartient aux patients. Il est révolu le temps où l'on emmenait son corps chez le médecin comme on apporte une voiture au garage en disant "moi j'y connais rien, débrouillez-vous pour que ça remarche !". Nous autres, patients, devons être responsables de notre santé et ça commence par notre façon de nous alimenter, de faire de l'exercice physique, d'écouter et d'entendre les messages douloureux de notre corps qui nous renseignent sur nos dysfonctionnements physiques et psychologiques. En cas de troubles ou de maladies, c'est à nous de faire l'enquête auprès de plusieurs experts de santé pour établir le juste diagnostic. À nous aussi de faire notre étude de marché pour choisir la pratique et le thérapeute qui correspond à notre pathologie, parmi le large éventail qui existe dans la médecine conventionnelle et les disciplines alternatives et complémentaires.

C'est toute la raison d'être de Vie Saine et Zen : partager expériences et expertises pour devenir acteur de notre santé, acteur de notre consommation, acteur de notre vie.

Une fois par an, la Toussaint et sa version anglo-saxonne commerciale, Halloween, nous rappellent que la mort fait partie du paysage. Mais elle est mise à distance dans un show ritualisé, aseptisé. Le reste de l'année, on voudrait la cacher comme on cache les choses honteuses. On cache la nature parce que ce serait plus propre de bétonner le paysage, d'artificialiser les sols, d'OGMiser les cultures. On cache ses émotions parce qu'elles seraient l'expression d'une animalité inavouable : "je-vais-bien-tout-va-bien", toujours au top, fort et sans faille, souriant et positif.
Il serait logiquement de bon goût d'être immortel !

Nous avons une grande capacité à courir après des chimères, des créations de l'esprit. Mais la réalité finit toujours par se rappeler à nous dans sa force et dans sa violence : nous sommes soumis à la finitude d'une planète à bout de souffle, nos émotions rentrées finissent par submerger nos organismes en créant des pathologies parfois lourdes.
Et nous sommes définitivement et ridiculement mortels.

Les psys nous aident à mettre sur tout cela des mots qui adoucissent. Les sagesses orientales nous conseillent d'apprendre à accepter, à observer, à accueillir ce qui existe. À voir l'architecture infiniment complexe, magnifique et délicate de la nature et du cosmos et à tenter de la troubler le moins possible. À exprimer la force vibratoire de nos énergies et la fragilité de nos sentiments. À savourer l'instant présent avec d'autant plus d'intensité que l'on sait le voisinage permanent de la mort.

On les appelle "maladies environnementales émergentes" ou M2E. Elles concernent environ trois millions de personnes en France : fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, hypersensibilité chimique multiple ou électro-hypersensibilité. Pas toujours faciles à définir, à diagnostiquer, à prendre en charge. Encore souvent controversées. Pourtant c'est une réalité qui est en train de rattraper un monde médical trop longtemps dans le déni : les produits toxiques relâchés dans l'environnement sont à l'origine ou aggravent de multiples pathologies.
Outre les M2E, les autres maladies chroniques non transmissibles sont également dans ce cas. Cancers, maladies cardiovasculaires, métaboliques, neurocognitives et autres seraient aussi en lien avec l'environnement. Elles sont à l'heure actuelle responsables des deux tiers des décès prématurés, selon le RES (Réseau Environnement Santé). (Voir : Les maladies liées à l'environnement.)

Les autorités sanitaires ont-t-elles fait leur boulot sur cette question ? Tout ne serait pas catastrophique dans le bilan de ces dernières années. Il semblerait notamment que les niveaux de pollution aient fortement diminué depuis les années 1970 qui ont connu un pic dramatique. C'est l'avis de Jean-François Narbonne, professeur émérite de toxicologie à l'Université de Bordeaux et expert à l'Anses* qui tentait de rassurer samedi dernier les participants aux dernières Rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires à l'hôpital Tenon. Par exemple, depuis cette époque, dans le sang des Français, les taux de PCB auraient diminué de 60 % et ceux de dioxines de 80 %. Quant aux contaminants "émergents" actuels, ils seraient loin d'atteindre les niveaux des contaminants de ces années-là. Même satisfecit de sa part pour l'alimentation. Les seuils en matière de produits toxiques (DJA : Dose Journalière Admissible) seraient globalement respectés avec quelques "dépassements marginaux non significatifs en terme de santé publique".

Le problème, c'est que la surveillance biologique fait apparaître aujourd'hui, selon le même Jean-François Narbonne, des surexpositions à une quinzaine de contaminants appartenant aux familles des plastiques, métaux lourds, pesticides et, chez les enfants, des dépassements de valeurs critiques pour les PCB et le plomb. Quant aux DJA des produits alimentaires, qui définissent les seuils de la réglementation, elles sont établies pour une exposition unique à un produit unique. Pas de prise en compte de la réalité que nous vivons tous les jours : une exposition répétée à un cocktail multiple de produits. Qui plus est, Jean-François Narbonne reconnaît que ces DJA ne prennent pas en compte la santé humaine : elles sont en réalité calculées en fonction de la dose de toxique qui rend malade le rat, extrapolée à l'homme ! Le respect de ces seuils ne garantit donc en rien le consommateur quant à l'innocuité des aliments qu'il ingère. Je serais vous, je serais vaguement inquiet : je mangerais et je boirais du bio, du bio, du bio.

À entendre ceux qui sont censés assurer notre protection, je ne suis pas convaincu que la dimension et l'urgence de ces problèmes aient été, pour l'instant, véritablement prises en compte.

 

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail

Il suffit d'un peu de temps, le matin. Et la journée ne sera pas la même que d'habitude. Un peu de temps consacré à sa respiration. Ça vaut le coup, la respiration a une certaine importance dans le phénomène de la vie (c'est bien sûr un euphémisme). Pas besoin de beaucoup de temps, 1 minute peut suffire. 5 à 10 minutes si c'est possible. Les uns feront de la cohérence cardiaque, c'est ce qu'il y a de plus simple : 5 fois 5 respirations en ralentissant l'inspire et l'expire, chacun sur 5 secondes. Les autres feront de la méditation de pleine conscience ou de la relaxation, on trouve plein de CD ou de modules audio à télécharger qui peuvent servir de guide au début. Les initiés pratiqueront le Qi Gong ou le Taiji Quan qui, eux, nécessitent un peu d'apprentissage.
Quelle que soit la discipline choisie, le bénéfice est immédiat : on se sent mieux dans ses baskets, on est plus calme, on met à distance les soucis de la vie. Bref, la journée est différente.

J'étais la semaine dernière au LHForum, le Forum de l'économie positive au Havre et j'ai assisté à de nombreuses conférences passionnantes, animées par des intervenants de haut niveau sur des sujets fort sérieux, du Nouveau contrat social au Climat en passant par l'Éthique de l'entreprise, la Finance positive et l'Économie circulaire. Deux journées consécutives se sont ouvertes le matin par une session sur la méditation de pleine conscience : "Mindfulness et économie positive". Un peu de théorie, un peu de pratique. Voilà plusieurs centaines de personnes en train de redresser leur dos, de fermer les yeux, de se concentrer sur l'instant présent et sur les sensations dans leurs chaussettes ! Un sondage à mains levées avait révélé que, dans leur grande majorité, ils n'avaient jamais pratiqué ce type d'exercice qui peut-être leur était inconnu ou qui relevait pour eux du mystique ou du religieux. Tous les âges étaient représentés avec une forte proportion de jeunes et de lycéens. L'instructrice était un ancien cadre de L'Oréal. Un autre intervenant était un médecin spécialiste en neurosciences. On voit que tout cela n'était pas le fait de hippies New Age sortis du formol et des années 70.

Alors quel rapport avec l'économie positive ? Selon eux, se changer soi est nécessaire si l'on veut changer le monde pour le mettre au service des générations futures. Pourquoi pas. Ce n'est pas impossible, l'ambition est belle mais vous conviendrez que c'est un peu théorique. Ce qui est certain, c'est que ce moment, aussi court soit-il, permet de se calmer, de s'intérioriser, de se reconnecter avec soi-même. Dès qu'il est pratiqué quotidiennement, il devient un formidable outil de gestion du stress et une aide à la communication sereine avec les autres. Peut-être pour se transformer soi-même, peut-être pour transformer le monde. Mais sûrement en tout cas, pour transformer sa journée.

Impossible de se lever le matin. Devant le lycée, impossible d'entrer. À l'accueil impossible de monter dans son bureau. Devant son ordinateur, impossible de l'allumer. Adulte, ados, tout le monde est concerné. J'en ai vécu moi-même, j'en ai vu une flopée dans mon entourage. Nausées, vertiges, mal au ventre, dos bloqué, sentiment d'être "vidé", d'être nul… Les symptômes sont variés et depuis quelques années on met un nom dessus : burn-out. Brûlé d'épuisement, consumé de trop de pression, de trop d'angoisse.
La pathologie n'est pas répertoriée par la psychiatrie, on ne sait trop où la classer, à mi-chemin entre le stress et la dépression. Le phénomène est assez nouveau. Cela veut-il dire qu'auparavant on l'appelait autrement ou qu'on la traitait par le mépris ? Que la société ou les individus ont changé ? Que ces derniers ont une moindre tolérance aux contraintes de la première ? Ce qui est sûr c'est qu'il y a nécessité d'une prise en charge : médecin, psy, praticien de médecines énergétiques ou autre. Il est important de mettre des mots sur ce qui se passe, d'améliorer les symptômes dans l'urgence et de commencer à envisager les changements qui s'imposent dans sa vie. Mais comme dans tous les domaines, le mieux est encore la prévention.

Cela peut nous arriver à tous, il faut être vigilant. On a du mal à s'endormir, on n'arrive plus à se reposer, au boulot on ne compte plus ses heures, on saute les repas, on annule le dîner avec les potes, la séance de ciné ou le match de foot… Alerte orange ! On a du mal à se concentrer, on ne se souvient plus de rien, on se met en colère pour un rien, on joue au yo-yo avec ses kilos, on a toujours un rhume, une angine, une bronchite… Alerte rouge !
"Connais-toi toi-même", disaient les anciens. Balades, footing, massages, yoga, Qi Gong… À nous de prendre des rendez-vous avec nous-mêmes, indispensables pour nous intérioriser, respirer, nous détendre… Il devient urgent d'apprendre à écouter et à entendre les messages de notre corps.

Pendant ces dernières vacances j'ai covoituré grâce à Blablacar, beaucoup de mes amis ont loué leur appartement via Airbnb. À la rentrée, j'ai vendu le vieux lit superposé de mes enfants et acheté un lit mezzanine avec Leboncoin.fr. Demain, j'envisage de louer ma voiture à des particuliers par l'intermédiaire de OuiCar et j'encourage tous les parents à vendre et acheter les vêtements de leurs bambins d'occasion sur Percentil. Selon le Baromètre Sofinco, en 2013, 43% des Français ont testé l’achat d’occasion et 81% des personnes interrogées pensaient le faire en 2014. Il s'agit d'une tendance lourde.

À quoi bon voyager en voiture avec des places vides quand on peut accueillir à bord des passagers qui contribuent aux dépenses du trajet et peuvent s'avérer sympathiques et intéressants ? Pourquoi faire partir en déchetterie des meubles qui ont fait leur temps mais qui peuvent servir à d'autres pendant encore de nombreuses années ? Quel est l'intérêt de laisser au parking une voiture qui sert trois fois par mois alors qu'elle peut dépanner les voisins ? À l'arrivée il n'y a que des gagnants : le vendeur, le loueur, l'acheteur, l'intermédiaire… Et la planète. Tous ces sites favorisent des rencontres, font gagner de l'argent à tout le monde et évitent le gaspillage.
L'économie collaborative a de beaux jours devant elle…

 

C'est l'été. On voyage. Il y a bien-sûr le voyage à l'autre bout du monde qui ne laisse pas de former notre éternelle jeunesse. Mais tout le monde n'a pas la chance de pouvoir prendre l'aéroplane pour traverser la planète à grand renfort de kérosène. Il y a le voyage de proximité avec la richesse et la diversité des paysages de la France. Et toujours le voyage intérieur qui peut nous emporter très loin à la rencontre de nous-mêmes. On peut aussi se rendre dans les salles obscures où des cinéastes nous font faire des voyages parfois bouleversants de dépaysement et d'émotions.

C'est le cas avec Kumbh Mela, Sur les rives du fleuve sacré, un documentaire de Pan Nalin qui vient de sortir dans les salles de cinéma. Durant un peu moins de deux heures nous voilà plongés au cœur de l'Inde à l'occasion d'une grande fête religieuse qui se produit tous les 12 ans. En 2013, pendant un mois et demi, une centaine de millions de fidèles s'est rassemblée au confluent du Gange et de la rivière Yamuna, au Nord-Est du pays. Vous avez bien lu : une centaine de millions ! On est d'abord ahuri par la dimension de l'événement, la densité humaine, l'étendue de l'espace festif, la ferveur de cette foule baroque et bigarrée composée de jeunes, de vieux, de riches, de pauvres, de fumeurs de ganja, de ceux qui vivent dans le monde, villageois ou hommes d'affaires et de ceux qui y ont renoncé, ascètes, sadhus, babas ou mahatmas…

Certains spectateurs pourraient prendre ombrage de cette ferveur qui peut être perçue, surtout si l'on est peu familier avec la culture indienne, comme du fanatisme ou de l'obscurantisme. Heureusement le réalisateur ne cède ni à la facilité d'un lyrisme spiritualisant ni à celle d'une approche sociologique des pesanteurs de la société de castes. Il suit des personnages atypiques, drôles et craquants : ce môme fugueur de 10 ans qui sympathise avec les policiers et hésite entre devenir maffieux ou ascète, ce yogi ayant adopté un bébé qu'il couve en véritable papa-poule, ces parents à la recherche de leur fils perdu… Et c'est l'humain au final qui émerge de cet entrelacs.
Le Kumbh Mela est considéré comme le plus grand rassemblement sur terre. Ce serait dommage de passer à côté.

Les usagers pragmatiques, de plus en plus nombreux, des médecines alternatives et complémentaires se désintéressent depuis longtemps des débats sans fin sur la validité scientifique des pratiques qu'il leur arrive d'adopter. Il leur suffit que ça marche, si ça marche.
À quoi bon s'interroger sur le mode de fonctionnement de l'homéopathie si Arnica 7CH évite les hématomes après un choc ou si Chamomilla 5CH soulage les douleurs dentaires de bébé ? À quoi bon questionner la science sur l'existence des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise, si l'on sort de chez son acupuncteur guéri de ses migraines ou de ses spasmes intestinaux ? Quel est l'intérêt de savoir comment agit le magnétiseur s'il parvient à soulager les douleurs du grand brûlé ?
Les ayatollahs de la médecine conventionnelle vont nous dire que c'est l'effet placebo qui joue : qu'à cela ne tienne, vive l'effet placebo s'il permet de soigner !

Mais il y a une part de notre esprit qui se sent confortée par les explications cartésiennes et les études scientifiques, trop rares, qui mettent en lumière l'efficacité des disciplines que j'ai mentionnées plus haut.
C'est pourquoi il ne fallait pas manquer sur France 5 la diffusion de l'excellent documentaire sur les travaux du professeur Luc Montagnier, biologiste virologue, prix Nobel 2008 pour la découverte du virus du Sida. Heureusement pour les retardataires, l'émission est maintenant visible sur le web. Son titre : "On a retrouvé la mémoire de l'eau". Et oui, la mémoire de l'eau, le retour ! Depuis les années 1990 on nous avait dit pis que pendre des travaux de Jacques Benveniste et ses détracteurs n'avaient pas de mots assez durs à son endroit. Il aura fallu qu'un prix Nobel reprenne le flambeau pour que le fait scientifique soit en passe d'être établi : l'eau garde en mémoire la trace électromagnétique d'une molécule alors même que celle-ci a disparu à la suite de dilutions successives. Cette trace peut même être numérisée, envoyée par e-mail et reconstituée par transmission à un autre volume d'eau.

Les conséquences sont importantes, notamment en matière médicale. Si ces travaux sont confirmés, le dogme sacrosaint "pas de molécule, pas d'effet possible" fera partie des croyances du passé. Luc Montagnier en tire les conclusions : "le jour où l'on admet que les ondes peuvent agir, on peut agir par les ondes et donc traiter par les ondes. C'est un nouveau domaine de la médecine qui fait peur à l'industrie pharmaceutique. C'est encore très empirique mais un jour tout ceci sera établi et on pourra traiter des cancers par les ondes". En passant, on aura validé scientifiquement l'homéopathie et les médecines énergétiques. On comprend l'importance des enjeux.
Il est toujours intéressant de suivre les progrès de la science.

Franck ArguillèreIl y a parfois des convergences étonnantes. La semaine dernière l'ONG Réseau Environnement Santé (RES) alertait la presse sur la première place mondiale de la France pour l'incidence des cancers hormono-dépendants et masculins. RES s'interroge sur le déni existant en France sur cette question et sur l'absence de recherche notamment en matière de perturbateurs endocriniens qui seraient, selon lui, "l'hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer l'origine des cancers hormono-dépendants". Les pesticides, qui figurent en bonne place parmi les perturbateurs endocriniens, se retrouvent cette semaine à la une dans une étude américaine en corrélation avec l'autisme (voir : Autisme : les pesticides mis en cause) et le même jour 50 experts de 15 nationalités pointent du doigt certains insecticides comme responsables de la diminution des populations d'insectes pollinisateurs, menaçant par là la production agricole (voir : Le déclin massif des insectes menace l'agriculture).

C'est le moment qu'ont choisi des agriculteurs mobilisés par la FNSEA pour venir manifester à Paris. Parmi leurs cibles figurent le projet de loi visant à interdire l'épandage des pesticides à proximité des écoles et des crèches. Cherchez l'erreur. On se frotte les yeux, d'autant que la plupart de ceux qui vont dans les écoles et les crèches proches des zones concernées par les épandages sont justement… des enfants d'agriculteurs. Et que ce sont donc ces derniers qui sont susceptibles d'être touchés par l'autisme, les cancers hormono-dépendants, et les productions agricoles de leurs parents par la raréfaction des insectes pollinisateurs. Logiquement, les agriculteurs devraient être les premiers à se mobiliser et au minimum à exiger des études plus poussées sur ces questions. Ou alors la France serait-elle également à la première place en matière de déni ?