TOUS LES ÉDITOS

Franck Arguillère"Ton truc, c'est du placebo". Cette phrase je l'ai entendue des centaines de fois. Le truc pouvant être un médicament homéopathique, un complément alimentaire ou un soin énergétique, le mot "placebo" vient ici sanctionner le manque de sérieux de l'affaire en question. "Mais enfin le principal c'est d'y croire…" arrive généralement après, marquant la touche de condescendance de l'interlocuteur vis-à-vis de ce qu'il considère comme du charlatanisme antiscientifique.

Pour ma part je n'ai jamais considéré que l'effet placebo puisse minorer la valeur d'un médicament ou d'un acte thérapeutique. Je me souviens que mon père, pharmacien, préparait sur prescription d'un médecin des pilules de sucre sans aucun principe actif pour une dame qui s'en trouvait fort bien soignée. Il considérait que cela faisait partie de son métier et qu'il ne fallait pas négliger l'effet placebo.

Martin Winkler expliquait il y a une dizaine d'années sur France-Inter que quand on se sent guéri d'un mal de crâne dix minutes après avoir pris une aspirine, il s'agit d'un effet placebo. Au bout de dix minutes l'aspirine est encore dans l'estomac, son principe actif n'a pas eu le temps d'entrer en action. Le principal c'est de ne plus avoir mal au crâne : de la même manière que les malades atteints d'affections psychosomatiques ne sont pas des malades imaginaires mais de vrais malades, les patients guéris par l'effet placebo ne sont pas des guéris imaginaires…

Aujourd'hui, il existe des études très pointues sur l'effet placebo. On s'est rendu compte que le fait de croire déclenche dans le cerveau une riposte chimiquement mesurable. Le cerveau a cette capacité merveilleuse de pouvoir fabriquer tout seul le médicament interne qui lui semble adapté à la situation.
Mais alors comment se fait-il qu'il ne le fabrique pas à tous les coups ? Plusieurs paramètres semblent entrer en jeu : notre envie, notre capacité à croire en nous et en notre guérison, l'attitude du thérapeute et… la force de conviction du système thérapeutique que l'on choisit.
À cet égard la médecine allopathique a, depuis plus d'un siècle, sous le couvert de la science occidentale, régné avec hégémonie sur le "story telling" médical. Mais depuis quelques dizaines d'années, les abus de l'industrie pharmaceutique avec des scandales sanitaires à répétition ont sérieusement ébranlé sa position dominante. D'autres systèmes cohérents (et convaincants) émergent aujourd'hui, de l'homéopathie à l'aromathérapie en passant par les différentes médecines traditionnelles orientales.
Et comme plus on y croit, plus notre cerveau sera enclin à déclencher un bel effet placebo, n'hésitons pas à y croire ! 

Franck ArguillèreTrouver parmi les grands évènements médiatiques de 2013 des faits d'actualité encourageants pour l'humanité relève du challenge. Mais comme mon état d'esprit résolument positif ne recule devant rien, voici donc mon "bilan zen" de l'année passée…

On peut se réjouir d'avoir vu en 2013 un pape plutôt social et tolérant succéder à un prélat frileux, un président iranien plutôt ouvert succéder à un idéologue fanatique. L'adoption en France du mariage pour tous a ouvert un droit à une minorité qui en était exclue. Elle a donc contribué à faire progresser le respect de la différence si l'on considère, comme je le crois, que le baroud médiatique des opposants à la loi provenait de groupuscules bruyants mais ultraminoritaires.
On peut se réjouir également de la libération de nombreux otages : Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, les quatre Français travaillant pour Areva, Francis Collomp et le père Georges Vandenbeusch, libéré le 31 décembre, juste à temps pour figurer dans cette liste.

Satisfaction toute relative concernant les catastrophes naturelles : certes leur bilan économique et humain est inférieur à celui de 2012, selon l'estimation de l'assureur Swiss Re, mais au total 25 000 personnes ont encore perdu la vie cette année en raison de ces catastrophes : le Typhon Haiyan au Philippines, terriblement meurtrier, mais aussi les inondations en Europe centrale, orientale et au Canada en juin, les tempêtes aux États-Unis, en Allemagne, au Danemark, en Grande Bretagne…

Malheureusement rien en vue du côté de la prise de conscience écologique des autorités au niveau mondial : l'échec de la Conférence de Varsovie montre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire de ce côté là.
Enfin, si la mort d'un homme n'a rien de réjouissant, celle de Nelson Mandela a eu le mérite de rappeler qu'il est des valeurs qui élèvent l'être humain : celles du pardon et de la réconciliation. Ses funérailles ont été un moment de communion marqué une fois de plus par un brillant discours de Barack Obama. Il est donc logique de laisser Madiba conclure ce "bilan zen" : "Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres".

Franck ArguillèreDonc nous arrêterons de manger du grenadier, de la lingue bleue et du sabre noir… Les trois seules espèces de poisson issues des eaux profondes qu'on trouve dans le commerce et qui sont issues d'un mode de pêche pour le moins controversé…

L'affaire n'a pas défrayé la chronique, malgré la bande dessinée de Pénélope Bagieu qui a fait du bruit sur la toile (du buzz sur le net, comme on dit). Il faut dire que la mort de Mandela, c'est de la grosse concurrence, niveau médias.
Selon les associations écologistes, notamment Bloom et sa directrice Claire Nouvian qui a été très en pointe sur la question, le chalutage en eaux profondes est une calamité pour les fonds marins dont on ne connaîtrait que 1 % de la biodiversité. De plus ce type de pêche est tellement peu rentable qu'il n'est possible que grâce à des subventions européennes, versées aux 11 navires (seulement !) qui le pratiquent et dont 6 appartiennent… au groupe Intermarché. Et pourtant des alternatives, il y en a ! La pêche à la palangre (longue ligne avec des hameçons) permet elle aussi de pêcher en eaux profondes, elle est moins destructrice et plus créatrice d'emplois.

Malheureusement, saisi d'un projet d'interdiction du chalutage en eaux profondes, le Parlement européen n'a pas fait preuve de la même clairvoyance que pour la réforme de la règlementation sur les travailleurs détachés. Il vient de rejeter le projet d'une courte majorité (342 voix contre 326). Honte à nous : la France est l'un des deux pays qui ont défendu cette forme de pêche !

Nous allons donc tranquillement nous détourner du grenadier, de la lingue bleue et du sabre noir. Nous allons privilégier Casino et Carrefour qui ont annoncé qu'ils ne commercialiseraient plus de poissons issus des eaux profondes. C'est notre pouvoir à nous, consommateurs, de diriger notre choix vers ce qui nous semble acceptable en terme d'éthique… Nous votons tous les jours avec notre porte-monnaie et nous pouvons décider de condamner une pêche qui est, comme l'affirme Philippe Germa, directeur du WWF-France, "criminelle au regard de la biodiversité".

Franck Arguillère"Parce que vous y croyez, vous, au bio ?" Il m'arrive encore, comme à vous sûrement, d'entendre ce genre de réflexion. C'est une phrase un peu désarmante parce qu'elle campe le sujet d'emblée sur la question de la croyance. On ne peut pas décemment répondre "j'y crois pas". Mais si on répond "ben oui, j'y crois", ça y est, on est dans la profession de foi, quasi mystique, immédiatement catalogué comme le crédule de service qui gobe tout ce que disent les médias. En filigrane, la théorie du complot n'est pas loin : il faudrait être vraiment stupide pour croire tout ce que "on" nous dit. Qui serait assez naïf pour ne pas flairer l'arnaque, voir que "on" colle le label bio sur n'importe quel produit ? "On" multiplie le prix par deux et "on" prend les consommateurs (ceux qui y croient, justement) pour des pigeons…

Alors face au dilemme, comme je ne suis pas croyant, je propose de tenter : "c'est pas la question d'y croire, j'constate."
Et c'est un fait, quand on est un peu renseigné sur la question (ce qui est le cas quand, comme vous, on lit régulièrement Vie Saine Et Zen) on constate que :
- toutes les analyses scientifiques de produits bio en laboratoire montrent que ces derniers sont fiables à plus de 98 %, témoin la publication des relevés de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour 2012 ou les tests récents de Que Choisir qui montraient que les vins bios contenaient des quantités non mesurables de pesticides, à l'état de traces ;
- les consommateurs bio ne sont pas des bobos et représentent 7 % de la population (étude Nutrinet) ;
- des dizaines de milliers d'agriculteurs en France (autour de 25 000) se cassent le tronc depuis des dizaines d'années pour fournir des produits d'excellence ; ils sont contrôlés chaque année et au moindre hiatus le label leur est retiré ;
- le bio, c'est bon pour l'environnement, tout le monde l'admet, mais aussi pour la santé : les fruits et légumes bio contiennent plus d'antioxydants et la science reconnaît depuis des années maintenant le rôle des antioxydants dans l'immunité et la longévité.

Cela dit, justement parce qu'on n'est pas croyant, il n'est pas interdit d'être lucide. On peut aussi constater qu'il vaut mieux être méfiant sur :
- les produits importés qui peuvent ne pas répondre aux mêmes exigences que les produits européens ;
- les produits transformés dont la qualité dépend des produits de base mais aussi du savoir-faire de l'artisan ou de l'industriel.
Et surtout : manger bio ne veut pas dire avoir un bon équilibre alimentaire ! Mais se préoccuper de la qualité de ce qu'on mange est une bonne entrée en matière…
On n'est pas forcé d'y croire. Il suffit d'essayer et de constater.

Franck ArguillèreUn traitement sans médicament, accessible à tous, même aux plus démunis… Il ne s'agit pas là d'une promesse électorale, d'une utopie mystique ou sociale. C'est une réalité. Ça s'appelle l'acupuncture. Saviez-vous que depuis 1992, il existe une ONG, Acupuncture sans Frontières (ASF), qui conduit une quinzaine de missions par an dans le monde, en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…? Saviez-vous que les animateurs de cette organisation ne se prennent pas pour Zorro ? Apparemment ils agiraient en tentant de laisser de côté l'orgueil messianique du thérapeute ou de l'acteur humanitaire. Et en plus ils avouent qu'ils y prennent du plaisir !
Moi non plus, je ne savais pas. Les médias relayent peu ce genre d'initiative. Il a fallu que j'aille à Aix-en-Provence le week-end dernier pour assister au 3e Congrès National de Médecine Traditionnelle Chinoise (qui, au passage, en réunissant plus de 500 participants, est devenu cette année la 2e manifestation de cette ampleur en Europe), pour que j'apprenne l'existence d'ASF.

Philippe Annet, le fondateur, y a raconté une anecdote importante pour lui : une rencontre avec une petite fille malienne de deux ans qui souffrait d'un abcès de la bouche l'empêchant de manger et de boire et qui était promise à une mort certaine. En bon sauveur de l'humanité, il était allé acheter un antibiotique à 15 €, avait mis fin aux souffrances de la gamine et lui avait ainsi sauvé la vie. Il avait disparu le lendemain, appelé vers d'autres cieux, et avait réalisé un peu plus tard que 15 € représentaient un an de revenu pour le père de cet enfant. Partant d'un bon sentiment, ce geste instinctif avait été fait sans lien avec la famille, l'environnement social et culturel. Il juge aujourd'hui ce geste : artificiel et finalement monstrueux.

Quelques aiguilles stérilisables, un peu de matériel pédagogique, des enseignants bénévoles, quelques billets d'avion… Et voilà de quoi assister les populations en souffrance de manière efficace, peu coûteuse et respectueuse ! Philippe Annet exclut bien-sûr les périodes de crise, guerre, typhon ou tsunami, "où il faut sortir la grosse artillerie". Mais beaucoup de besoins existent en dehors de ces configurations exceptionnelles.
L'intérêt de l'acupuncture ? Elle est préventive et curative, elle répond à 60 % des besoins de soins. Elle permet de suivre les patients sur plusieurs consultations, de se passer de médicaments souvent rares et chers, et d'entamer un dialogue avec des médecines locales souvent dévalorisées par la science occidentale. "Acupuncture" et non "acupuncteurs" sans frontières : il s'agit d'aller donner une formation de base à des soignants locaux (médecins, infirmiers, assistants sanitaires, sages-femmes) et d'assurer le suivi de cette formation au cours des années suivantes.

Un documentaire de David Houbrechts, avec des images magnifiques, montre la réalité de cette initiative qu'il est important de soutenir : "L'hôte et l'invité, l'acupuncture humanitaire". En voici la bande-annonce. À ne pas manquer.

Franck ArguillèrePollueur ? Payeur. C'est un principe qu'on évoque souvent, le fameux principe "du pollueur payeur". Ça sonne bien. L'idée s'est imposée à l'heure des premiers pas de l'écologie au début des années 1970. Quelques années auparavant, le gouvernement de l'époque envisageait une loi pour que les trublions qui pendant les manifs cassaient les vitrines et le mobilier urbain remboursent les dégâts qu'ils avaient commis. "Les casseurs seront les payeurs", disaient-ils. Mais finalement la société a pris conscience que les pollueurs font plus de casse que les groupuscules minuscules. On est donc passé au principe peu discutable et peu discuté que "les pollueurs seront les payeurs". Adopté par l'OCDE en 1972, il figure dans l'Acte Unique européen de 1986 et est inscrit en France dans le code de l'environnement.

Du reste, dans certains cas, les pollueurs ont fini par payer, notamment à l'issue du procès de l'Erika. Quand il s'agit d'un armateur sans scrupule ou d'une multinationale du pétrole, tout le monde trouve ça légitime. Surtout les bretons qui se retrouvent justement indemnisés à la suite des catastrophes qu'ils ont subies. Mais quand il s'agit des industriels de la même région, ça coince. Pollueurs ceux qui utilisent des flottes de camions qui roulent au diesel ? Oui. Il est aujourd'hui avéré que le diesel est cancérigène. Du reste le malus à l'achat d'une voiture polluante est couramment admis.

L'écotaxe, une taxe sur le transport routier qui n'est rien d'autre qu'une fiscalité légère et incitative, vient de susciter des mouvements de protestation accompagnés d'une violence incompréhensible. Manifestement le problème est ailleurs. Comme dit José Bové, l'agriculture bretonne est un "modèle hors sol" qui "a pollué les eaux, les campagnes et souillé les côtes d’algues vertes." L'élevage intensif de porc est à bout de souffle et ne répond à aucune logique à long terme. "Plus de 750 000 porcs produits en Bretagne roulent plus de 2 000 kilomètres dans des conditions déplorables pour être abattus dans des usines installées dans le nord de l’Allemagne…"
Et hop ! On abandonne l'écotaxe en rase campagne.
Pollueur payeur ? Pour ce qui est de la mise en pratique, on en est encore loin.

Franck Arguillère"Pas d'effet avéré pour la santé", dit l'Anses (Autorité nationale de sécurité sanitaire) qui vient de remettre son rapport sur les ondes magnétiques. Ouf !
Pourtant, si on regarde dans le détail, on voit que l'étude recommande "des mesures simples qui peuvent être mises en œuvre afin de limiter l'exposition individuelle aux ondes, notamment pour les publics les plus jeunes, enfants et jeunes adolescents : l'usage modéré du téléphone ; l'utilisation des kits oreillettes mains-libres et de terminaux ou autres équipements dont le débit d'absorption spécifique (DAS) est le plus faible". Quant aux ministres de référence, ils assurent "travailler sur (…) des mesures de prévention quant à l'utilisation des téléphones mobiles".
Donc pas ouf ! Vous avez bien compris : il n'y a pas de danger mais il vaut mieux faire comme s'il y en avait.

À la suite du rapport de l'Anses, Dominique Belpomme, cancérologue, membre de l'ARTAC (Association de recherche thérapeutique anti-cancéreuse) déclare sur France-Info : "Au plan international, il y a une idée forte et non remise en doute par les scientifiques qui travaillent de façon indépendante : les champs électromagnétiques sont néfastes pour la santé".
Les risques ? Alzheimer et cancers du cerveau. "Nous savons pertinemment que les champs électromagnétiques lorsqu'utilisés de façon prolongée et intensive génèrent des maladies d'Alzheimer chez des sujets âgés mais aussi des sujets jeunes, et y compris chez certains adolescents". Quant au cancer du cerveau : "C'est l'étude Interphone qui le dit : si vous avez moins de 20 ans et que vous utilisez un téléphone portable plus d'une heure par jour pendant 5 à 10 ans, vous avez un risque multiplié par 5 de tumeur au cerveau".

Quant au rapport de l'Anses, Dominique Belpomme est assez direct : "Ces rapports serviront de toute façon à enrichir les poubelles de l'Histoire. Ils n'ont aucun intérêt puisque le premier rapport de l'Anses disait tout simplement qu'il n'y avait aucun risque".

Deux choses sont préoccupantes dans cette histoire. D'une part nous sommes manifestement, avec l'impact des ondes électromagnétiques, devant un véritable problème de santé publique. D'autre part, plus que jamais, en France, nous avons besoin en matière de sécurité sanitaire d'une autorité indépendante que l'Anses sera bien en mal d'incarner à l'avenir.

Franck ArguillèreÇa ne s'arrange pas ! D'ici la fin du siècle : finie la banquise, montée des océans de 26 à 98 cm avec une facture de mille milliards de dollars chaque année, rien que pour les inondations ! Les experts du GIEC qui viennent de rendre leur copie confirment le diagnostic : le dérèglement climatique, s'il n'est pas maîtrisé, aura des conséquences alarmantes pour l'humanité.
À la lecture de leurs conclusions, quelqu'un a déclaré : "Ceux qui refusent de croire la science ou préfèrent les excuses plutôt que l'action jouent avec le feu." De qui s'agit-il ? Nicolas Hulot ? Non, John Kerry, le Secrétaire d'État américain.

Pendant ce temps, Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale et auteur du fameux rapport éponyme, prépare un nouveau document pour montrer qu'on peut concilier bonnes performances économiques et bonne politique climatique.
La démonstration est sans appel, la sagesse est du côté des alternatives, la folie du côté du court-termisme actuel qui coûtera cher aux jeunes générations.

Nous verrons si nos gouvernements en tireront les conséquences logiques mais il y a fort à parier que, sans une véritable pression de l'opinion publique, ils choisiront l'esquive une fois de plus.
On dit cette opinion publique peu mobilisée ces temps-ci. Selon les observateurs, elle serait plutôt préoccupée par la crise et les problèmes d'intendance. Les observateurs se trompent souvent. Quand le feu couve, il suffit parfois d'une étincelle…

Franck ArguillèreC'est un serpent de mer et il ressort régulièrement, le voici, le voilà, le déficit de la Sécurité Sociale ! D'après le rapport annuel de la Cour des Comptes qui vient d'être publié, la version de cette année serait deux fois supérieure aux déficits de 2006-08. Mais rassurons-nous : "sans dégrader la qualité des soins, les marges d'efficience et d'économies apparaissent considérables." Tiens, tiens ! On l'avait tous remarqué et, même chez les énarques de la rue Cambon, ça s'est vu !

Où sont-elles ces "marges d'efficience et d'économies" ? Très relayée dans les médias, la hauteur excessive des frais d'optique serait particulièrement dans le collimateur cette année. Et quoi d'autre ? La réorganisation du système hospitalier, si elle n'est pas prétexte à aggraver les déserts médicaux dans les régions, a tout pour nous plaire. Le développement de la chirurgie ambulatoire et de l'hospitalisation à domicile constitue un progrès pour nous, les patients, qui, d'une manière générale, préférons rester chez nous.
Nous sommes sensibles également à l'explosion des dépenses d'analyses médicales qui pose notamment la question des dépistages systématiques. On sait que ces derniers n'ont pas d'impact sur l'incidence des maladies et qu'ils ne font que nous inquiéter pour rien.

En revanche il est regrettable qu'on ne trouve pas un mot dans ce rapport sur deux questions essentielles :
- l'encouragement nécessaire à l'information des patients qui deviennent de plus en plus, qu'on le veuille ou non, acteurs de leur santé ;
- le développement de la prévention avec une reconnaissance du rôle des médecines alternatives et complémentaires (MAC). Les MAC ont une efficacité avérée dans la plupart des affections chroniques et elles évitent dans bien des cas le déclenchement de pathologies lourdes. Ce qui fonctionne et qui est mis en place petit à petit dans la plupart des services de cancérologie pourrait fonctionner a fortiori pour des pathologies plus légères : des parcours coordonnés autour du médecin traitant avec des kinésithérapeutes, des ostéopathes, des homéopathes, des praticiens de médecines traditionnelles (chinoise et autres), des naturopathes, des sophrologues, des psys…
Information + prévention = moindre consommation de médicaments et de prestations hospitalières.
Voilà de substantielles "marges d'efficience et d'économies" !

Franck ArguillèreNous avons aimé contempler la nature, les couchers de soleil sur la mer et les étoiles filantes dans le ciel. Nous avons aimé parcourir d'autres villes, visiter du roman, du gothique, toucher les vieilles pierres de villages anciens. Nous avons aimé découvrir de nouvelles boutiques, écumer des marchés de paysans et déguster des vins de terroirs inconnus. Nous avons aimé mouiller d'eau salée notre peau, plonger dans la tiédeur marine et, après le bain, sentir notre corps s'enfoncer dans le sable. Nous avons aimé jouer aux cartes, à la pétanque, au beach-volley. Nous avons aimé ne rien faire. Nous avons été enivrés de nouvelles sensations. Nous avons croisés de nouveaux regards. Nous avons faits des rencontres éphémères ou porteuses d'avenir...

Et nous voici en train de reprendre le fil de nos activités professionnelles, de nos projets, de nos hobbies. Nous réorganisons les emplois du temps, les courses, la maison. Nous faisons le tri des vieilles fringues, des papiers périmés, des objets superflus. Nous retrouvons nos amis, nos collègues, nos proches…

J'aime les vacances et je kiffe la rentrée. Pas vous ?