TOUS LES ÉDITOS

Franck Arguillère"Parce que vous y croyez, vous, au bio ?" Il m'arrive encore, comme à vous sûrement, d'entendre ce genre de réflexion. C'est une phrase un peu désarmante parce qu'elle campe le sujet d'emblée sur la question de la croyance. On ne peut pas décemment répondre "j'y crois pas". Mais si on répond "ben oui, j'y crois", ça y est, on est dans la profession de foi, quasi mystique, immédiatement catalogué comme le crédule de service qui gobe tout ce que disent les médias. En filigrane, la théorie du complot n'est pas loin : il faudrait être vraiment stupide pour croire tout ce que "on" nous dit. Qui serait assez naïf pour ne pas flairer l'arnaque, voir que "on" colle le label bio sur n'importe quel produit ? "On" multiplie le prix par deux et "on" prend les consommateurs (ceux qui y croient, justement) pour des pigeons…

Alors face au dilemme, comme je ne suis pas croyant, je propose de tenter : "c'est pas la question d'y croire, j'constate."
Et c'est un fait, quand on est un peu renseigné sur la question (ce qui est le cas quand, comme vous, on lit régulièrement Vie Saine Et Zen) on constate que :
- toutes les analyses scientifiques de produits bio en laboratoire montrent que ces derniers sont fiables à plus de 98 %, témoin la publication des relevés de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour 2012 ou les tests récents de Que Choisir qui montraient que les vins bios contenaient des quantités non mesurables de pesticides, à l'état de traces ;
- les consommateurs bio ne sont pas des bobos et représentent 7 % de la population (étude Nutrinet) ;
- des dizaines de milliers d'agriculteurs en France (autour de 25 000) se cassent le tronc depuis des dizaines d'années pour fournir des produits d'excellence ; ils sont contrôlés chaque année et au moindre hiatus le label leur est retiré ;
- le bio, c'est bon pour l'environnement, tout le monde l'admet, mais aussi pour la santé : les fruits et légumes bio contiennent plus d'antioxydants et la science reconnaît depuis des années maintenant le rôle des antioxydants dans l'immunité et la longévité.

Cela dit, justement parce qu'on n'est pas croyant, il n'est pas interdit d'être lucide. On peut aussi constater qu'il vaut mieux être méfiant sur :
- les produits importés qui peuvent ne pas répondre aux mêmes exigences que les produits européens ;
- les produits transformés dont la qualité dépend des produits de base mais aussi du savoir-faire de l'artisan ou de l'industriel.
Et surtout : manger bio ne veut pas dire avoir un bon équilibre alimentaire ! Mais se préoccuper de la qualité de ce qu'on mange est une bonne entrée en matière…
On n'est pas forcé d'y croire. Il suffit d'essayer et de constater.

Franck ArguillèreUn traitement sans médicament, accessible à tous, même aux plus démunis… Il ne s'agit pas là d'une promesse électorale, d'une utopie mystique ou sociale. C'est une réalité. Ça s'appelle l'acupuncture. Saviez-vous que depuis 1992, il existe une ONG, Acupuncture sans Frontières (ASF), qui conduit une quinzaine de missions par an dans le monde, en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…? Saviez-vous que les animateurs de cette organisation ne se prennent pas pour Zorro ? Apparemment ils agiraient en tentant de laisser de côté l'orgueil messianique du thérapeute ou de l'acteur humanitaire. Et en plus ils avouent qu'ils y prennent du plaisir !
Moi non plus, je ne savais pas. Les médias relayent peu ce genre d'initiative. Il a fallu que j'aille à Aix-en-Provence le week-end dernier pour assister au 3e Congrès National de Médecine Traditionnelle Chinoise (qui, au passage, en réunissant plus de 500 participants, est devenu cette année la 2e manifestation de cette ampleur en Europe), pour que j'apprenne l'existence d'ASF.

Philippe Annet, le fondateur, y a raconté une anecdote importante pour lui : une rencontre avec une petite fille malienne de deux ans qui souffrait d'un abcès de la bouche l'empêchant de manger et de boire et qui était promise à une mort certaine. En bon sauveur de l'humanité, il était allé acheter un antibiotique à 15 €, avait mis fin aux souffrances de la gamine et lui avait ainsi sauvé la vie. Il avait disparu le lendemain, appelé vers d'autres cieux, et avait réalisé un peu plus tard que 15 € représentaient un an de revenu pour le père de cet enfant. Partant d'un bon sentiment, ce geste instinctif avait été fait sans lien avec la famille, l'environnement social et culturel. Il juge aujourd'hui ce geste : artificiel et finalement monstrueux.

Quelques aiguilles stérilisables, un peu de matériel pédagogique, des enseignants bénévoles, quelques billets d'avion… Et voilà de quoi assister les populations en souffrance de manière efficace, peu coûteuse et respectueuse ! Philippe Annet exclut bien-sûr les périodes de crise, guerre, typhon ou tsunami, "où il faut sortir la grosse artillerie". Mais beaucoup de besoins existent en dehors de ces configurations exceptionnelles.
L'intérêt de l'acupuncture ? Elle est préventive et curative, elle répond à 60 % des besoins de soins. Elle permet de suivre les patients sur plusieurs consultations, de se passer de médicaments souvent rares et chers, et d'entamer un dialogue avec des médecines locales souvent dévalorisées par la science occidentale. "Acupuncture" et non "acupuncteurs" sans frontières : il s'agit d'aller donner une formation de base à des soignants locaux (médecins, infirmiers, assistants sanitaires, sages-femmes) et d'assurer le suivi de cette formation au cours des années suivantes.

Un documentaire de David Houbrechts, avec des images magnifiques, montre la réalité de cette initiative qu'il est important de soutenir : "L'hôte et l'invité, l'acupuncture humanitaire". En voici la bande-annonce. À ne pas manquer.

Franck ArguillèrePollueur ? Payeur. C'est un principe qu'on évoque souvent, le fameux principe "du pollueur payeur". Ça sonne bien. L'idée s'est imposée à l'heure des premiers pas de l'écologie au début des années 1970. Quelques années auparavant, le gouvernement de l'époque envisageait une loi pour que les trublions qui pendant les manifs cassaient les vitrines et le mobilier urbain remboursent les dégâts qu'ils avaient commis. "Les casseurs seront les payeurs", disaient-ils. Mais finalement la société a pris conscience que les pollueurs font plus de casse que les groupuscules minuscules. On est donc passé au principe peu discutable et peu discuté que "les pollueurs seront les payeurs". Adopté par l'OCDE en 1972, il figure dans l'Acte Unique européen de 1986 et est inscrit en France dans le code de l'environnement.

Du reste, dans certains cas, les pollueurs ont fini par payer, notamment à l'issue du procès de l'Erika. Quand il s'agit d'un armateur sans scrupule ou d'une multinationale du pétrole, tout le monde trouve ça légitime. Surtout les bretons qui se retrouvent justement indemnisés à la suite des catastrophes qu'ils ont subies. Mais quand il s'agit des industriels de la même région, ça coince. Pollueurs ceux qui utilisent des flottes de camions qui roulent au diesel ? Oui. Il est aujourd'hui avéré que le diesel est cancérigène. Du reste le malus à l'achat d'une voiture polluante est couramment admis.

L'écotaxe, une taxe sur le transport routier qui n'est rien d'autre qu'une fiscalité légère et incitative, vient de susciter des mouvements de protestation accompagnés d'une violence incompréhensible. Manifestement le problème est ailleurs. Comme dit José Bové, l'agriculture bretonne est un "modèle hors sol" qui "a pollué les eaux, les campagnes et souillé les côtes d’algues vertes." L'élevage intensif de porc est à bout de souffle et ne répond à aucune logique à long terme. "Plus de 750 000 porcs produits en Bretagne roulent plus de 2 000 kilomètres dans des conditions déplorables pour être abattus dans des usines installées dans le nord de l’Allemagne…"
Et hop ! On abandonne l'écotaxe en rase campagne.
Pollueur payeur ? Pour ce qui est de la mise en pratique, on en est encore loin.

Franck Arguillère"Pas d'effet avéré pour la santé", dit l'Anses (Autorité nationale de sécurité sanitaire) qui vient de remettre son rapport sur les ondes magnétiques. Ouf !
Pourtant, si on regarde dans le détail, on voit que l'étude recommande "des mesures simples qui peuvent être mises en œuvre afin de limiter l'exposition individuelle aux ondes, notamment pour les publics les plus jeunes, enfants et jeunes adolescents : l'usage modéré du téléphone ; l'utilisation des kits oreillettes mains-libres et de terminaux ou autres équipements dont le débit d'absorption spécifique (DAS) est le plus faible". Quant aux ministres de référence, ils assurent "travailler sur (…) des mesures de prévention quant à l'utilisation des téléphones mobiles".
Donc pas ouf ! Vous avez bien compris : il n'y a pas de danger mais il vaut mieux faire comme s'il y en avait.

À la suite du rapport de l'Anses, Dominique Belpomme, cancérologue, membre de l'ARTAC (Association de recherche thérapeutique anti-cancéreuse) déclare sur France-Info : "Au plan international, il y a une idée forte et non remise en doute par les scientifiques qui travaillent de façon indépendante : les champs électromagnétiques sont néfastes pour la santé".
Les risques ? Alzheimer et cancers du cerveau. "Nous savons pertinemment que les champs électromagnétiques lorsqu'utilisés de façon prolongée et intensive génèrent des maladies d'Alzheimer chez des sujets âgés mais aussi des sujets jeunes, et y compris chez certains adolescents". Quant au cancer du cerveau : "C'est l'étude Interphone qui le dit : si vous avez moins de 20 ans et que vous utilisez un téléphone portable plus d'une heure par jour pendant 5 à 10 ans, vous avez un risque multiplié par 5 de tumeur au cerveau".

Quant au rapport de l'Anses, Dominique Belpomme est assez direct : "Ces rapports serviront de toute façon à enrichir les poubelles de l'Histoire. Ils n'ont aucun intérêt puisque le premier rapport de l'Anses disait tout simplement qu'il n'y avait aucun risque".

Deux choses sont préoccupantes dans cette histoire. D'une part nous sommes manifestement, avec l'impact des ondes électromagnétiques, devant un véritable problème de santé publique. D'autre part, plus que jamais, en France, nous avons besoin en matière de sécurité sanitaire d'une autorité indépendante que l'Anses sera bien en mal d'incarner à l'avenir.

Franck ArguillèreÇa ne s'arrange pas ! D'ici la fin du siècle : finie la banquise, montée des océans de 26 à 98 cm avec une facture de mille milliards de dollars chaque année, rien que pour les inondations ! Les experts du GIEC qui viennent de rendre leur copie confirment le diagnostic : le dérèglement climatique, s'il n'est pas maîtrisé, aura des conséquences alarmantes pour l'humanité.
À la lecture de leurs conclusions, quelqu'un a déclaré : "Ceux qui refusent de croire la science ou préfèrent les excuses plutôt que l'action jouent avec le feu." De qui s'agit-il ? Nicolas Hulot ? Non, John Kerry, le Secrétaire d'État américain.

Pendant ce temps, Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale et auteur du fameux rapport éponyme, prépare un nouveau document pour montrer qu'on peut concilier bonnes performances économiques et bonne politique climatique.
La démonstration est sans appel, la sagesse est du côté des alternatives, la folie du côté du court-termisme actuel qui coûtera cher aux jeunes générations.

Nous verrons si nos gouvernements en tireront les conséquences logiques mais il y a fort à parier que, sans une véritable pression de l'opinion publique, ils choisiront l'esquive une fois de plus.
On dit cette opinion publique peu mobilisée ces temps-ci. Selon les observateurs, elle serait plutôt préoccupée par la crise et les problèmes d'intendance. Les observateurs se trompent souvent. Quand le feu couve, il suffit parfois d'une étincelle…

Franck ArguillèreC'est un serpent de mer et il ressort régulièrement, le voici, le voilà, le déficit de la Sécurité Sociale ! D'après le rapport annuel de la Cour des Comptes qui vient d'être publié, la version de cette année serait deux fois supérieure aux déficits de 2006-08. Mais rassurons-nous : "sans dégrader la qualité des soins, les marges d'efficience et d'économies apparaissent considérables." Tiens, tiens ! On l'avait tous remarqué et, même chez les énarques de la rue Cambon, ça s'est vu !

Où sont-elles ces "marges d'efficience et d'économies" ? Très relayée dans les médias, la hauteur excessive des frais d'optique serait particulièrement dans le collimateur cette année. Et quoi d'autre ? La réorganisation du système hospitalier, si elle n'est pas prétexte à aggraver les déserts médicaux dans les régions, a tout pour nous plaire. Le développement de la chirurgie ambulatoire et de l'hospitalisation à domicile constitue un progrès pour nous, les patients, qui, d'une manière générale, préférons rester chez nous.
Nous sommes sensibles également à l'explosion des dépenses d'analyses médicales qui pose notamment la question des dépistages systématiques. On sait que ces derniers n'ont pas d'impact sur l'incidence des maladies et qu'ils ne font que nous inquiéter pour rien.

En revanche il est regrettable qu'on ne trouve pas un mot dans ce rapport sur deux questions essentielles :
- l'encouragement nécessaire à l'information des patients qui deviennent de plus en plus, qu'on le veuille ou non, acteurs de leur santé ;
- le développement de la prévention avec une reconnaissance du rôle des médecines alternatives et complémentaires (MAC). Les MAC ont une efficacité avérée dans la plupart des affections chroniques et elles évitent dans bien des cas le déclenchement de pathologies lourdes. Ce qui fonctionne et qui est mis en place petit à petit dans la plupart des services de cancérologie pourrait fonctionner a fortiori pour des pathologies plus légères : des parcours coordonnés autour du médecin traitant avec des kinésithérapeutes, des ostéopathes, des homéopathes, des praticiens de médecines traditionnelles (chinoise et autres), des naturopathes, des sophrologues, des psys…
Information + prévention = moindre consommation de médicaments et de prestations hospitalières.
Voilà de substantielles "marges d'efficience et d'économies" !

Franck ArguillèreNous avons aimé contempler la nature, les couchers de soleil sur la mer et les étoiles filantes dans le ciel. Nous avons aimé parcourir d'autres villes, visiter du roman, du gothique, toucher les vieilles pierres de villages anciens. Nous avons aimé découvrir de nouvelles boutiques, écumer des marchés de paysans et déguster des vins de terroirs inconnus. Nous avons aimé mouiller d'eau salée notre peau, plonger dans la tiédeur marine et, après le bain, sentir notre corps s'enfoncer dans le sable. Nous avons aimé jouer aux cartes, à la pétanque, au beach-volley. Nous avons aimé ne rien faire. Nous avons été enivrés de nouvelles sensations. Nous avons croisés de nouveaux regards. Nous avons faits des rencontres éphémères ou porteuses d'avenir...

Et nous voici en train de reprendre le fil de nos activités professionnelles, de nos projets, de nos hobbies. Nous réorganisons les emplois du temps, les courses, la maison. Nous faisons le tri des vieilles fringues, des papiers périmés, des objets superflus. Nous retrouvons nos amis, nos collègues, nos proches…

J'aime les vacances et je kiffe la rentrée. Pas vous ?

Franck ArguillèreHier j'ai reçu un mégot de clope sur mes godasses en marchant dans la rue. Un fumeur a jeté par terre sa cigarette encore allumée, j'arrivais derrière lui… Vous connaissez cette maladie qui consiste à perdre le contrôle de ses sphincters et qui conduit souvent à des pertes urinaires involontaires ? C'est l'incontinence. Et bien il existe une incontinence des fumeurs qui consiste à perdre le contrôle de ses déchets tabagiques, à semer ses cendres et ses mégots à tous vents.

Cela ne concerne pas que les fumeurs : avons-nous gardé le contrôle de nos déchets en général ? L'humanité est-elle devenue incontinente ? La question se pose avec une acuité particulière en cette période de vacances où nous allons nous retrouver à vivre des moments de détente dans des espaces naturels.

D'après la dernière enquête CSA réalisée pour Vacances Propres, nous serions 90 % à déclarer trier nos déchets pendant les vacances. Malheureusement ce qu'on déclare dans les sondages ne correspond pas toujours aux comportements qu'on adopte dans la réalité : près de 33 000 tonnes de déchets sauvages sont retrouvés chaque année en France sur les routes, sur les cours d'eau et sur leurs rives, sur les plages, sur les pistes de montagne…

Mes chaussures ne sont pas des cendriers, l'environnement n'est pas une poubelle… Travaillons à ne pas être des vacanciers incontinents !

Franck ArguillèreRespect, reconnaissance, épanouissement… Trois notions qui expriment le mieux pour les Français la qualité de vie au travail. C'est ce que dit le dernier sondage réalisé par TNS Sofres pour l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) qui anime la 10e semaine d'action sur la question. Quelle qualité de vie ? Les services de bien-être, les crèches et les conciergeries arrivent en dernier dans les critères retenus par les Français. Inutile de biaiser, c'est aux vrais problèmes internes que les dirigeants doivent s'attacher : les conditions de travail, son organisation et son intérêt, sa valeur, son sens.
Pourtant 68 % des personnes interrogées estiment que les choses se sont dégradées au cours des cinq dernières années.

Nous avons tous constaté cette dégradation dans notre vie professionnelle ou dans celle de notre entourage : sous-effectifs chroniques, action des cost killers, pression accrue des dirigeants pouvant aller jusqu'au harcèlement, compétition impitoyable entre salariés parfois à la limite de la guerre ouverte… La crise est bien là et chacun sent la menace de la file d'attente de chômeurs.

Paradoxalement cette situation est contre-productive. Les experts l'affirment : la prise en compte de l'humain est non seulement une nécessité éthique mais aussi un facteur déterminant dans la performance de la boîte. 87 % des salariés ne s'y trompent pas et estiment qu'une bonne qualité de vie profite à la fois à l'entreprise et au salarié.
Respect, reconnaissance et épanouissement seraient donc un passage obligé pour améliorer notre compétitivité qui, comme on nous le serine depuis des mois, en aurait bien besoin !

Franck ArguillèreComme chaque fois, au bout d'une petite heure de cette réunion associative, les sucreries commencent à circuler : viennoiseries, biscuits, brownies, plaquettes de chocolat mais aussi crocodiles gélatineux, nounours à la guimauve… Pourtant autour de la table il n'y a que des adultes. Une trentaine, en grande majorité des femmes. La plupart se servent au passage. L'instant est vécu comme un moment "plaisir". Chacun doit bien sentir que c'est un peu transgressif mais affiche plutôt une certaine fierté de passer outre.

La scène est banale : d'après une étude de 2011, deux tiers des Français ont pris l'habitude de grignoter entre les repas ! Très peu d'entre eux ont conscience qu'ils souffrent en fait d'un trouble alimentaire, une hyperphagie qui n'a rien de dramatique mais qui a deux conséquences préoccupantes : désorganiser le cycle de digestion et faire grimper la dose de sucre quotidienne.

Un naturopathe m'avait expliqué il y a quelques années que, le cycle de digestion étant de deux heures pour les fruits et quatre heures pour les autres aliments, le fait de manger de nouveau avant la fin du cycle donne le signal à l'estomac de tout reprendre à zéro, ce qui perturbe le bon déroulement de la digestion en cours.
Quant à l'index glycémique des aliments grignotés, pas besoin d'être un expert pour savoir qu'il explose les compteurs. Sans parler des colorants, conservateurs et autres cochonneries qui sont le passage obligé des produits de l'industrie agro-alimentaire.

La plupart des experts sont d'accord pour rendre le sucre responsable de l'épidémie de diabète, d'obésité et de cancer que nous vivons actuellement (voir : Ne pas se laisser piéger par le sucre). Et tous les spécialistes de la nutrition sont d'accord : la première chose à faire pour mettre en place un bon équilibre alimentaire est d'arrêter de grignoter.
Ce serait si difficile ? Sans doute. Il y a quelque chose de nerveux, de compulsif, d'addictif, de régressif dans cette frénésie de manger et nos vies ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. Heureusement il y a des trucs qui peuvent aider ! Boire plus d'eau, ne pas oublier de respirer, manger lentement pendant les repas et, si besoin, ajouter une collation à heure fixe dans la journée, de préférence à base de fruits et de graines…
Le jeu en vaut la chandelle, à la clé il y a plus de bien-être, plus d'énergie et une taille de guêpe !