TOUS LES ÉDITOS

Franck ArguillèreUne occasion manquée à Bruxelles ? La réforme de la politique agricole commune (PAC) a finalement été votée le 13 mars dernier au Parlement Européen (c'est une première !) avec au finish une prise en compte a minima des enjeux environnementaux. Le tout dans l'indifférence générale de la presse et des médias français, plus préoccupés par la météo neigeuse que par les décisions qui engagent l'avenir de notre alimentation et de notre santé.
Pourtant le récent scandale de la viande de cheval aurait dû sensibiliser les journalistes et les eurodéputés à la nécessité de renforcer la traçabilité et la qualité des produits que nous mettons dans nos assiettes. Autrement dit, plus que jamais nous avons besoin d'une agriculture durable !

L'enjeu : 50 milliards d’euros soit 42 % du budget total de l'Europe en 2012. De quoi aiguiser l'appétit des lobbies de toutes sortes ! Notamment celui du Copa Cogeca qui représente une soixantaine d’organisations agricoles, dont la FNSEA, et qui compte 120 salariés permanents à Bruxelles. En face, quelques bénévoles des organisations environnementales qui se sont mobilisés pour le verdissement de la PAC. Selon Novethic, le rôle des lobbies a été prépondérant.

Au départ le projet avait pour objectif de conditionner un tiers des subventions directes à la bonne gestion des ressources agricoles avec trois exigences : la diversification des cultures, le maintien des pâturages et la mise en jachère de 7 % des terres pour préserver les haies et autres sources de biodiversité.
Résultat des courses : tout a été détricoté. Par exemple, les mises en jachères ne devront couvrir que 3 % de la surface des exploitations la première année, 5 % la deuxième, et feront l'objet d'une évaluation la troisième.
Les aides directes restent plafonnées à 300 000 €. Il a manqué deux voix pour qu'elles le soient à 200 000 €, comme le demandaient les écologistes. Pour José Bové, "les grosses exploitations continueront à éliminer les plus petites qui les entourent. C'est le feu vert au gigantisme et à une agriculture industrielle".

Les élections européennes sont dans un an. L'occasion était belle pour prendre en compte les préoccupations des consommateurs et montrer à la population que l'Union se préoccupe de l'intérêt général plus que des intérêts particuliers. Dommage !

Franck ArguillèreHeureusement il y a Findus ! Il y a la vache folle ou l'Escherichia coli ! Heureusement le système bugue régulièrement ce qui a pour effet de nous rappeler quelques fondamentaux !

Les plats cuisinés de l'industrie agro-alimentaire sont de nouveau sur la sellette. Dans son numéro de février, le magazine Que Choisir montre le fossé béant qui existe entre la promesse de l'emballage et ce qu'on trouve dans l'assiette. La liste d'ingrédients ne reflète pas la réalité et les fabricants maîtrisent à merveille l'art de brouiller les pistes. Quant au prix, il est en moyenne 2,5 fois plus cher que l'équivalent fait maison, jusqu'à 6 fois pour ce curry de légumes Costes qui coûte 5,92€ contre 0,97€ si on le fait chez soi !

Par ailleurs, l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) ne cesse de dénoncer les effets néfastes sur la santé des doses excessives de sel qu'on trouve dans les préparations industrielles, sans parler des dégâts causés par les conservateurs, les colorants et additifs de touts sortes.

Et voilà qu'aujourd'hui l'actualité pointe l'origine douteuse des produits ! Du cheval à la place du bœuf dans les lasagnes, les moussakas, les hachis parmentier, les pâtes à la bolognaise de chez Findus, Picard, Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix… !
Sur son blog Michèle Rivasi, députée européenne Europe-écologie, nous raconte le circuit aberrant de cette viande : "le groupe Findus (basé en Suède) sous-traitait en effet la fabrication des plats à l’usine luxembourgeoise de Tavola, filiale de Comigel (implanté à Metz), fourni par l’importateur Spanghero (installé à Castelnaudary), qui a acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s’étant fourni auprès d’un abattoir et d’un atelier de découpe situés en Roumanie". Non ce n'est pas un gag.

Qui plus est, selon la députée, "il apparaît vraisemblable que ces chevaux roumains aient été porteurs du virus du sida du cheval. Ont-t-ils été traités au phénylbutazone, un médicament vétérinaire anti-inflammatoire fréquemment utilisé dans l’élevage équin qui présente un risque pour la santé humaine ?".

Il faut appeler un cheval un cheval et un chat un chat : les plats cuisinés, c'est de la malbouffe. Ça coûte cher à notre santé et à notre porte-monnaie.
Heureusement il y a des affaires comme celle-ci pour nous rappeler l'importance de cuisiner chez soi des produits locaux et de saison, de préférence bio et achetés dans les circuits courts ! 

Franck ArguillèreLe débat divise des familles et beaucoup ont vu leurs fêtes de fin d'année gâchées par les disputes à propos du mariage des gays. Preuve que la question remue des choses très profondes chez les partisans comme chez les détracteurs.
C'est qu'il ne faut pas oublier que le mariage est au départ une institution religieuse, transposée assez récemment dans l'arsenal républicain. Il se conjugue avec l'amour éternel et l'accès à la sexualité encadrée, vouée à la procréation. Il est l'acte fondateur d'une famille qui assurera la continuation du clan. Il est vécu comme un rite de passage qui fait accéder l'enfant au monde des adultes. Alors il doit faire l'objet d'une "belle cérémonie" ! On se marie à l'Église même si l'on n'est plus croyant, et l'on exige de la mairie le même faste que chez Monsieur le curé. Même les plus athées veulent que l'instant soit inoubliable, chargé d'émotion, romantique… Sacré.

Et voilà que certains homosexuels (apparemment ils n'ont pas l'air bien nombreux) revendiquent le droit de ne pas rester à la porte de la vénérable institution !
En face, les arguments sont fragiles : le débat sur la PMA est d'une autre nature et reporté à plus tard, celui sur l'adoption est tranché depuis que les célibataires ont le droit d'adopter et que, de fait, de nombreux couples homosexuels élèvent aujourd'hui des enfants. Quant au principe de donner à deux personnes du même sexe le droit d'avoir un projet de vie commun sous une forme contractuelle non discriminante par rapport aux hétérosexuels, peu de gens aujourd'hui le contestent.
Le débat aurait donc pu se passer dans l'indifférence générale, d'autant que la nouvelle loi ne changera la vie que des quelques personnes concernées.

Alors pourquoi tant de violence dans cette opposition ? Il faut se souvenir que la culture judéo-christiano-musulmane condamne fermement l'homosexualité dans ses textes de référence et d'une manière générale infériorise le féminin. Tout ce qui est susceptible d'être pénétré sexuellement est inférieur, dévorateur, dangereux, castrateur. On "n'est pas des gonzesses". On est dans "la haine, la violence, le mépris du féminin et la terreur d'être rattrapé par lui", écrit le psychiatre Serge Hefez.

"Terreur", il s'agit bien de cela et c'est ce qui hystérise le débat. La phobie est une peur dénuée de toute raison. L'homophobie est une peur du féminin et notamment de la part de féminin qu'un homme peut avoir en soi. Et cette peur est effectivement dénuée de toute raison mais elle est bien ancrée dans nos fondations profondes. 

Franck ArguillèreEn 2012, il y a eu en Birmanie l'élection d'Aung San Suu Kyi en tant que députée et son voyage triomphal en Europe, il y a eu en France la gauche au pouvoir, aux Etats-Unis la réélection d'Obama, au Québec la victoire des indépendantistes… Il y a eu le Prix Nobel de la Paix attribué à l'Union Européenne, la découverte du boson de Higgs, l'Oscar du meilleur film pour "The Artist"… Il y a eu la victoire judiciaire pour les victimes de la marée noire causée par l'Erika, le diesel classé cancérogène pour l'homme, l'étude de Seralini sur les OGM qui a secoué le monde scientifique…

Mais en 2012, il y a eu aussi le retour de Poutine au pouvoir en Russie, le recul des printemps arabes en Egypte, en Tunisie, en Lybie, les massacres et le chaos en Syrie, au Mali, la tuerie de Newtown… Il y a eu l'ouragan Sandy, le typhon Bopha, et le rendez-vous manqué de Rio+20 et de Doha.
Je nous souhaite pour 2013 de vivre au mieux le nouveau cocktail d'évènements encourageants et inquiétants qui nous attend et, sans perdre une miette de lucidité, de savoir garder intact notre capacité d'enthousiasme.
Bonne année à vous !

Franck ArguillèreIl était temps ! Pourtant l'un des enjeux n'est autre que notre capacité à assurer notre descendance… Et bien c'est fait ! Le sénat vient de donner son feu vert pour la suspension du Bisphénol A (BPA) dès le mois de janvier prochain dans les contenants alimentaires à destination des nourrissons et des enfants de moins de 3 ans. Pour les autres contenants alimentaires, la suspension interviendra en 2015, le temps de trouver des substituts et de vérifier leur innocuité.

Cela n'a pas fait la une de l'actualité. Il faut dire qu'il y avait d'autres évènements autrement plus importants ! Comme la fin du monde du calendrier maya, par exemple ! Pourtant le BPA et autres phtalates sont des perturbateurs endocriniens qui sont, notamment, sérieusement soupçonnés de faire baisser le nombre de spermatozoïdes chez les hommes. C'est que c'est fragile, ces petites bestioles !
C'est une réalité : les hommes produisent de moins en moins de spermatozoïdes. Selon une étude française citée par Jean-Marc Dupuis dans Santé Nature Innovation, les hommes de trente ans produisaient 102 millions de spermatozoïdes par millilitre en 1975, contre seulement 51 millions/ml en 1992 ! Et la situation continue d'empirer. Or, selon certains, la fertilité diminue dès que l'on passe sous la barre des 55 millions/ml. Et, selon les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en dessous de 15 millions/ml, c'est la stérilité. Les perturbateurs endocriniens ne sont pas seuls en cause mais ils y contribuent.

Le projet de suspension a été voté en première lecture par l'Assemblée Nationale en octobre 2011. Il aura fallu plus d'un an pour que le législateur finalise sa décision. Et le problème n'est pas résolu, car suspension ne veut pas dire interdiction et pendant les deux ans qui viennent il faudra étudier attentivement ce qui va remplacer le BPA et vérifier que le remède ne soit pas pire que le mal. 

Franck ArguillèreVexant, non ? Nous trimballerions sur nous en permanence des produits toxiques ! On a beau être sensibilisé aux questions environnementales, tenter de manger sain et bannir les cosmétiques chimiques sur notre épiderme, on serait quand même porteur de cochonneries… Dans nos vêtements ! C'est ce que nous apprend l'association Greenpeace qui propose à nouveau cette année de détoxifier la mode.
À l'occasion de sa campagne Detox 2012, l'association a testé 20 marques, et découvert que les 20 possèdent dans leur gamme des fringues qui contiennent des substances aux noms barbares et inquiétants. Par exemple des éthoxylates de nonylphénol ou NPE qui ont la faculté, au moment de la fabrication ou du lavage des vêtements, de se répandre dans les eaux usées en se dégradant en nonylphénol (NP), un pertubateur endocrinien qui peut dérégler les fonctions hormonales et entraîner notamment des troubles de la fertilité. Sans parler des colorants azoïques (susceptibles de se dégrader en amines aromatiques cancérigènes) et autres phtalates toxiques.
Sur la sellette, les marques dont les produits contiennent les plus fortes concentrations de NPE : C&A, Mango, Clavin Klein, Zara, Metersbonwe, Jack&Jones et Marks&Spencer.

Huit jours après le début de la campagne, à force de pétitions, flash-mob et interpellations sur les réseaux sociaux, Zara, le premier vendeur de vêtement au monde, a pris l'engagement d’exclure l’ensemble des substances chimiques dangereuses de sa chaîne de production.
L'an dernier c'était Nike, Adidas, Puma, H&M, M&S, C&A et Li-Ning qui prenaient le même engagement.

Espérons que les promesses seront tenues et que les produits de substitution ne seront pas pires que les précédents ! En tout cas, on est satisfait de constater que des lanceurs d'alerte comme Greenpeace peuvent avoir un impact concret en si peu de temps. C'est vrai qu'on n'est pas fan des grandes marques, mais il faut reconnaître qu'on ne va pas toujours s'habiller chez le petit fabricant de fringues bio et équitables. Il y a l'équation économique mais aussi le fait que ces derniers ont le stylisme souvent scotché sur des looks pour le moins hasardeux.

Franck ArguillèreSur la photo, elle a ce foulard sur la tête qui témoigne des effets de la maladie et du traitement de cheval qui va avec. Dans ses yeux on lit de la tristesse et son visage est marqué par les douleurs passées. Le sourire est de circonstance pour faire bonne figure devant le photographe. Et la voilà, sur la photo suivante, avec un couvre-chef excentrique, des couleurs vives, rayonnant d'un fou rire… La joie de vivre est revenue. Parce qu'il y a une infirmière qui l'a rendue belle et lui a tendu le miroir dans lequel elle n'osait plus se regarder depuis des mois.

Cette image magnifique et bouleversante illustrait l'une des conférences des 30e Rencontres des médecines alternatives et complémentaires (MAC) de l'Hôpital Tenon consacré un samedi d'octobre dernier à l'intérêt des MAC pour les patients atteints de cancer.

Parce qu'il y a des équipes soignantes qui depuis des années ont décidé de se regrouper en équipes pluridisciplinaires et proposent à leur patients un accompagnement esthétique, un soulagement de leur douleur par l'acupuncture, des soins de support par l'homéopathie, la phytothérapie, l'ostéopathie, le Qi Gong, le reiki, le yoga… Les patients peuvent faire face à cette épreuve plus facilement et voient diminuer les effets secondaires indésirables de leur chimio, les médecins peuvent réduire la durée de leur traitement ou les poursuivre alors qu'ils auraient dû les interrompre sur des sujets devenus trop fragiles.

Et pourtant tout cela est bidouillé, bricolé, financé par des dons dans un cadre associatif, tenu à bout de bras bénévolement par des personnalités au dévouement exemplaire… Comment est-ce possible ? Réponse : pendant des années le corps médical en France a dénié le droit d'existence aux médecines non conventionnelles, créé les pires difficultés à ses praticiens et l'Etat tarde à les reconnaître et leur donner un statut. Cherchez l'erreur.

Beaucoup d'hôpitaux tentent aujourd'hui de rattraper le temps perdu et c'est une course contre la montre car nombreux sont les patients qui vont chercher eux-mêmes, en dehors de tout cadre médical, le réconfort auquel ils ont droit auprès de praticiens pas toujours formés correctement aux exigences de la cancérologie, sans parler des charlatans de tous poils.

C'est dans ce cadre et sur le terrain qu'est en train de se développer la médecine de demain, une médecine encadrée par des collèges d'experts de différentes approches qui collaborent en bonne entente sans hégémonie d'une discipline sur une autre, une médecine intégrative.

Franck ArguillèreIl s'agirait donc d'une refondation de l'école. Au delà du catalogue de mesures (plutôt de bon sens) proposées par le gouvernement, on est curieux de voir ce qui sera fait. Parce qu'il y a urgence. Vu de notre fenêtre de parent d'élèves, le constat n'est pas réjouissant. Inadéquation de l'institution aux aspirations des jeunes et à la réalité de la société, mise en échec de l'égalité des chances, baisse du niveau de culture générale, augmentation inquiétante du décrochage scolaire et développement de pathologies du stress et de l'anxiété chez les élèves comme chez les professeurs…

S'il s'agit d'une refondation, c'est une réflexion collective à laquelle nous devons être conviés au niveau de la société toute entière. Quelle éducation voulons-nous pour nos enfants ?

En tant que parents, comment développons-nous la confiance en soi de nos bouts de chou, avec quelles limites, quels repères, quelle autorité ? Les professeurs parviennent-ils à trouver et mettre en valeur les points forts de chaque élève ou sont-ils encore dans une logique de stimulation par la sanction, inefficace et datée ?

Ces questions sont à la source d'un mal bien français qui se prolonge à l'âge adulte dans la vie professionnelle : quoique nous fassions nous sommes toujours complexés par nos performances. C'est logique puisque notre éducation, à l'école ou à la maison, sous prétexte de développer l'esprit critique, fait naître l'esprit négatif systématique.

L'école va mal mais elle nous ressemble. Elle est un symptôme de notre société. La question est trop sérieuse pour être laissée aux seuls professionnels.

Franck ArguillèreLes OGM font partie de ces sujets qu'il est très difficile d'aborder dans une soirée entre amis au risque de gâcher l'atmosphère. C'est comme le nucléaire. Il y a les pro et les anti. Chacun campe résolument sur ses positions et le dialogue est difficile voire orageux. D'autant que le sujet est quelque peu technique.

Même la catastrophe de Fukushima ne va pas ébranler la certitude qu'ont les partisans de Claude Allègre, grâce à l'énergie atomique, de marcher vers le progrès, le bien de la planète et de l'humanité.
De la même manière, les résultats de l'étude du professeur Séralini, menée sur deux ans et montrant la toxicité d'un maïs OGM et de l'herbicide Roundup sur le rat, ne peut entamer la foi des pro-OGM. Très rapidement, dans les médias, de nombreux experts sont venus leur fournir des arguments : l'expérience n'aurait pas été réalisée avec le bon type de rat, la taille insuffisante des sous-groupes de rongeurs n'aurait pas valeur statistique, les auteurs de l'étude seraient en conflit d'intérêt avec des sociétés de la grande distribution ayant investi le créneau du "garanti sans OGM"…

Au fond, que les lobbies industriels fassent leur propagande, il n'y a rien de choquant à cela, ils sont dans leur rôle et défendent leurs intérêts. Que les lanceurs d'alerte soient quelquefois dans l'excès et manquent de professionnalisme faute de moyens, on peut l'admettre, à la rigueur.

Il y devrait y avoir alors un acteur susceptible de mettre tout le monde d'accord par son impartialité et son indépendance. Un acteur qui se révèle singulièrement défaillant dans cette affaire, ce qui rappelle le récent scandale du Mediator. Cet acteur, c'est l'Etat et ses agences de veille sanitaire qui n'ont pas réalisé l'étude indépendante réclamée à corps et à cris depuis des années par les associations environnementales et par les Français qui dans leur grande majorité déclarent avec constance dans les sondages qu'ils ne veulent pas des OGM.

Franck ArguillèreApparemment ce sont nous, les citoyens, qui avons été les bons élèves au cours de ces cinq ans.
Avec la Conférence Environnementale des 14 et 15 septembre, l'heure est au bilan de l'évolution verte de la société française. Et on se rend compte au cours de ces cinq dernières années, que les points positifs sont liés à nos comportements : nous produisons de moins en moins d'ordures ménagères, nous les trions mieux, nous consommons moins d'énergie.

C'est même plus que cela : on voit dans la société un fourmillement d'initiatives au sein desquelles émergent une économie plus positive, plus sobre, plus circulaire, plus collaborative. Et les emplois verts connaissent une croissance supérieure à celle des autres secteurs.

Pourtant des retards incompréhensibles ont été pris : par exemple dans le domaine des énergies renouvelables, notamment l'éolien ; dans l'agriculture, où un modèle durable tarde à émerger avec une utilisation des pesticides toujours à la hausse et un développement du bio à pas de fourmi. Un certain discours fait toujours la part belle au nucléaire, au gaz de schiste… Et la France roule encore majoritairement au diesel.

Alors qui sont les mauvais élèves ? Les autorités publiques, des lobbies industriels, les écolo-sceptiques... ? Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui nous avons besoin au plus haut niveau d'une vision et d'une véritable volonté politique en direction de l'économie de demain. Pour l'instant, sous prétexte de crise, nous voyons surtout des crispations sur les modèles d'hier.