TOUS LES ÉDITOS

Franck ArguillèreComme chaque fois, au bout d'une petite heure de cette réunion associative, les sucreries commencent à circuler : viennoiseries, biscuits, brownies, plaquettes de chocolat mais aussi crocodiles gélatineux, nounours à la guimauve… Pourtant autour de la table il n'y a que des adultes. Une trentaine, en grande majorité des femmes. La plupart se servent au passage. L'instant est vécu comme un moment "plaisir". Chacun doit bien sentir que c'est un peu transgressif mais affiche plutôt une certaine fierté de passer outre.

La scène est banale : d'après une étude de 2011, deux tiers des Français ont pris l'habitude de grignoter entre les repas ! Très peu d'entre eux ont conscience qu'ils souffrent en fait d'un trouble alimentaire, une hyperphagie qui n'a rien de dramatique mais qui a deux conséquences préoccupantes : désorganiser le cycle de digestion et faire grimper la dose de sucre quotidienne.

Un naturopathe m'avait expliqué il y a quelques années que, le cycle de digestion étant de deux heures pour les fruits et quatre heures pour les autres aliments, le fait de manger de nouveau avant la fin du cycle donne le signal à l'estomac de tout reprendre à zéro, ce qui perturbe le bon déroulement de la digestion en cours.
Quant à l'index glycémique des aliments grignotés, pas besoin d'être un expert pour savoir qu'il explose les compteurs. Sans parler des colorants, conservateurs et autres cochonneries qui sont le passage obligé des produits de l'industrie agro-alimentaire.

La plupart des experts sont d'accord pour rendre le sucre responsable de l'épidémie de diabète, d'obésité et de cancer que nous vivons actuellement (voir : Ne pas se laisser piéger par le sucre). Et tous les spécialistes de la nutrition sont d'accord : la première chose à faire pour mettre en place un bon équilibre alimentaire est d'arrêter de grignoter.
Ce serait si difficile ? Sans doute. Il y a quelque chose de nerveux, de compulsif, d'addictif, de régressif dans cette frénésie de manger et nos vies ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. Heureusement il y a des trucs qui peuvent aider ! Boire plus d'eau, ne pas oublier de respirer, manger lentement pendant les repas et, si besoin, ajouter une collation à heure fixe dans la journée, de préférence à base de fruits et de graines…
Le jeu en vaut la chandelle, à la clé il y a plus de bien-être, plus d'énergie et une taille de guêpe !

Franck ArguillèreChaque année, ils tentent de nous fourguer leurs régimes miracles ! Ils voudraient nous faire croire qu'il est indispensable de perdre quelques centaines de grammes pour pouvoir dévoiler un corps de naïade ou d'éphèbe au soleil (espéré) de l'été ! De la même manière que nous sommes la proie des industriels de l'agro-alimentaire qui rivalisent de savoir-faire marketing pour nous vendre leur malbouffe, nous sommes la cible de quelques professionnels de la diététique qui font fructifier leur business de la minceur avec la complicité de certains médias.

Pourtant ça fait plusieurs années qu'on est au courant : 80 % des gens qui ont fait un régime amincissant reprennent leur poids initial voire plus au bout d'un an ! (Voir sur le site du GROS, Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids)
C'est que la nature est bien faite : à la suite d'une privation, notre organisme assimile 100 % de l'énergie que nous ingérons, alors qu'en temps normal elle n'en intègre que de 70 à 90 %. Alors arrêtons nos régimes privatifs qui ne font maigrir que nos porte-monnaie !

Heureusement de plus en plus de nutritionnistes nous incitent à revenir au bon sens : manger lentement, dans une ambiance conviviale, des bons produits, frais, de saison, dans des menus variés et équilibrés…
Mais surtout, et c'est à mon sens le plus important, il faut arrêter d'appliquer des règles toutes faites. On le sait depuis quelques années, nous n'avons pas tous la même flore bactérienne dans les intestins, nous ne digérons pas pareil, il n'y a donc pas un régime alimentaire idéal qui vaut pour tout le monde. Il y en a un pour chacun d'entre nous et il change selon les périodes de notre vie.

Je ne dis pas qu'on ne peut pas aller piocher de bonnes idées chez Atkins, Seignalet ou même Dukan. On peut aussi aller voir ce qui se passe dans les régimes d'Okinawa ou de Crète… À condition de rester acteur de son alimentation.
N'hésitons pas à faire des tests sur nous-mêmes : est-ce que je digère correctement le camembert, les lentilles, les tomates, la friture ou certaines combinaisons alimentaires ? Est-ce que je mange trop le soir, pas assez le matin ? Est-ce que certains aliments me restent sur l'estomac, entraînent des diarrhées ou des constipations ?
Soyons attentifs à nos sensations : est-ce que j'ai soif ? Est-ce que je pense à boire quand j'ai soif ? Est-ce que j'ai faim ? Est-ce que j'ai juste l'impression que j'ai faim parce que j'oublie de respirer ?
En bref : apprenons à nous écouter.

Franck ArguillèreRéenchanter le monde, inventer une société altruiste qui se préoccuperait du bonheur des gens… De bien belles ambitions habitaient les intervenants réunis ce dernier week-end d'avril à l'UNESCO pour l'Université de la Terre.
Or il semblerait que, pour le bonheur, nous autres Français ayons un certain handicap. "Quand on est en France, toutes choses égales par ailleurs, on a 20 % de chances en moins d’être heureux – en tout cas de se dire très heureux", d'après Claudia Sénik, professeur à l’université Paris-Sorbonne et à l’Ecole d’économie de Paris (voir dans Rue 89). Il s'agirait d'un état d'esprit, d'un fait culturel et, selon l'économiste, l'école aurait une lourde responsabilité dans notre moindre capacité au bonheur. Avec un but d'égalitarisme apparent, tout le système scolaire serait en fait tourné vers l'élitisme. Très peu d'élèves auraient l’impression de réussir, la plupart se sentant d'un niveau moyen voire en échec.

Pour être juste, il faudrait que les parents partagent la faute avec les professeurs. Nous avons tous du mal à encourager les points forts des enfants. Nous avons pour réflexe de montrer du doigt leurs insuffisances, croyant faire œuvre d'esprit critique là où, en réalité, nous mettons en branle une lente entreprise de démolition. Difficile ensuite, une fois adulte, de ne pas avoir une vision négative de ses capacités personnelles, de ne pas se retrouver cynique, aigri ou désabusé et par suite de ne pas dénigrer globalement les performances économiques, sportives ou culturelles de son pays… Les médias se font la caisse de résonance de cette morosité générale. Les Français n'ont pas confiance en eux-mêmes au point qu'ils renient quelques mois après les élections les politiques qu'ils viennent de mettre au pouvoir. Serions-nous, comme le titrait récemment The New Yorker "heureux d'être malheureux" ?

Pour nous soigner de ce mal français, peut-être faudrait-il considérer, comme le propose Edgar Morin, que le but n'est pas forcément le bonheur, qui est fragile et éphémère. "Que disparaisse un être aimé et notre bonheur se meurt." Peut-être suffirait-il d'un retour sur nos besoins intérieurs. Peut-être suffirait-il de stimuler nos aptitudes à comprendre autrui, de retrouver un temps long et non chronométré… "Le véritable but, à mon sens, est la poésie de la vie."

Franck ArguillèreLes frasques fiscales du contrôleur en chef de nos impôts suivies du strip-tease patrimonial médiatique des ministres de la République offrent l'occasion de nous interroger sur notre rapport à l'argent. Quels comptes avons-nous à régler avec lui ? Admirons-nous la richesse comme la preuve indiscutable de la réussite sociale ? La regardons-nous avec jalousie, avec convoitise ? Ou suspectons-nous a priori les puissances de l'argent, à la manière de François Mitterrand, "l'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine, et l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes" ?

Est-on capable de savoir quel est le rapport intime que l'on entretient avec lui ? Faut-il faire appel à l'orthodoxie psychanalytique et remonter à nos relations d'enfant avec nos excréments ? L'argent est-il un sein nourricier fantasmé ? Est-il pour nous symbole de puissance, de pouvoir ? Est-il synonyme de sécurité, de protection ? Est-il un plaisir addictif, une manière de combler un manque ? Sommes-nous compulsivement soumis à la fièvre acheteuse ? Sommes-nous des débiteurs chroniques, des constipés du morlingue, des prodigues, des anorexiques financiers ? Est-on en présence d'un interdit religieux refoulé, d'un tabou ? Représente-t-il le diable ?

Comment avoir un rapport apaisé avec cet objet ambivalent ? La société nous aide avec les réglementations qu'elle a mises en place au fil des années (et qui doivent être probablement renforcées) pour protéger l'individu des excès de l'argent-roi.
À nous ensuite de ne pas céder dans nos comportements à la frénésie des valeurs de l'avoir, omniprésentes dans notre civilisation, et de privilégier les valeurs de l'être. De considérer l'argent comme un simple instrument d'échange et de communication. Et d'arrêter de perdre notre vie à vouloir la gagner.

En écrivant ces lignes je ne peux m'empêcher de fredonner intérieurement la mélodie des Frères Jacques :
"Un jour il inventa l'argent
Ce démon très intelligent
Qui sut comprendre le premier
La valeur d'un bout de papier
(…)
Le fric
Magique,
L'artiche
Fortiche,
La banque
la planque,
La paye,
L'oseille.
Pognon
Mignon…"

Franck ArguillèreCe printemps glacial serait dû au réchauffement climatique ? Des records de froid en Belgique, dans l'est de la France, jusqu'à -24°C en Pologne… Il ferait froid parce que la planète se réchauffe, certains climatologues commencent à en être persuadés.

Selon eux, la fonte de la banquise arctique (de 7 millions de km2 en été 1979 à 3,4 millions de km2 en 2012) serait responsable de multiples bouleversements dans les échanges entre la mer et l'air.
Exemple : l'affaiblissement du "vortex polaire", un cyclone permanent près du Pôle Nord qui retient les masses d'air froid et humide, provoquerait un déplacement de ces masses d'air vers le sud. Dans quelles proportions et dans quelles directions ? Pour l'instant on ne sait pas. On ne voit pas encore comment le phénomène interagit avec les autres éléments du système climatique.

Cette théorie ne fait pas l'unanimité mais si elle se confirme, il y a de fortes chances pour que les vagues de grand froid soient de moins en moins exceptionnelles dans nos contrées. Paradoxalement, ce serait un témoignage concret du réchauffement de la planète qu'il vaudra mieux à l'avenir, pour éviter toute ambigüité, désigner sous le terme "changement climatique".
Et préparons-nous à vivre régulièrement des alternances de longs hivers rigoureux avec des périodes de fortes canicules !

Franck ArguillèreUne occasion manquée à Bruxelles ? La réforme de la politique agricole commune (PAC) a finalement été votée le 13 mars dernier au Parlement Européen (c'est une première !) avec au finish une prise en compte a minima des enjeux environnementaux. Le tout dans l'indifférence générale de la presse et des médias français, plus préoccupés par la météo neigeuse que par les décisions qui engagent l'avenir de notre alimentation et de notre santé.
Pourtant le récent scandale de la viande de cheval aurait dû sensibiliser les journalistes et les eurodéputés à la nécessité de renforcer la traçabilité et la qualité des produits que nous mettons dans nos assiettes. Autrement dit, plus que jamais nous avons besoin d'une agriculture durable !

L'enjeu : 50 milliards d’euros soit 42 % du budget total de l'Europe en 2012. De quoi aiguiser l'appétit des lobbies de toutes sortes ! Notamment celui du Copa Cogeca qui représente une soixantaine d’organisations agricoles, dont la FNSEA, et qui compte 120 salariés permanents à Bruxelles. En face, quelques bénévoles des organisations environnementales qui se sont mobilisés pour le verdissement de la PAC. Selon Novethic, le rôle des lobbies a été prépondérant.

Au départ le projet avait pour objectif de conditionner un tiers des subventions directes à la bonne gestion des ressources agricoles avec trois exigences : la diversification des cultures, le maintien des pâturages et la mise en jachère de 7 % des terres pour préserver les haies et autres sources de biodiversité.
Résultat des courses : tout a été détricoté. Par exemple, les mises en jachères ne devront couvrir que 3 % de la surface des exploitations la première année, 5 % la deuxième, et feront l'objet d'une évaluation la troisième.
Les aides directes restent plafonnées à 300 000 €. Il a manqué deux voix pour qu'elles le soient à 200 000 €, comme le demandaient les écologistes. Pour José Bové, "les grosses exploitations continueront à éliminer les plus petites qui les entourent. C'est le feu vert au gigantisme et à une agriculture industrielle".

Les élections européennes sont dans un an. L'occasion était belle pour prendre en compte les préoccupations des consommateurs et montrer à la population que l'Union se préoccupe de l'intérêt général plus que des intérêts particuliers. Dommage !

Franck ArguillèreHeureusement il y a Findus ! Il y a la vache folle ou l'Escherichia coli ! Heureusement le système bugue régulièrement ce qui a pour effet de nous rappeler quelques fondamentaux !

Les plats cuisinés de l'industrie agro-alimentaire sont de nouveau sur la sellette. Dans son numéro de février, le magazine Que Choisir montre le fossé béant qui existe entre la promesse de l'emballage et ce qu'on trouve dans l'assiette. La liste d'ingrédients ne reflète pas la réalité et les fabricants maîtrisent à merveille l'art de brouiller les pistes. Quant au prix, il est en moyenne 2,5 fois plus cher que l'équivalent fait maison, jusqu'à 6 fois pour ce curry de légumes Costes qui coûte 5,92€ contre 0,97€ si on le fait chez soi !

Par ailleurs, l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) ne cesse de dénoncer les effets néfastes sur la santé des doses excessives de sel qu'on trouve dans les préparations industrielles, sans parler des dégâts causés par les conservateurs, les colorants et additifs de touts sortes.

Et voilà qu'aujourd'hui l'actualité pointe l'origine douteuse des produits ! Du cheval à la place du bœuf dans les lasagnes, les moussakas, les hachis parmentier, les pâtes à la bolognaise de chez Findus, Picard, Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix… !
Sur son blog Michèle Rivasi, députée européenne Europe-écologie, nous raconte le circuit aberrant de cette viande : "le groupe Findus (basé en Suède) sous-traitait en effet la fabrication des plats à l’usine luxembourgeoise de Tavola, filiale de Comigel (implanté à Metz), fourni par l’importateur Spanghero (installé à Castelnaudary), qui a acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s’étant fourni auprès d’un abattoir et d’un atelier de découpe situés en Roumanie". Non ce n'est pas un gag.

Qui plus est, selon la députée, "il apparaît vraisemblable que ces chevaux roumains aient été porteurs du virus du sida du cheval. Ont-t-ils été traités au phénylbutazone, un médicament vétérinaire anti-inflammatoire fréquemment utilisé dans l’élevage équin qui présente un risque pour la santé humaine ?".

Il faut appeler un cheval un cheval et un chat un chat : les plats cuisinés, c'est de la malbouffe. Ça coûte cher à notre santé et à notre porte-monnaie.
Heureusement il y a des affaires comme celle-ci pour nous rappeler l'importance de cuisiner chez soi des produits locaux et de saison, de préférence bio et achetés dans les circuits courts ! 

Franck ArguillèreLe débat divise des familles et beaucoup ont vu leurs fêtes de fin d'année gâchées par les disputes à propos du mariage des gays. Preuve que la question remue des choses très profondes chez les partisans comme chez les détracteurs.
C'est qu'il ne faut pas oublier que le mariage est au départ une institution religieuse, transposée assez récemment dans l'arsenal républicain. Il se conjugue avec l'amour éternel et l'accès à la sexualité encadrée, vouée à la procréation. Il est l'acte fondateur d'une famille qui assurera la continuation du clan. Il est vécu comme un rite de passage qui fait accéder l'enfant au monde des adultes. Alors il doit faire l'objet d'une "belle cérémonie" ! On se marie à l'Église même si l'on n'est plus croyant, et l'on exige de la mairie le même faste que chez Monsieur le curé. Même les plus athées veulent que l'instant soit inoubliable, chargé d'émotion, romantique… Sacré.

Et voilà que certains homosexuels (apparemment ils n'ont pas l'air bien nombreux) revendiquent le droit de ne pas rester à la porte de la vénérable institution !
En face, les arguments sont fragiles : le débat sur la PMA est d'une autre nature et reporté à plus tard, celui sur l'adoption est tranché depuis que les célibataires ont le droit d'adopter et que, de fait, de nombreux couples homosexuels élèvent aujourd'hui des enfants. Quant au principe de donner à deux personnes du même sexe le droit d'avoir un projet de vie commun sous une forme contractuelle non discriminante par rapport aux hétérosexuels, peu de gens aujourd'hui le contestent.
Le débat aurait donc pu se passer dans l'indifférence générale, d'autant que la nouvelle loi ne changera la vie que des quelques personnes concernées.

Alors pourquoi tant de violence dans cette opposition ? Il faut se souvenir que la culture judéo-christiano-musulmane condamne fermement l'homosexualité dans ses textes de référence et d'une manière générale infériorise le féminin. Tout ce qui est susceptible d'être pénétré sexuellement est inférieur, dévorateur, dangereux, castrateur. On "n'est pas des gonzesses". On est dans "la haine, la violence, le mépris du féminin et la terreur d'être rattrapé par lui", écrit le psychiatre Serge Hefez.

"Terreur", il s'agit bien de cela et c'est ce qui hystérise le débat. La phobie est une peur dénuée de toute raison. L'homophobie est une peur du féminin et notamment de la part de féminin qu'un homme peut avoir en soi. Et cette peur est effectivement dénuée de toute raison mais elle est bien ancrée dans nos fondations profondes. 

Franck ArguillèreEn 2012, il y a eu en Birmanie l'élection d'Aung San Suu Kyi en tant que députée et son voyage triomphal en Europe, il y a eu en France la gauche au pouvoir, aux Etats-Unis la réélection d'Obama, au Québec la victoire des indépendantistes… Il y a eu le Prix Nobel de la Paix attribué à l'Union Européenne, la découverte du boson de Higgs, l'Oscar du meilleur film pour "The Artist"… Il y a eu la victoire judiciaire pour les victimes de la marée noire causée par l'Erika, le diesel classé cancérogène pour l'homme, l'étude de Seralini sur les OGM qui a secoué le monde scientifique…

Mais en 2012, il y a eu aussi le retour de Poutine au pouvoir en Russie, le recul des printemps arabes en Egypte, en Tunisie, en Lybie, les massacres et le chaos en Syrie, au Mali, la tuerie de Newtown… Il y a eu l'ouragan Sandy, le typhon Bopha, et le rendez-vous manqué de Rio+20 et de Doha.
Je nous souhaite pour 2013 de vivre au mieux le nouveau cocktail d'évènements encourageants et inquiétants qui nous attend et, sans perdre une miette de lucidité, de savoir garder intact notre capacité d'enthousiasme.
Bonne année à vous !

Franck ArguillèreIl était temps ! Pourtant l'un des enjeux n'est autre que notre capacité à assurer notre descendance… Et bien c'est fait ! Le sénat vient de donner son feu vert pour la suspension du Bisphénol A (BPA) dès le mois de janvier prochain dans les contenants alimentaires à destination des nourrissons et des enfants de moins de 3 ans. Pour les autres contenants alimentaires, la suspension interviendra en 2015, le temps de trouver des substituts et de vérifier leur innocuité.

Cela n'a pas fait la une de l'actualité. Il faut dire qu'il y avait d'autres évènements autrement plus importants ! Comme la fin du monde du calendrier maya, par exemple ! Pourtant le BPA et autres phtalates sont des perturbateurs endocriniens qui sont, notamment, sérieusement soupçonnés de faire baisser le nombre de spermatozoïdes chez les hommes. C'est que c'est fragile, ces petites bestioles !
C'est une réalité : les hommes produisent de moins en moins de spermatozoïdes. Selon une étude française citée par Jean-Marc Dupuis dans Santé Nature Innovation, les hommes de trente ans produisaient 102 millions de spermatozoïdes par millilitre en 1975, contre seulement 51 millions/ml en 1992 ! Et la situation continue d'empirer. Or, selon certains, la fertilité diminue dès que l'on passe sous la barre des 55 millions/ml. Et, selon les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en dessous de 15 millions/ml, c'est la stérilité. Les perturbateurs endocriniens ne sont pas seuls en cause mais ils y contribuent.

Le projet de suspension a été voté en première lecture par l'Assemblée Nationale en octobre 2011. Il aura fallu plus d'un an pour que le législateur finalise sa décision. Et le problème n'est pas résolu, car suspension ne veut pas dire interdiction et pendant les deux ans qui viennent il faudra étudier attentivement ce qui va remplacer le BPA et vérifier que le remède ne soit pas pire que le mal.