Pour un usage responsable des écrans

Pour un usage responsable des écrans

Outil exceptionnel mais générateur de dangers avérés, le numérique doit faire l'objet d'un apprentissage attentif auprès des enfants. Et les parents se doivent de donner l'exemple…

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Sommaire

- Des dangers pour la santé
- Mauvaises rencontres
- Cyberharcèlement
- Le royaume des fausses informations
- Un coût environnemental
- Trouver les bon repères

Depuis une trentaine d'années, nous avons entre les mains un outil exceptionnel. Consoles, tablettes, ordinateurs et autres smartphones ont révolutionné notre manière de nous informer, de nous distraire, de communiquer.
"Ce sont des outils géniaux pour s'organiser, garder en mémoire, partager des documents, apprendre à distance, etc. À condition de les maîtriser"*, avertissent Sophie Bordet-Petillon, journaliste, et Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste.

Cela est vrai pour les adultes et encore plus pour les enfants et les ados qui n'ont pas connu la période où l'on vivait sans internet (voir : "Génération écran" : gérer la connexion de nos enfants).
Il y a 5,5 écrans par foyer en moyenne en France (CSA 2018) et 93 % des parents trouvent que les écrans sont un sujet de tension dans la famille (enquête Parentalité numérique, Internet sans crainte, 2019).

Des dangers pour la santé
Si certains dangers pour la santé provenant des ondes électromagnétiques sont encore controversés (voir : Les effets du téléphone mobile : un danger pour la santé), d'autres sont bien repérés. Comme le fait que les écrans génèrent des mauvaises postures, sources de troubles musculo-squelettiques, ou un manque d'activité physique et des déséquilibres alimentaires favorisant le surpoids.

Eu cause également, la lumière bleue des écrans qui retarde l'endormissement, le soir, ce qui peut avoir des effets délétères sur la capacité de concentration, d'attention et de mémorisation ainsi que sur la régulation des humeurs. Ou encore l'addiction aux jeux vidéo ou aux réseaux sociaux (course aux "like", enchaînement de vidéos, fils d'actualité..).

Mauvaises rencontres
Internet est le lieu où l'on peut tomber, volontairement ou non, sur des images pornographiques qui peuvent avoir des effets désastreux sur la perception de la sexualité par l'enfant ou l'adolescent. Il existe des logiciels de contrôle parental mais ils ne filtrent pas tout.
Les jeux vidéo violents peuvent également perturber, chez les jeunes, la manière de gérer les conflits dans la vie réelle.
"La meilleure façon de prendre de la distance avec des images violentes et d'en parler"*, conseillent Sophie Bordet-Petillon et Serge Tisseron.

Par ailleurs, les réseaux sociaux (Snapchat, TikTok, Instagram…) permettent aux prédateurs de se mettre en contact avec leur victime sous une fausse identité.

Cyberharcèlement
Sur les mêmes réseaux sociaux se déversent couramment des torrents d'insultes et des images humiliantes. Les phénomènes d'acharnement avec effet de groupe peuvent avoir des conséquences destructrices sur le psychisme de certains jeunes. On parle alors de cyberharcèlement.

Il est donc fondamental d'apprendre aux enfant qu'on est responsable de tout ce que l'on met sur Internet.
"C'est pourquoi le respect de l'autre et la bienveillance s'impose. Les injures ou les propos racistes sont interdits, comme dans les journaux et à la télé. Tout comme la publication de photos d'autres personnes si elles ne le veulent pas, par respect pour leur intimité et leur vie privée. C'est leur "droit à l'image"."*

En cas de cyberharcèlement, les enfants et les adolescents ne doivent pas hésiter à appeler le numéro vert national (0800 200 000) qui les met en contact avec des psychologues et des personnes formées dans la protection de l'enfance et les usages du numérique.

Le royaume des fausses informations
"Près d'un Français sur deux qui s'informe sur les réseaux sociaux a déjà relayé une fausse information sur Internet."*
Tout le monde peut s'exprimer sur le web, y compris les auteurs de canulars, les manipulateurs, les vendeurs, les publicitaires, les idéologues, les illuminés, les complotistes... Pour vérifier si une information émane d'un expert, d'un journaliste ou d'un blogueur sérieux, il vaut mieux se fier à un webzine ou un journal connu pour son sérieux professionnel. Sur un site inconnu, toujours chercher à identifier les auteurs dans "À propos", "Qui sommes-nous" ou "Mentions légales". Si la rubrique n'existe pas, il vaut mieux aller voir ailleurs.

Un coût environnemental
La fabrication et la consommation en énergie de tous les objets connectés sur terre a un impact important sur l'environnement. Par exemple, le visionnage de vidéos en ligne constitue 1 % des émissions de CO2 dans le monde*. Cette prise de conscience doit nous aider à adopter les bons gestes pour limiter cet impact (voir encadré).

Trouver les bon repères
Un programme national de sensibilisation propose d'aider les jeunes à maîtriser le numérique, de l’école à la maison : Internet sans crainte. On y trouve, par tranches d'âges, des dossiers thématiques, des formations et des ateliers pour accompagner les jeunes de 7 à 18 ans, leurs parents et enseignants, dans une meilleure maîtrise de leur vie numérique.

L'Observatoire sur le bon usage des écrans de l’Institut d’Éducation Médicale et de Prévention (IEMP) donne également un certain nombre de repères scientifiques précieux pour orienter nos comportements.

Naviguer en toute sécurité et gérer sa vie connectée, contacts, e-réputation, empreinte numérique… C'est possible ! Cela nécessite de rester attentif à soi-même et à l'éducation de ses enfants.

 

*Les écrans et moi, L'essentiel pour un usage responsable, Sophie Bordet-Petillon et Serge Tisseron, éditions Hygée

 En savoir +

Vers un bon usage des écrans

Quelques conseils pour un usage responsable des écrans

Un code de bonne conduite
- Alterner les temps d'écran avec d'autres activités : faire du sport, danser, dessiner, lire, discuter, dormir, rêver…
- Éteindre les écrans au moins une heure avant de se coucher.
- Partager les repas en famille sans écran.
- Exclure les écrans de sa chambre à coucher.
- Couper le Wifi la nuit.
- Maîtriser le temps et l'argent consacrés aux jeux vidéo.
- Sur les réseaux sociaux : respecter les règles de la vie privée et du droit à l'image, ne jamais publier d'injures, de propos racistes et d'appels à la haine.
- Ne partager une information qu'après en avoir vérifié la fiabilité de la source.
- Effectuer les réglages de base pour limiter l'accès à ses données.
- Réduire l'empreinte environnementale en achetant des objets connectés durables, en limitant le temps de charge etc.

Protéger ses enfants
Serge Tisseron a défini la règle du 3-6-9-12
- Avant 3 ans : éviter la télévision et les écrans non interactifs.
- À partir de 3 ans, la télévision peut être introduite mais avec modération.
- Entre 3 et 6 ans : ne pas offrir de console de jeu personnelle à son enfant.
- Entre 6 et 9 ans : fixez un temps d’écran autorisé et laissez la liberté à l’enfant de le répartir comme il le souhaite.
- À partir de 9 ans : initiez votre enfant à Internet.
- Après 12 ans : laisser son enfant naviguer seul sur le web dans un cadre fixé par les parents, en veillant à choisir les jeux adaptés à son âge.

2 heures
par jour
la durée maximum
d'écrans de loisirs
recommandée pour les 6-11 ans*

1 %
des émissions mondiales
de CO2
dû au visionnage
de vidéos en ligne*

1 sur 2
Français
joue à des jeux vidéo
(dont la plupart
des 10-14 ans)*