Covid long : des solutions naturelles

Covid long : des solutions naturelles

Face à la multitude de symptômes du Covid long et au défaut de réactivité de la médecine conventionnelle, les médecines alternatives et complémentaires ont un rôle fondamental à jouer.

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Sommaire

- Un nombre de symptômes impressionnant
- Médecine conventionnelle : peu réactive
- Approche multidisciplinaire
- Le rôle du microbiote intestinal
- Alimentation anti-inflammatoire
- Des protocoles d'accompagnement

Le Covid long est une nouvelle maladie aux symptômes extrêmement variables qui laisse désemparés patients et thérapeutes.
"De 10 à 15 % des malades seraient concernés, selon l'OMS, soit déjà 600 000 à 800 000 personnes rien qu'en France"*, estiment Raphaël Gruman, nutritionniste, et Alex Brunet, coach sportif. Selon eux, le taux pourrait monter à environ 50 % pour les patients qui ont été hospitalisés.

Un nombre de symptômes impressionnant
Fatigue intense et persistante, essoufflement, douleurs articulaires et thoraciques, toux, perte d'odorat, nez qui coule, yeux rouges, perte de goût, mal de tête, expectorations, manque d'appétit, gorge irritée, vertiges, douleurs musculaires ou diarrhées… Les symptômes du Covid long sont très variables et leur nombre est impressionnant.
Il y a par exemple presque autant de troubles cognitifs que de patients : oublier un mot ou un rendez-vous, avoir des absences ou une mémoire de poisson rouge, peiner à planifier, égarer des objets, penser lentement ou mal, avoir du mal à décider, se sentir dans le brouillard mental, mal raisonner, mal interpréter, ne pas comprendre des choses simples, ramer pour parler ou maintenir un discours cohérent…

Médecine conventionnelle : peu réactive
La médecine conventionnelle peine à répondre à tous ces symptômes en oscillant, sans beaucoup de résultat, entre la simple prescription de paracétamol et les ordonnances à rallonge de type anxiolytique + anti-inflammatoire + somnifère + antidouleur… En France, elle est particulièrement peu réactive sur ces pathologies et parfois dans le déni pur et simple : "c'est dans la tête", disent certains médecins à leurs patients déboussolés.

"Lorsque l'infectiologue Dominique Salmon-Ceron a alerté les autorités sanitaires sur ces premiers Covid longs, repérés dès juillet 2020, ces dernières lui ont répondu "vous êtes en train d'inventer une nouvelle maladie, publiez ce que vous constatez et on verra." Pendant ce temps-là, les Anglais et les Américains investissaient déjà des centaines de millions d'euros pour essayer de venir en aide à ces malades, évidemment pas inventés du tout. Fin juillet 2021, on attend toujours le début du premier euro de fonds qui y serait consacré."*

Approche multidisciplinaire
On trouvera plus d'efficacité dans une approche multidisciplinaire : rééducation chez un kiné, soutien en phytothérapie, micronutrition ou aromathérapie, réformes alimentaires…
"En Covid-long, il n'y a pas de réponse prêt-à-porter. Rien n'est simple. Contrairement aux virus du rhume ou de la grippe, déclencheur des mêmes symptômes chez tout le monde, celui du SARS-CoV-2 semble s'ingénier à semer la zizanie en adoptant la stratégie contraire : des symptômes différents ou presque chez chacun !"*

Les solutions préconisées par Raphaël Gruman et Alex Brunet Hamadi s'articulent donc autour du renforcement de l'immunité par l'hygiène de vie : changement des habitudes alimentaires, amélioration du sommeil, exercice physique régulier et modéré…

Le rôle du microbiote intestinal
Il semblerait que le microbiote intestinal joue un rôle important dans les différentes formes de Covid.
"En fait, on sait déjà depuis longtemps que, selon son microbiote intestinal (et son microbiote respiratoire), on développe des formes plus ou moins sévères de grippe. Il semblerait qu'il en soit de même pour le Covid 19."*
D'où l'intérêt de renforcer ce microbiote intestinal (et donc son système immunitaire) en accroissant sa consommation de fruits et légumes et de produits lactofermentés (choucroute, yaourt, fenouil ou betterave lactofermentés…). 
(Voir : Microbiote intestinal et immunité)

Alimentation anti-inflammatoire
Dans le cadre du Covid long, la persistance des symptômes n'est plus associée à la présence du virus dans l'organisme mais à une inflammation entretenue par un système immunitaire bloqué sur "alerte permanente". Le fil rouge des menus devrait donc être l'alimentation anti-inflammatoire à base de produits bio. À privilégier : les aliments riches en acides gras oméga-3, flavonoïdes, acides aminés, minéraux, vitamine B12, C ou D (la star)… Et s'il y avait une seule chose à changer, ce serait de réduire le plus possible la consommation de sucre.
Mais chacun devra trouver la méthode diététique qui lui convient, selon son terrain, sa sensibilité et sa réactivité.

Des protocoles d'accompagnement
Raphaël Gruman et Alex Brunet Hamadi proposent des routines de santé et bien-être à mettre en place. Pour répondre aux 10 symptômes les plus fréquemment rencontrés, ils suggèrent une liste des aliments protecteurs et des superaliments, un protocole d'accompagnement en micronutrition, phytothérapie et aromathérapie et des activités physiques adaptées.

Les huiles essentielles vont constituer un formidable outil, notamment pour retrouver l'odorat. Certaines plantes adaptogènes permettent de stimuler l'immunité (astragale), d'aider le foie (schisandra), de sortir de la fatigue (codonopsis, ginseng, éleuthérocoque), de retrouver la joie de vivre (basilic tulsi, rhodiola).

Nombreuses sont les pistes à explorer qui permettent au cas par cas d'améliorer les symptômes et de traverser au mieux cette période difficile.

 

*Soulager le Covid-long, les solutions naturelles, Raphaël Gruman, Alex Brunet Hamadi, éditions Leduc

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Quels sont les mécanismes en jeu ?

On ne sait pas grand chose et l'on est réduit à émettre des hypothèses.

On constate que les symptômes du Covid long sont sans rapport avec ceux du Covid aigu. On constate également qu'à l'inverse du Covid aigu, les femmes sont plus touchées par le Covid long. Pour quelles raisons ? Mystère.

L'origine du Covid long est probablement multifactorielle. Reste-t-il des traces du virus ? Le système immunitaire passerait-il en mode "maladie auto-immune", sous l'action du SARS-CoV-2 ? Serait-ce un dysfonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules ? Y'aurait-il un dysfonctionnement du tronc cérébral ?
Il est aussi possible que soient à l'œuvre plusieurs facteurs à la fois et de manière différente selon chaque patient. Ou qu'il y ait une autre cause…
Raphaël Gruman et Alex Brunet Hamadi espèrent que le suivi des nombreux patients touchés depuis le début de la pandémie apportera des réponses à toutes ces questions.*