Faire son potager sans rien dépenser

Faire son potager sans rien dépenser

Comment cultiver quand on est fauché ? Il faut du temps, de l'énergie, savoir utiliser le système D : emprunter, partager, troquer, récupérer, bricoler, faire preuve d'un peu d'astuce…

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Sommaire

- Le troc : plus enrichissant que l'argent
- Outils à emprunter ou bricoler
- Des matériaux récupérés
- Maîtriser quelques techniques
- La bourse des graines
- Vendre pour investir ?
- Démarrer en douceur

Huw Richards, un jeune youtuber britannique, s'est donné un an pour faire son potager sans débourser un centime. Il partage dans un livre* des recettes et des procédés qu'il a testés et éprouvés. Mais il prévient que l'entreprise nécessite néanmoins un certain investissement.
"Entendons-nous bien, "sans dépenser" ne veut pas dire "sans effort" car – soyons réalistes – il est impossible de faire pousser des plantes sans y consacrer du temps et de l'énergie."*

Le troc : plus enrichissant que l'argent
Le troc est une pratique essentielle qui permet d'obtenir des outils de jardinage, des matériaux de compostage ou des semences. L'un de ses principaux avantages est qu'elle développe de nouveaux liens avec des personnes qui sont souvent aussi passionnées que soi (voir : Économie de partage : de l'échange et du lien).
"Que vous pratiquiez beaucoup ou peu le troc, vous constaterez que cette forme d'échange est nettement plus enrichissante que le paiement en argent."*

Il faut au départ évaluer le potentiel de l'espace à cultiver (taille, eau, exposition, sol, accessibilité). Tout le monde ne dispose pas d'un jardin. On peut aussi utiliser une cour ou un balcon voire exploiter le jardin d'un ou d'une amie, d'un ou d'une voisine qui n'a pas le temps de s'en occuper.

Outils à emprunter ou bricoler
Quelques outils, à troquer, partager ou emprunter, suffisent pour faire pousser des fruits et légumes : bêche, râteau, fourche, transplantoir, marteau, couteau, sécateur, perceuses, scie.
À la place de la brouette, on peut prendre de grands seaux. L'arrosoir peut être remplacé par deux seaux s'emboîtant l'un dans l'autre, le plus petit comportant plusieurs trous. Pour les petites surfaces, une bouteille remplie d'eau de pluie avec un bouchon percé fera parfaitement l'affaire.

Des matériaux récupérés
On peut fabriquer soi-même des conteneurs pour faire pousser les semis et les boutures en récupérant des tubes en carton de papier toilette ou d'essuie-tout, des pots en papier journal, des boîtes de conserve, des pots de yaourts, des boîtes à œufs… Pour les plantes matures, on recycle des vieux pneus, des seaux usagés, des cagettes en carton ou en plastique, des bacs et pots de peinture, des bidons alimentaires…

Il est facile de récupérer des palettes de transport en bois (choisir celles qui comportent le symbole HT indiquant qu'elles n'ont pas été traitées chimiquement). Une fois démontées, elles sont parfaites pour fabriquer un carré potager ou un bac à compost.

Maîtriser quelques techniques
Il faut bien-sûr faire soi-même son compost (voir : Le compost domestique).
La permaculture permet d'obtenir le meilleur rendement pour la surface dont on dispose, avec des méthodes naturelles et respectueuses de l'environnement (voir : Je fais mon jardin potager en permaculture).

Il existe de nombreuses techniques pour enrichir le sol que l'on cultive, par exemple avec les déchets verts issus des coupes et des tailles ou avec des copeaux de bois récupérés auprès d'entreprises arboricoles (voir : Enrichir le sol de son jardin). On peut aussi utiliser des engrais qu'on fait soi-même : purins, décoctions, infusions ou macérations de plantes (voir : Faire des potions pour son jardin).

La bourse des graines
Les sources gratuites de graines et de plantes se trouvent en premier lieu dans nos garde-mangers : pommes de terre germées, gousses d'ail, tomates, piment, haricots et pois divers…

L'idée est ensuite d'échanger les graines ou les plants en trop contre celles et ceux qu'on ne possède pas. Clubs de jardinage, mairies, marchés, sites web locaux sont les vecteurs parfaits pour cela. Des bourses d'échanges sont organisées régulièrement, souvent à la fin de l'hiver ou du printemps. S'il n'y en a pas dans sa région, il est toujours possible d'en organiser une soi-même.
"Le premier échange est toujours le plus difficile (un peu comme la première année pour le jardin) mais le second sera beaucoup plus agréable."*

Dans cette optique, il est essentiel de récupérer et de bien conserver les graines issues de sa récolte : les faire sécher quelques jours puis les stocker à l'abri de la lumière dans des enveloppes ou des bocaux en verre avec un couvercle hermétique.

Vendre pour investir ?
Huw Richards vante le plaisir de déguster soi-même sa propre production et propose également d'en vendre une partie pour investir dans du matériel qu'on ne peut faire autrement qu'acheter, comme par exemple un réservoir d'eau de pluie.
Pour cela, les plantes à privilégier sont, selon lui : romarin, plants de tomates, semis de brassicacées, fraisiers, plants de pois et haricots. On peut aussi vendre son excédent de récolte de courgettes et de courges, de légumes racines, de rhubarbe, de pommes de terre et de topinambours, d'oignons, de poireaux et d'ail…

Démarrer en douceur
"Abandonnez trop tôt est le seul risque qui vous menace. Pour éviter que cela ne se produise et garantir quelques succès dans cette entreprise, commencez petit à petit pour ne pas vous sentir dépassé trop rapidement"*, conseille Huw Richards.

 

Source :
*Mon potager autonome, Huw Richards, éditions Eyrolles

 En savoir +

Contre les limaces

Les limaces étant attirées en priorité par les feuilles et les tiges tendres, il faut démarrer les semis en godets en intérieur.

Une fois les plantes en pleine terre, il faut débarrasser les alentours des mauvaises herbes et des cachettes diverses qui servent d'abri aux limaces. On peut aussi créer des barrières avec des tiges de ronces ou d'autres rameaux épineux (ne pas oublier de porter des gants).

En dernier recours, on peut créer un "bar à limaces" en enfonçant un pot ou un bocal en verre dans le sol, à 30 cm environ des plants touchés, et en le remplissant de bière aux trois quarts. En cas de pluie, recouvrir le piège avec un petit toit bricolé avec un morceau de bois ou de carton maintenu par quatre bâtons enfoncés dans la terre. Le lendemain matin, on jette les limaces noyées dans le liquide.