Homéopathie contre médecine dictatoriale ?

Homéopathie contre médecine dictatoriale ?

Certains voient dans le déremboursement de l'homéopathie un acte de "dictature sanitaire" qui trouverait sa prolongation dans la gestion de la crise du Covid-19.

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Sommaire

- L'efficacité sur les animaux ?
- Une étude sur les oies ?
- Les travaux d'Albert Claude Quemoun ?
- Les meilleures indications ?
- Des études scientifiques documentées ?
- Quel principe actif ?
- Les économies générées par l'homéopathie ?
- "Dictatoriale", la médecine allopathique ?
- La France, "Absurdistan autoritaire" ?
- Pour une médecine intégrative ?

La décision du déremboursement de l'homéopathie date de 2019 et émane de la ministre de la santé de l'époque, Agnès Buzyn. Le taux de remboursement des granules est passé de 30 % à 15 % en 2020, puis 0 % en 2021. Après un débat scientifique parfois agité, la Haute autorité de santé (HAS) avait conclu à "l’efficacité insuffisante" de ces produits pharmaceutiques.

Dans un livre pamphlet paru en novembre dernier*, Jean Rotman, médecin homéopathe, président de l'association Roland Zissu, considère cette décision comme "totalement injuste" et révélatrice de l'état d'esprit d'un microcosme scientifique à l'esprit fermé, hostile à tout ce qui est étranger à ses propres conceptions, prompt aux injures et aux déclarations guerrières. Il répond à nos questions.

L'efficacité de l'homéopathie fait toujours l'objet d'une controverse. Pouvez-vous nous donner quelques exemples concernant les animaux ?
Jean Rotman : Dans le milieu agricole, il y a une énorme demande sur les bovins. Beaucoup d'éleveurs soignent leurs vaches par homéopathie. Il y a aussi de nombreuses prescriptions pour les chevaux, principalement les chevaux de course qui sont des athlètes fragiles, chers à l'entretien avec une valeur marchande importante. Les vétérinaires homéopathes ont également une demande importante pour les pathologies courantes qu'on rencontre chez les animaux de compagnie, les chats, les chiens.

Une étude sur les oies serait particulièrement probante…
J.R. : Une expérience très intéressante a été effectuée sur des oies, qui connaissent pendant les transports un stress dû à la promiscuité. Elles s'agressent et vont jusqu'à s'entretuer. Avec un traitement en homéopathie, on a constaté une baisse des agressions de 30 %.

Vous évoquez également dans votre livre les travaux d'Albert Claude Quemoun…
J.R. : Albert Claude Quemoun est un pharmacien dont les travaux ont été reconnus par l'Académie des Sciences et de Mathématiques de Russie. Il a bloqué des récepteurs du cerveau avec de la radioactivité et réussi à lever ce blocage grâce à des solanacées (des plantes comme la belladone) diluées à doses homéopathiques.

Quelles sont, selon votre expérience, les meilleures indications pour l'homéopathie ?
J.R. : Ma clientèle est fortement enfantine, pour environ 30 % en-dessous de 15 ans. J'ai d'excellents résultats sur toutes les pathologies ORL et bronchiques hivernales. L'homéopathie soigne l'ensemble des pathologies rhumatismales, digestives, cutanées, gynécologiques (Covid-19 : voir encadré)… Et s'il y a besoin d'un médicament allopathique, je l'utilise bien volontiers.

Existe-t-il des études scientifiques documentées sur son efficacité ?
J.R. : Il y en a beaucoup. Elles concluent que l'homéopathie est aussi efficace que l'allopathie notamment sur le plan digestif et dans le domaine psychique, sur la dépression. Certaines études n'ont pas été validées par la HAS parce qu'elle a décrété qu'il fallait 50 cas alors qu'il n'y en avait que 45. C'est le genre de tours de passe-passe qui ont été utilisés pour prétendre que l'homéopathie n'était pas efficace.

Au-delà de l'effet placebo, vous pensez qu'il existe dans les médicaments homéopathiques un principe actif qui est encore à découvrir. Quelle serait l'hypothèse ?
J.R. : Au-delà des dilutions à 9CH, il est logique de ne pas retrouver d'éléments chimiques dans les produits. Mais il existe des phénomènes physiques. La dilution homéopathique donnerait une information au solvant, l'eau ou l'alcool, rendant ainsi le produit actif. J'évoque dans mon livre les travaux du professeur Marc Henry et ceux de Jean-Louis Demangeat qui a montré que, dans les dilutions homéopathiques, il y avait des nano-bulles décelables au microscope électronique. Plus on montait en dilution et plus on avait de nano-bulles.

Vous soulignez également les économies générées par l'homéopathie…
J.R. : J'ai un exemple concret à vous donner, qui est très parlant. Il y a quelques années, une déléguée de la Sécurité Sociale m'a indiqué que mes chiffres de prescription d'antibiotiques pour un semestre s'établissaient à moins de 400 €. La moyenne du département était à 4 500 € ! Par exemple, en psychiatrie et en cardiologie, je parviens à réduire les doses de traitement de manière spectaculaire. Certains hypertendus arrivent dans mon cabinet avec deux médicaments. Souvent je supprime l'un des deux et sur le second je divise la dose par deux. Cela représente une diminution de la dépense d'environ 75 %.

Que trouvez-vous de "dictatorial" dans la médecine allopathique ?
J.R. : Le déremboursement est un acte dictatorial. Il va empêcher les gens aux revenus modestes de se soigner avec l'homéopathie. Il y a des gens qui ont des pathologies nécessitant plusieurs types de granules, avec un coût conséquent. Or beaucoup de nos patients ont des revenus minimes. Ils sont retraités ou relèvent de la CMU (Couverture Maladie Universelle). Cela va être très problématique pour eux. Je ne prétends pas qu'on vit dans un régime de type nord-coréen ou chinois. Mais empêcher les gens de se soigner comme ils veulent, cela constitue un acte dictatorial. Les gens sont révoltés contre cette décision.

À propos des mesures gouvernementales autour de la crise du Covid-19, la presse allemande (die Zeit) parlait récemment de la France comme d'un "Absurdistan autoritaire". Qu'en pensez-vous ?
J.R. : Je pourrai reprendre à mon compte cette expression. Je trouve qu'il n'y a pas eu de messages de prévention pendant cette crise. Si nous avions un système médical beaucoup plus ouvert sur les médecines alternatives et complémentaires, si les gens avaient pu prendre un traitement d'homéopathie, phytothérapie et oligo-éléments en prévention, on n'aurait pas eu l'hécatombe à laquelle on a assisté.

On parle beaucoup de médecine intégrative. Est-ce que le terme vous convient ?
J.R. : Oui. Une coopération entre les différentes médecines serait bien plus profitable pour les patients que le mépris auquel nous sommes soumis aujourd'hui.

 

*Contre la médecine dictatoriale, Docteur Jean Rotman, Impacts éditions.

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 Un protocole contre le Covid-19

"J'ai mis en place un protocole avec des remèdes homéopathiques, de la phytothérapie et des oligo-éléments, non pas pour empêcher d'attraper le Covid-19 mais pour empêcher que, si les gens sont touchés, ils ne développent des symptômes désagréables", explique Jean Rotman. "Pendant le premier confinement de mars-avril, j'ai pu en constater l'efficacité. Mais il faut être très présent auprès des patients parce que les symptômes changent rapidement et les remèdes homéopathiques doivent s'adapter à cette évolution. De plus il faut s'adapter à chacun. C'est le principe de l'homéopathie. Par exemple, je peux avoir dix angines dans la semaine et les prendre en charge avec dix traitements différents."