Lutter contre la pollution intérieure

Lutter contre la pollution intérieure

C'est le principal risque environnemental pour notre santé. Nos habitations sont fortement menacées par des polluants de toutes sortes et d'origines multiples. Il ne tient qu'à nous d'être attentifs à nos achats d'équipements, de meubles, de décoration… Et de connaître les bons gestes pour réduire la pollution chez nous.

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Sommaire

- Le principal risque environnemental
- Les oxydes d’azote (NOx)
- Le monoxyde de carbone (CO)
- Les composés organiques volatils (COV)
- Les composés organiques semi-volatils (COSV)
- La fumée de cigarette
- Les allergènes domestiques
- Les spores de moisissures
- Les particules fines
- Le radon
- L’amiante
- Achats responsables et écogestes

On pense souvent que la pollution de l’air est problématique à l'extérieur de chez soi et l'on se sent protégé dans la sphère privée. C'est une fausse impression. Les concentrations de polluants peuvent y être très élevées et nous y passons 85 % de notre temps*. Alors quelles sont les substances toxiques que nous respirons ? À quel point sont-elles dangereuses pour notre santé ?

Le principal risque environnemental
La pollution de l'air intérieur est aujourd'hui reconnu par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme le principal risque environnemental pour la santé publique. Elle était responsable en 2012 de 4,3 millions de décès prématurés dans le monde, dont 18 000 en Europe (source : OMS, mars 2014).

En cause : les substances toxiques venues de l'extérieur à laquelle s'ajoutent celles issues de certains matériaux utilisés pour la construction, la décoration ou l'ameublement. Mais aussi de nos propres activités : tabagisme, bricolage, ménage… C'est ainsi qu'on trouve dans nos habitations, en abondance, des polluants chimiques préoccupants pour la santé.

Les oxydes d’azote (NOx)
Ils proviennent du transport routier et de la production industrielle mais aussi des cuisinières et chauffe-eau à gaz. Ils peuvent provoquer des troubles respiratoires et, chez les asthmatiques, déclencher de fortes crises.

Le monoxyde de carbone (CO)
Il se dégage en particulier d'appareils de chauffage défectueux. Ce gaz incolore et inodore est mortel à forte concentration.

Les composés organiques volatils (COV)
Formaldéhyde, benzène, trichloréthylène ou solvants organiques, ils sont diffusés par les peintures, les parquets, les cires, les colles, les vernis, les parfums, les produits ménagers… Ils provoquent des irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, des nausées, des maux de tête et des vomissements. Ils pourraient être à l'origine de leucémies. Certains sont cancérogènes. On en détecte souvent beaucoup trop dans la chambre des bébés.

Les composés organiques semi-volatils (COSV)
Phtalates, bisphénols, retardateurs de flammes et autre pyréthrinoïdes se retrouvent dans les biocides ou les revêtements. Le PVC, par exemple, peut contenir 50 % de phtalates. Ces derniers ne sont pas liés chimiquement au plastique et s’en échappent donc facilement. Les sols en PVC en émettent en permanence, pas seulement lorsqu'ils sont neufs ou ¬lorsqu’ils se dégradent.

La fumée de cigarette
Elle contient plus de 4 000 substances plus ou moins nocives : benzène, monoxyde d’azote, monoxyde de carbone, ammoniac, métaux lourds… Elle est cancérigène. Les nourrissons et les enfants de parents fumeurs sont plus souvent atteints de bronchites, rhinites, otites… Le risque de mort subite chez les bébés est accru, les femmes enceintes exposées ont tendance à avoir des bébés de plus petit poids. L’académie de médecine estime qu’environ 3 000 décès et plusieurs centaines de milliers d’infections par an, en France, sont dus au tabagisme passif.

Les allergènes domestiques
Ils proviennent des pollens, des insectes, des acariens, des animaux de compagnie. Transportés par la poussière, ils sont mis en suspension dans l’air pendant que nous faisons le ménage. Ils peuvent déclencher asthmes, rhinites et autres maladies respiratoires.

Les spores de moisissures
Elles peuvent entraîner des pathologies allergiques, mais aussi des infections cutanées ou respiratoires. Elles proviennent des pièces trop humides, mal ventilées, mal isolées ou présentant des défauts d’étanchéité.
L'humidité est un facteur indirect de pollution dans la mesure où elle favorise le développement des moisissures et des acariens mais aussi les dégagements de COV par dégradation des colles des meubles.

Les particules fines
En suspension dans l'air, elles proviennent du transport routier, de la cuisson des aliments ou du chauffage... Elles pénètrent dans les poumons et les plus fines, les PM2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns) vont jusqu’aux bronches. Elles ont un effet irritant déclencheur de crises d’asthme et d’insuffisance respiratoire. À long terme, elles provoquent des maladies cardiovasculaires et pourraient induire des cancers du poumon. Là encore, il semblerait que nos logements connaissent des taux majoritairement supérieurs aux seuils préconisés par l'OMS.

Le radon
Moins connu, ce gaz radioactif naturel, incolore et inodore, est présent notamment dans les régions au sous-sol granitique comme la Bretagne ou le Massif central. Il peut s'accumuler dans les maisons et plus encore dans les caves mal ventilées.

L’amiante
Elle est interdite en France depuis 1997 mais on en trouve encore dans certains matériaux utilisés antérieurement pour l’isolation thermique, les câbles électriques, les canalisations, les joints ou les faux plafonds.
Si elle est inhalée, elle peut provoquer des fibroses pulmonaires, des cancers pulmonaires ou de la plèvre. On en trouve dans les dalles de vinyl-amiante et certains matériaux en fibrociment.

Achats responsables et écogestes
Pour minimiser la présence de ces substances toxiques dans notre habitation, il est important de bien s'informer au moment de l'achat d'un produit de construction ou de décoration : le signalement de polluants volatiles est obligatoire sur les emballages depuis 2013.

Par exemple, on privilégiera l’étiquette A+ pour les peintures, matériaux et autres produits.
Il vaut mieux renoncer à acheter des revêtements de sol plastifiés. On préférera le parquet, le carrelage ou le linoléum aux moquettes et tapis qui accumulent la poussière.
Pour les meubles, on privilégiera les labels : Ecolabel, NF Environnement, Ecocert, Nature et Progrès.
Il est sage de remplacer les anciens systèmes de chauffage au fioul, au gaz et au bois par des installations plus modernes et plus performantes.

Enfin, au quotidien, il est essentiel d'adopter chez soi les bons gestes qui permettent de minimiser la pollution intérieure (voir encadré).

 

Sources :
*Anses : Qualité de l'air intérieur
Santé Magazine : Pollution intérieure : quelles solutions ?
Futura Sciences : L'air de ma maison est-il pollué ?
Wikipédia : Pollution intérieure
Ademe : La pollution de l'air en 10 questions

 En savoir +

Les bons gestes quotidiens

- Aérer au moins deux fois par jour, y compris l’hiver. Ventiler de façon systématique après la douche ou le bain afin d’éviter la condensation et, à moyen terme, les moisissures.

- Nettoyer régulièrement les grilles d’aération et les bouches d’extraction de la VMC.

- Se débarrasser de tous les produits en spray et en bombe. Fuir les parfums d’intérieur, les désodorisants, les sprays ¬assainissants et purifiants aux huiles essentielles, l’encens et le papier d’Arménie.

- Faire le ménage dans ses produits d’entretien : oublier les lingettes parfumées, les nettoyants ménagers étiquetés désinfectants ou antibactériens.

- Traquer les pesticides : diffuseurs, bombes et plaquettes insecticides, produits pour plantes d’intérieur, antiparasitaires pour chats et chiens.

- Ne pas rester dans une pièce qui vient d’être peinte. Aérer au maximum pendant plusieurs jours avant de s’y réinstaller.

- Ne pas placer un nouveau meuble aussitôt après l'achat dans une chambre, surtout celle d’un enfant. Le laisser quelques jours dans une autre pièce souvent aérée.

- Enlever ses chaussures dans l’entrée pour éviter de rapporter des polluants de l’extérieur dans son logement.

- Renoncer au balai, à la balayette et au plumeau qui ne font que remettre la poussière en suspension au lieu de l’éliminer. Passer l’aspirateur régulièrement. Il est plus efficace s’il est doté d’un filtre HEPA, qui piège les particules les plus fines. Pour un dépoussiérage parfait, indispensable avec des enfants, passer ensuite la serpillière ou la microfibre humide sur les sols lisses.

- Éviter les chiffons secs pour dépoussiérer vos meubles et vos objets. Opter pour des chiffons humides ou des microfibres.

- Penser à nettoyer fréquemment ordinateurs, téléviseurs, box et électroménager, afin de limiter la présence de retardateurs de flamme toxiques dans la poussière.

- Ne pas rentrer chez soi avec des vêtements professionnels si l'on travaille à l’extérieur ou en milieu exposé.

 

Source :
Que Choisir : Pollution intérieure : comme réduire les polluants de son logement

85 %
de notre temps
se passe dans
des environnements clos*

19 milliards €
le coût annuel
de la pollution intérieure
en France*

14 à 20 %
des logements français
comportent
des moisissures visibles*