La Commission européenne veut contraindre les 27 à planifier leurs infrastructures sur un scénario à +3°C en 2100.
Elle a présenté un projet de loi visant à instituer des plans de résilience climatique obligatoires en calibrant la protection des populations, des réseaux énergétiques, des transports et de l'agriculture sur une hypothèse de réchauffement climatique atteignant 3°C à l'horizon 2100.
Face aux records de CO2 et à l'insuffisance des efforts mondiaux, elle acte donc l'échec de la trajectoire à +1,5°C prévue dans la cadre des accords de Paris.
Selon les estimations de la Commission, les pertes liées aux dégâts climatiques (sécheresses historiques, inondations, feux de forêt) ont représenté environ 50 milliards € par an, en Europe, entre 2022 et 2025.
Or les investissements nécessaires pour adapter les infrastructures du continent sont évalués à 70 milliards € par an : renforcement des digues maritimes, refonte des réseaux de drainage urbain, modernisation des infrastructures de transport face aux contraintes thermiques et reconversion des cultures régionales.
L'ensemble des pays de l'UE devront adopter leurs plans nationaux d'adaptation avant la fin de l'année 2030. La méthodologie commune repose sur un séquençage gradué, adossé aux projections scientifiques : hausse des températures moyennes mondiales à +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle dès 2030, +2°C en 2050, et +3°C en 2100.
Il s'agit là d'une rupture par rapport aux cadres réglementaires antérieurs, qui s'appuyaient exclusivement sur le respect strict des plafonds de l'accord de Paris.
L'exécutif européen se défend toutefois de toute capitulation politique face aux objectifs de la COP21. Il présente cette démarche comme un filet de sécurité structurel parallèle à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Source : La Tribune - 27/10/26
