Arts-thérapies : questions fréquemment posées

Arts-thérapies : questions fréquemment posées

Arts plastiques, musique, théâtre, danse, écriture… De nombreuses disciplines artistiques peuvent être utilisées dans un cadre thérapeutique en médecine intégrative.

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Sommaire

- Quelles sont les formes artistiques possibles en art-thérapie ?
- Faut-il arriver à un résultat esthétique ?
- Comment se passent les séances ?
- À qui s'adresse l'art-thérapie ?
- Comment choisir la bonne discipline ?
- Comment choisir son praticien ?
- Quelle est l'efficacité thérapeutique des arts-thérapies ?

Utiliser une activité artistique comme outil de thérapie, c'est le projet de l'art-thérapie.
"On peut définir l'art-thérapie comme l'accompagnement des personnes mises en position de création de sorte que leur parcours, d'œuvre en œuvre, fasse processus de transformation d'elles-mêmes"*, explique Jean-Pierre Klein, psychiatre et directeur de l'INECAT (Institut National d'Expression, de Création, d'Art et Thérapie).

Quelles sont les formes artistiques possibles en art-thérapie ?
Des arts plastiques (peinture, collage, modelage, photo, mandala, vidéo…) à la musique (voir : La musicothérapie : se soigner avec la musique), en passant le théâtre (drame, clown, marionnettes…), la danse et le mouvement, l'atelier d'écriture… Tous les médias sont envisageables.

Faut-il arriver à un résultat esthétique ?
Ce n'est pas impossible mais ce n'est pas l'objet principal des arts-thérapies.
"Art-thérapeute et sujet doivent protéger les productions d'un regard extérieur qui pourrait mettre un terme à ce qui se joue. Ces productions n'ont de sens que dans l'espace de l'atelier et dans la relation que le sujet compose avec son thérapeute. Elles n'ont pas de valeur esthétique en soi et ne sont pas porteuses d'un message qui pourrait être interprété dans et en dehors de ces temps de rencontre"*, affirme Martine Colignon, art-thérapeute plasticienne.

Comment se passent les séances ?
Elles se pratiquent en individuel ou en petits groupes.
"Les séances sont animées par des arts-thérapeutes diplômés ayant une expérience conséquente de l'art et de l'accompagnement relationnel"*, précise Jean-Pierre Klein.
Aujourd'hui ces thérapeutes viennent de secteurs très divers (artistique, socio-éducatif, soin au sens large, enseignement…) et ne sont pas encore reconnus officiellement comme des professionnels de santé.

À qui s'adresse l'art-thérapie ?
Elle s'adresse à toutes les personnes rencontrant des difficultés physiques, psychologiques ou mentales du fait d'un handicap, d'un problème existentiel ou d'un processus d'évolution personnelle.
"L'art-thérapie est une alternative à une psychothérapie qui peut s'avérer impossible. Certains l'appellent une "thérapie quand même"."*
Il est parfois difficile en effet d'aborder l'intime, l'indicible, l'irreprésentable, l'inouï, l'impalpable…
"La création et l'accompagnement des productions vont être des moyens détournés de travailler sur soi."*

Comment choisir la bonne discipline ?
Choix personnel, bouche-à-oreille, conseil d'un professionnel de santé, d'un enseignant, d'un éducateur… Différentes voies mènent aux arts-thérapies. Il faut ensuite prendre en compte l'adaptation à la discipline de ses capacités personnelles : niveau physique, expressivité verbale, sensibilité et créativité artistique, motivation, possibilité de fonctionner en groupe ou au contraire de supporter le silence ou la solitude…
"Les spécialités ne sont donc jamais en concurrence mais au service des patients, complémentaires. Les arts-thérapeutes d'une spécialité peuvent même suggérer la réorientation vers une autre spécialité, la trouvant mieux adaptée au moment présent"*, affirment Angela Evers et Paula Martinez Takegami, membres du Syndicat français des arts-thérapeutes.

Comment choisir son praticien ?
"Nul ne doit ni ne peut s'improviser art-thérapeute"*, explique Alice Warusfel, psychologue clinicienne. Comme il n'existe pas de diplôme d'État en France dans ce domaine, il est important de vérifier la formation du praticien. Il doit avoir une formation initiale dans son domaine artistique puis avoir suivi une formation inscrite au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ou un DU (Diplôme universitaire).
"Enfin, comme tout individu qui s'engage dans l'accompagnement de l'autre et la relation d'aide, le praticien ne peut faire l'impasse sur un travail personnel qui implique la connaissance de soi, de ses forces comme de ses fragilités."*

Jean-Pierre Klein conseille d'aller vers les praticiens qui restent "dans le cadre de l'expression artistique accompagnée jusqu'à la création". Il faudrait, selon lui, éviter ceux qui jouent à être des "psys", décryptant à tout-va les productions de façon péremptoire."*

Quelle est l'efficacité thérapeutique des arts-thérapies ?
Des médecins français de l'Institut Rafaël ont étudié les effets des arts plastiques auprès de plus de 250 patients atteints de cancer.
"Les résultats sont éloquents, puisque 25 % des patients évalués déclaraient avoir une très faible confiance en eux initialement, contre 0 % après leur prise en charge en art-thérapie. 15 % des patients évalués déclaraient avoir une très forte confiance en eux initialement, contre 66 % après l'art-thérapie"*, se réjouit Alain Toledano, médecin cancérologue-radiothérapeute.
Du reste, la pratique a été reconnue comme soin de support en oncologie par la HAS (Haute Autorité de Santé).
Une évaluation du même type a été faite en danse-thérapie. Les résultats ont fait apparaître une réduction de la douleur dans 50 % des cas, une amélioration du bien-être global dans 60 % des cas.*

"Les arts-thérapie s'inscrivent dans une démarche de santé intégrative. C'est un changement de prisme dans la considération de la santé, qui consiste à ne pas seulement la considérer comme l'absence de maladie mais aussi au travers de ses composantes psychologique, sociale, émotionnelle, sexuelle, environnementale."*

 

*Les 20 grandes questions pour comprendre les art-thérapies, Véronique Suissa, Serge Guérin, Philippe Denormandie, éditions Michalon

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Comment est né l'art-thérapie ?

Jean-Pierre Klein, psychiatre et directeur de l'INECAT (Institut National d'Expression, de Création, d'Art et Thérapie), fait remonter la création de l'art-thérapie aux années 1940 avec la danseuse états-unienne Marian Chace travaillant en hôpital psychiatrique. C'est Adrian Hill, peintre anglais touché par la tuberculose, qui invente le concept après avoir fait peindre les malades de son sanatorium puis des blessés de la guerre. Il faudra attendre les années 1960 pour que la psychiatrie s'intéresse à la créativité, notamment grâce à David Winnicott, pédiatre anglais.*