La France est passée à l’heure d’été dans la nuit du 28 au 29 mars : à 2 heures du matin, il était 3 heures.
Ce changement d’heure est controversé. Pourtant sa suppression, souhaitée par la Commission européenne, ne semble plus être d’actualité. Cette mesure, instaurée pour la première fois en 1916 avant d’être abandonnée en 1944, a été réintroduite par un décret en septembre 1975. Elle devait être provisoire et avait pour but de limiter la consommation d’énergie en plein choc pétrolier. Est-elle toujours utile et souhaitable aujourd’hui ?
En France, une consultation en ligne organisée début 2019 par l’Assemblée nationale avait reçu plus de deux millions de réponses, massivement (83,74 %) en faveur de la fin du changement d’heure. Plus de 60 % des participants assuraient en avoir eu “une expérience négative ou très négative”.
Dans le monde, la plupart des pays ne pratiquent pas le changement d’heure saisonnier et plusieurs pays comme le Mexique, l’Argentine, la Tunisie, l’Egypte, la Turquie, la Russie et l’Arménie, ont décidé de l’abandonner.
En terme de gains énergétiques, des études montrent que les économies en énergie et en CO2 restent “modestes”, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
La consommation d’électricité est certes beaucoup moins importante le soir mais elle est plus importante le matin. Au final, l’économie a été estimée à 440 gigawattheures (GWh) en 2009. Avec la performance accrue des systèmes d’éclairage (LED) elle se montait à seulement 351 GWh en 2018 et l’on prévoit qu’elle passera, en 2030, à 258 GWh. Aujourd’hui, la majorité de la consommation d’énergie des ménages provient du chauffage et non de l’éclairage.
Concernant la sécurité routière, certains pointent une augmentation des accidents de la circulation, mais les études sur la question ne sont pas unanimes. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière a observé qu’entre 2015 et 2019, le nombre d’accidents impliquant un piéton augmente de manière récurrente de 42 % en novembre, par rapport au mois d’octobre.
Les conséquences sur la santé font également débat. Certaines études montrent une augmentation du risque de crise cardiaque dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été. D’autres considèrent que la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur. Mais globalement, sur le plan scientifique, le lien de causalité est difficile à mettre en évidence.
Source : Le Monde, Thibault Faussabry, Mathilde Damgé, Alexandre Pouchard - 28/03/26
