Moisissures, eau de qualité douteuse, textiles problématiques, produits cosmétiques pleins de substances toxiques pour la santé et l’environnement… La salle de bain doit faire l’objet de toutes nos attentions.

Sommaire
- Lavabo, douche, baignoire : sus aux moisissures !
- Qualité de l’eau : filtrer
- Linge de bain : pas de synthétique !
- Gel douche et shampoing : faire confiance aux labels
- Dentifrice : éviter les substances controversées
- Réduire sa consommation de cosmétiques
Au minimum, on y passe forcément le matin et le soir. La salle de bain est un lieu de la maison que l’on consacre à la propreté.
”Un espace dédié à la propreté mais qui, paradoxalement, est rempli de substances toxiques qui polluent notre air intérieur et notre corps par la même occasion"*, constate Pierre Souvet, médecin cardiologue et fondateur de l’association Santé Environnement France (ASEF).
Partons donc à la recherche des polluants cachés dans la salle de bain…
Lavabo, douche, baignoire : sus aux moisissures !
Constamment exposés à l’humidité, lavabo, douche et baignoire sont un terrain idéal pour la prolifération de moisissures. Il s’agit de petits champignons microscopiques qui s'installent sur les joints, les carrelages, les plafonds ou les rideaux de douche. Souvent invisibles, leurs spores diffusent dans l'air et peuvent provoquer des problèmes respiratoires, des allergies, des rhinites, des sinusites voire des maux des tête, des migraines et une fatigue chroniques.
“Pour les individus souffrant de maladies respiratoires chroniques, comme la fibrose kystique ou la MPOC (maladie pulmonaire obstructive chronique), les moisissures peuvent aggraver les symptômes et entraîner de sérieuses complications”*, précise Pierre Souvet.
Il faut donc penser à bien aérer la salle de bain après usage. En l’absence de fenêtre, installer une VMC (ventilation mécanique contrôlée).
Au moins une fois par semaine, nettoyer toutes les surfaces susceptibles de développer des moisissures avec des produits naturels : vinaigre blanc, bicarbonate de soude, citron (éviter les produits chimiques agressifs comme l’eau de Javel, nocifs pour la santé et l’environnement).
Au quotidien, de l’eau savonneuse (savon noir ou de Marseille) permet d’éliminer les résidus dans le lavabo, la douche ou la baignoire.
Qualité de l’eau : filtrer
Par ailleurs il est prudent de veiller à la qualité de l’eau qui contient du calcaire, du chlore pouvant irriter la peau et les yeux, des métaux lourds, des pesticides et parfois des bactéries causant la legionellose.
La solution la plus efficace consiste à utiliser un filtre à eau en amont de l’installation. Au minimum, un pommeau de douche filtrant fera l’affaire.
Linge de bain : pas de synthétique !
Serviettes, draps de bain et tapis de bain : attention aux matériaux synthétiques ! Ils sont sources de phtalates et de COV (composés organiques volatils) connus pour provoquer à terme des irritations respiratoires, des maux de tête et des allergies. De plus, ils libèrent à chaque lavage des microplastiques dans l’environnement.
Le coton conventionnel pose problème également en raison des résidus de pesticides qu’il contient, même après plusieurs lavages. Les traitements antimicrobiens, les colorants et les teintures présentent aussi un risque (présence de métaux lourds et de substances cancérigènes).
On privilégiera donc le linge de bain avec le moins d’impressions possible, avec les mentions “teintures sans métaux lourds” ou “teintures végétales”, de préférence en coton bio, lin, chanvre ou bambou non traités chimiquement.
Gel douche et shampoing : faire confiance aux labels
On y trouve de perturbateurs endocriniens comme les alkylphénols qui sont suspectés d'affecter la reproduction, le développement et d'autres fonctions biologiques essentielles.
Les agents moussants puissants (SLS et SLES) sont connus pour être irritants, surtout pour les peaux sensibles ou sujettes à l'eczéma. Ils peuvent altérer le film hydrolipidique de la peau, entraînant sécheresse, démangeaisons et rougeurs.
Il faut surveiller également la présence de parfums synthétiques (allergéniques), les parabènes (perturbateurs endocriniens), les colorants artificiels (irritants) et les huiles minérales dérivées du pétrole qui peuvent empêcher la peau de respirer correctement.
On ne devrait utiliser le gel douche ou le shampoing que lorsque c’est nécessaire (le lavage quotidien n’est pas indispensable) et penser à rincer abondamment.
Le mieux est d’opter pour les produits solides. Pour la douche, un pain de savon bio (Alep, Marseille) est idéal. Si l’on est expert en lecture d’étiquettes, il vaut mieux choisir les produits avec des tensioactifs d’origine végétale (coco-glucoside, lauryl glucoside, décyl glucoside ou sodium cocoamphoacteate). On peut aussi faire confiance aux labels (Nature et Progrès, Ecolabel, Demeter, Cosmos Organic…).
Dentifrice : éviter les substances controversées
Pour le dentifrice également, les labels permettent d’éviter les ingrédients toxiques qu’on y trouve fréquemment : triclosan (un antibactérien synthétique, perturbateur endocrinien), dioxyde de titane (pigment blanc, cancérigène), SLS, arômes synthétiques, parabènes, édulcorants artificiels… Les produits certifiés bio contiennent des ingrédients d’origine naturelle et sans substances controversées.
Réduire sa consommation de cosmétiques
Le reste de la trousse de toilette doit faire l’objet des mêmes précautions. On trouve notamment dans les déodorants de l’aluminium (neurotoxique), dans les rouges à lèvres du plomb (également neurotoxique) et des huiles minérales (cancérogènes), dans les parfums de nombreux allergènes (voir encadré).
“Certes, les doses sont souvent faibles mais les effets de ces pollutions sont variables suivant le profil génétique, le type de produits, l'âge, le sexe, la fréquence ou la durée de l'exposition. La femme enceinte et le bébé seront plus vulnérables car ce sont des périodes à risque”*, avertit Pierre Souvet.
Il est donc prudent de réduire sa consommation de cosmétiques, d’éviter les emballages en plastiques, de consulter attentivement la liste des ingrédients et de préférer les cosmétiques certifiés bio.
(Voir : Cosmétiques : bio ou pas ? et Des produits naturels pour notre peau)
Chaque geste compte, permet de faire du bien à ses enfants, à sa famille, à son entourage et à soi-même… Et c’est un excellent moyen de lutter contre l’éco-anxiété (voir : Contre l'éco-anxiété, révéler sa nature).
*Anti-toxique, Le guide des polluants cachés, sous la direction de Pierre Souvet, éditions Albin Michel
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Des produits toxiques dans les parfums
On trouve dans les parfums de nombreux perturbateurs endocriniens : phtalates, BHA (butylhydroxyanisole), BHT (buthylhydroxytoluène).
Ils contiennent également de nombreux allergènes potentiels qui peuvent provoquer des réactions cutanées, des irritations, des maux de tête ou aggraver des pathologies comme l’asthme.
“Ces effets dépendent de la sensibilité individuelle ainsi que de la concentration de ces substances dans le produit”*, précise Pierre Souvet, médecin cardiologue et fondateur de l’association Santé Environnement France (ASEF).
Il faut donc d’abord tester le parfum sur une petite zone de peau et, en usage courant, l’appliquer plutôt sur les vêtements. Éviter le contact avec les yeux et les muqueuses, éviter aussi de parfumer les enfants.
On peut privilégier les eaux de toilette, qui contiennent moins de substances chimiques que les eaux de parfum ou les parfums.
Et opter de préférence, encore une fois, pour les labels bio et écologiques.
