Grippe aviaire et autres zoonoses : une prévention plus durable grâce à l’agroécologie ?

Grippe aviaire et autres zoonoses : une prévention plus durable grâce à l’agroécologie ?

75 % des maladies infectieuses retrouvées chez l’humain ces 30 dernières années viendraient des animaux, selon l’OMS.

Ces maladies, causées par des agents pathogènes capables d’infecter les animaux et les êtres humains, sont qualifiées de zoonoses.
C’est, par exemple, le cas de l’influenza aviaire, ou grippe aviaire, responsable de nombreuses infections chez les oiseaux (19 millions de volailles abattues en 2021-22, coût : près d’1 milliard €) et quelques cas chez l’humain (2 723 depuis 1997).

La manière la plus durable de gérer une maladie infectieuse comme la grippe aviaire est la prévention : la biosécurité à l’échelle de l’élevage (enfermer les volailles dans un bâtiment) et la vaccination à l’échelle d’un territoire (réduction de 90 % du nombre d’infections en 2023-24).
Inconvénients : hausse de la mortalité dans les élevages confinés, propagation silencieuse du virus dans les élevages vaccinés et coût élevé des campagnes de vaccination.

En réalité, la gestion durable des maladies infectieuses ne peut se faire sans une remise en question profonde de nos modes d’élevages. Adaptée après la seconde guerre mondiale pour répondre aux besoins de la reconstruction, l’intensification n’est plus justifiée aujourd’hui. La surproduction a un coût environnemental et sanitaire. L’utilisation des pesticides est responsable d’un perte de biodiversité et soupçonnée d’avoir des effets délétères sur la santé humaine.
Pour la filière avicole comme pour d’autres, l’agroécologie qui a pour objectif de réduire l’utilisation d’intrants (pesticides), tout en augmentant les externalités positives (maintien de la biodiversité, entretien des prairies, tourisme…), pourrait donc aider à prévenir les risques sanitaires. 

En matière d’élevage, elle se fonde sur trois principes :
- mettre en place des mesures de prévention dans le milieu de vie et dans la conduite d’élevage,

- élever des animaux davantage résistants aux agents pathogènes,
- traiter les animaux malades avec une molécule adaptée et ciblée, là où certaines pratiques encouragent l’utilisation de molécules à large spectre sur l’intégralité des animaux.


Cette démarche entre en résonance avec l’approche "Une seule santé" (One health, en anglais) qui lie santé animale, humaine et environnementale.

 

Source : The Conversation, Sophie Planchand - 04/04/26

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