Protéger son pancréas

Protéger son pancréas

C’est un organe discret mais son dysfonctionnement peut avoir des conséquences graves voire mortelles. S’il est bien protégé, le pancréas peut contribuer à améliorer le bien-être, la santé et la longévité.

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Sommaire

- Une glande du système digestif
- Des enzymes
- Des hormones
- Des maladies potentiellement graves
- Ennemis et amis dans l’alimentation…
- Et dans le mode de vie
- Des médicaments iatrogènes 
- Une meilleure longévité

Pour la plupart d’entre nous, le pancréas est un organe qu’on ne sait pas très bien situer et dont on ignore la fonction exacte. Il ne se manifeste jamais mais se fait connaître brutalement lorsqu’il dysfonctionne de manière grave. On sait notamment que le cancer du pancréas est l’un des plus dangereux. Pourtant cet organe joue un rôle central dans la régulation du sucre, des graisses, de l’énergie…
"En somme, le pancréas est un colocataire invisible, patient, résilient, à l'écoute, qui accomplit un travail remarquable, un vrai rêve ! Tant qu’on n’exagère pas"*, résume Pierrre Nys, endocrinologue, nutritionniste et diabétologue.

Une glande du système digestif
Le pancréas est situé dans le ventre, en profondeur derrière l’estomac. 
Il ressemble à une feuille longue d’environ 15 cm et comporte trois parties : la tête, le corps et la queue. La tête est en contact direct avec le duodénum (partie initiale de l’intestin grêle), la queue est à gauche de l’abdomen, à proximité de la rate. 
C’est une glande du système digestif dont certaines cellules ("exocrines": 99 % du pancréas) permettent de digérer correctement tandis que d’autres ("endocrines" : 1 %) fabriquent des hormones permettant notamment de distribuer dans l’organisme du glucose, ce sucre qui sert de carburant pour le corps.                                                   

Des enzymes
Côté digestion, le pancréas fabrique des enzymes qui servent à digérer les graisses, les protéines et les glucides. Les enzymes sont comme des petits ciseaux qui découpent la nourriture en morceaux minuscules aptes à être, au final, assimilés par le corps.

Des hormones
Les cellules endocrines, sont situées dans ce qu’on appelle les "îlôts de Langerhans" (du nom de celui qui les a décrites en 1869). Elles produisent six hormones : 
- l’insuline : pour stocker et libérer le glucose ; 
- le glucagon : anti-hypoglycémie, qui, au contraire,  fait remonter le taux de sucre dans le sang ; 
- l’amyline : pour éviter les pics de glycémie après les repas ; 
- la ghréline : qui donne faim et envie de sucre ; 
- la somatostatine : qui régule les autres ni trop ni trop peu ; 
- le polypeptide pancréatique : qui décide si l’on a faim ou pas.*

Des maladies potentiellement graves
Les principales maladies du pancréas sont :
- le diabète pancréatique, avec une destruction soit du pancréas endocrine soit du pancréas exocrine, d’où une sécrétion insuffisante de glucagon ; il est instable car très difficile à équilibrer ; 
- le diabète de type 1, avec une destruction auto-immune des cellules produisant l’insuline ;
- le diabète de type 2 qui n'est pas réellement d'origine pancréatique mais néanmoins classé dans la même catégorie ;
- la pancréatite qui est une inflammation du pancréas souvent liée à l'alcool ou aux calculs biliaires ; 
- le cancer du pancréas, moins fréquent que les cancers du sein, du poumon ou de la prostate, mais qui est l'un des plus mortels ; souvent détecté tardivement, après métastases, il touche environ 10 000 personnes par an en France ;
- l’insuffisance pancréatique avec une production insuffisante d’enzymes qui provoque de gros soucis digestifs, une malabsorption des nutriments, des diarrhées grasses, une perte de poids pouvant être aussi un signe précoce de cancer du pancréas.*

Ennemis et amis dans l’alimentation…
Dans l’alimentation, les principaux ennemis du pancréas sont les sucres raffinés, les aliments et les boissons sucrées, les mauvaises graisses (plats industriels, fritures, sauces, crèmes, fromages…), la malbouffe (fast-food, aliments ultratransformés), l'excès de viande rouge… L’alcool augmente significativement les risques de pancréatite.

Ses amis sont les légumes verts, les graines, les bonnes huiles, les oméga-3, les aliments à index glycémique bas, les fruits rouges… Pour résumer : le régime méditerranéen. Une hydratation régulière (exclusivement à base d’eau) favorise la digestion et évite la pancréatite.*

Et dans le mode de vie
Au niveau du mode de vie, le tabagisme augmente le risque de cancer du pancréas, même à petite dose, même passif. 
La sédentarité, souvent associée à un surpoids abdominal, favorise les troubles du pancréas. 
Enfin le stress chronique, lorsqu’il n’est pas bien géré, provoque un dérèglement hormonal avec un excès de cortisol qui augmente la glycémie, favorise la résistance à l'insuline (prédiabète) et stimule la production d'acides gras dans le foie, ce qui accroît la graisse viscérale, inflammatoire et toxique pour le pancréas.

Heureusement le pancréas a aussi des alliés : une activité physique modérée qui lui donne moins de travail car elle améliore la sensibilité à l'insuline et rend donc celle-ci plus efficace (voir encadré). Même chose pour la gestion du stress qui aide à garder une glycémie équilibrée. 
Il faut savoir qu’une bonne hygiène dentaire aide à prévenir les maladies pancréatiques. Un sommeil réparateur est également essentiel pour l'équilibre hormonal.

Des médicaments iatrogènes
Iatrogène veut dire : manifestation pathologique due à un acte médical, spécialement à un médicament.
Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou certains antibiotiques sont toxiques pour le pancréas : donc attention à l’automédication !
Il est prudent de faire un bilan régulier chez le médecin (glycémie, lipides) pour prévenir ou déceler rapidement les troubles silencieux du pancréas.

Une meilleure longévité
Un pancréas en forme et bien protégé permet de régler l'horloge métabolique et fait vivre plus longtemps les autres organes : coeur, foie, reins, cerveau. 
Préserver le pancréas, selon Pierre Nys, c’est donc préserver la longévité globale.*


*Et si c’était le pancréas ? Digestion, glucose, métabolisme… Un rôle essentiel pour votre santé, Pierrre Nys, éditions Leduc

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Bouger pour chouchouter son pancréas

"Le pancréas est un organe sensible à l'environnement hormonal, à l'équilibre entre insuline, glucose, hormones du stress et inflammation. L'activité physique est un régulateur naturel de ces mécanismes. C'est sans doute l'un des meilleurs "médicaments" préventifs, gratuit, sans effets secondaires et pourtant souvent négligé"*, affirme Pierrre Nys, endocrinologue, nutritionniste et diabétologue.

Voici les 5 raisons métaboliques qui doivent nous inciter à bouger :
- favoriser la régulation de la physiologie, le retour de l'équilibre hormonal et métabolique naturel ; 
- améliorer la sensibilité à l'insuline ; 
- faire baisser l'inflammation "générale" du corps ; 
- mieux gérer la prise de poids.

Pierre Nys conseille d'être prudent avec les sports ultra-intensifs et chronométrés (marathon, triathlon…) et déconseille les prises de suppléments hyperglucidiques ou énergétiques non encadrées, du genre "aliments pour sportifs" ou "boissons de l’effort".
Il recommande en revanche les sports à endurance douce à modérée (marche rapide, vélo, natation, course lente, aquagym, longe-côte…), le renforcement musculaire raisonné (haltères légers, Pilates, gainage…), les sports collectifs modérés (tennis en double, ping-pong, volley ball…) et toutes les activités corporelles "antistress" (yoga, Taiji Quan, Qi Gong, stretching, danse "personnelle", gym “naturelle”…).*

Vie Saine et Zen