L’immense majorité des établissements scolaires ne respectent pas la loi imposant au moins 20 % de bio dans les cantines depuis 2022.
Environ 75 % des élèves sont demi-pensionnaires et devraient trouver dans leur assiette au moins 50 % de produits "durables et de qualité", dont au moins 20 % de produits bio ou en conversion. Mais encore faudrait-il que la loi Egalim en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2022 soit correctement appliquée ! En réalité, seuls 11,8 % des établissements scolaires ont acheté au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique en 2025.
Problème : aucune sanction n’est prévue par la loi en cas d’absence de déclaration ou de non-respect du quota de bio.
Selon une enquête de l’association Agir pour l’Environnement auprès de 97 villes préfectures en France, c’est Saint-Étienne qui était en haut du podium avec 74,5 % de bio dans ses cantines du premier degré en 2024, suivie de Périgueux avec 70,8 % et Bordeaux avec 66,2 %. Lanterne rouge : Orléans, avec seulement 4,6 % de bio.
L’Agence bio estime que le principal frein à l’introduction du bio en restauration collective vient du fait que les gestionnaires de cantines réclament produits conventionnels et produits bio dans un même cahier des charges. Dans ces conditions, les fournisseurs spécialisés dans le bio ne peuvent pas répondre aux appels d’offre.
Autre frein : les produits bio sont plus facilement écartés car parfois légèrement plus chers que les produits conventionnels.
Biocentre, une association interprofessionnelle de la filière biologique du Centre-Val de Loire, utilise plusieurs leviers pour proposer plus de bio tout en rationalisant les coûts : travail sur l’approvisionnement avec les producteurs locaux, suppression des produits semi-transformés, mise en place du fait-maison et d’un repas végétarien, travail sur les protéines végétales, lutte contre le gaspillage…
La loi Egalim avait pour ambition de renforcer la structuration de la filière bio en assurant des débouchés solides pour satisfaire la demande des écoles. Son application trop partielle est une occasion manquée.
Mauvais signal : une récente modification de la réglementation, dans le cadre de la loi d’urgence agricole du 18 août 2026, ajoute un nouvel objectif de 30 % de produits sous des labels divers (Label Rouge, AOP, HVE, produits fermiers…) qui ne protègent ni la santé ni les écosystèmes, comme le fait le bio. De quoi affaiblir encore la dynamique de la loi Egalim déjà insuffisamment engagée.
Source : Reporterre, Fabienne Loiseau - 05/09/26
