Édito de Franck Arguillère

Édito de Franck Arguillère

Ce sont des pratiques millénaires fondées sur l’observation et l’intuition, ouvertes aux influences extérieures, au fil des siècles. Yoga, Qi Gong et Taiji Quan partagent une même vision : celle d’un corps, d’un esprit et d’un souffle étroitement liés. Ce sont des disciplines corps-esprit dont la science nous dit aujourd’hui qu’elles agissent sur de nombreux mécanismes de l’organisme avec des effets bénéfiques sur la santé humaine : respiration, équilibre, gestion du stress, douleurs chroniques, vieillissement cognitif.

Elles font la une de l’actualité pour cette rentrée 2026, notamment dans la première émission d’Ali Rebeihi, Grand Bien Vous Fasse, sur France Inter, où des experts expliquent les liens étroits qui existent entre le mouvement, la respiration, l’équilibre émotionnel et le fonctionnement du cerveau. Les traditions ancestrales se voient confirmées par les études scientifiques, toutes à la recherche de ce que nous appelons l’homéostasie : l’équilibre et la stabilité des composants de l’organisme face aux variations extérieures.

Yoga, Qi Gong et Taiji s’inscrivent dans des conceptions du corps humain qui s’expriment dans les médecines traditionnelles des régions concernées, de l’Inde à la Chine… L’enjeu est de retrouver un état de cohérence entre le physique, les émotions et les pensées, comme l’explique Lionel Coudron, médecin et enseignant de yoga. Ce sont des pratiques aussi bien préventives que curatives.
Le souffle vital est au centre de ces conceptions, qu’on l’appelle "prana" en yoga, "Qi" (prononcer "tchi") en Qi Gong ou Taiji. Au-delà de la simple mécanique respiratoire, le travail sur le souffle permet d’agir à la fois sur le corps et sur l’état psychique : méditation, attention, concentration, proprioception (capacité du corps à percevoir sa propre position et ses mouvements dans l’espace)…

Les techniques de respirations lentes permettent notamment de renforcer l’activité du système nerveux parasympathique qui favorise le repos, la détente et la digestion.
Quant au mouvement, il fait travailler le corps, stimule le nerf vague (voir : Pourquoi il est important de stimuler son nerf vague) et le drainage lymphatique (voir : La lymphe : échanges et discrétion). Il sollicite aussi les capacités cognitives. Par exemple, l’apprentissage des enchaînements de Taiji, parfois complexes à mémoriser, stimule la neuroplasticité, selon Daniel Schulz, neuroscientifique. Il crée de nouvelles connexions dans le cerveau, notamment dans les zones liées au mouvement, à la planification et à l’attention.
Les effets des ces disciplines s’observent sur la préservation à la fois de certaines capacités cognitives et des fameux télomères, ces capuchons de protection qui se trouvent à l'extrémité de nos chromosomes et qui déterminent le rythme de vieillissement de nos cellules (voir : Chouchouter ses télomères !).

Il y a un fort cousinage, à la fois culturel et thérapeutique, entre ces différentes pratiques : Yoga, Qi Gong, Taiji.
C’est aujourd’hui un fait avéré par la science : elles pourraient aider à entretenir la santé et à mieux vieillir.

Vie Saine et Zen