La prévention contre le Covid-19

La prévention contre le Covid-19

Tout ce qui fait baisser le niveau de stress oxydant est bon pour prévenir le Covid-19 : nutrition, activité physique, gestion du stress. On peut aussi envisager une complémentation en zinc, vitamines C et D, quercétine…

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Sommaire

- La place actuelle de la prévention ?
- Un profil spécifique pour les formes graves ?
- Le principe général d'une stratégie de prévention ?
- Des mesures contre-productives ?
- Quelles mesures spécifiques individuelles ?
- Quelles mesures de prévention collective ?
- Quels gestes barrières incontournables ?
- L'erreur des mesures actuelles ?
- L'effondrement de notre système hospitalier ?

Tout au long de la crise du Covid-19, les grands médias ont expliqué en long et en large les essais cliniques, les études randomisées en double aveugle contre placebo, l'efficacité comparée de tel ou tel traitement, les trois phases de tests pour l'élaboration d'un vaccin… La prévention, en revanche, en dehors des gestes barrières, est la grande absente de cette foisonnante communication sanitaire. Michel Brack, médecin spécialiste dans le domaine du stress oxydatif et du vieillissement*, répond à nos questions.

Quelle est la place actuelle de la prévention dans la médecine conventionnelle ?
Michel Brack : Notre médecine est traditionnellement centrée sur le diagnostic et le traitement des maladies. Mais elle commence à comprendre que la prévention est essentielle. Aujourd'hui on a une assise scientifique solide qui nous permet de proposer des stratégies de prévention active très intéressantes.

Y'a-t-il un profil spécifique des patients touchés par les formes graves de la maladie ?
M.B. : Le Covid-19 ne touche pas n'importe qui. Il touche les gens qui ont un état de santé altéré et qui entrent dans la grande catégorie mentionnée par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) des 60 à 80 % de patients atteints de maladies chroniques qu'on pourrait éviter par des mesures préventives. Ces patients ont un niveau élevé de stress oxydant et ont donc plus de probabilités de faire une forme grave de Covid-19. Si ces patients avaient été pris en charge depuis plusieurs années avec des mesures préventives vraiment efficaces, il y aurait beaucoup moins d'hospitalisation et de décès.

Quel serait le principe général d'une stratégie de prévention ?
M.B. : Il faut prendre soin de son métabolisme, de son système immunitaire et de son mental. L'idée fondamentale est de soigner son état général. La triade de prise en charge préconisée par l'OMS est relativement simple : nutrition, activité physique, gestion du stress. Ce sont les trois piliers.

Est-ce que les mesures prises par les autorités ne sont pas contre-productives à cet égard ?
M.B. : Les mesures liées au confinement n'ont pas amélioré le métabolisme des gens. Mes collègues nutritionnistes voient des patients qui ont pris au printemps en moyenne 2 kg, parfois jusqu'à 10 voire 15 kg ! Fermer les salles de sport et les piscines est problématique pour l'activité physique. De plus, on constate qu'il n'est pas simple de bien gérer son stress aujourd'hui. La population est extrêmement inquiète, quasiment dépressive. Or on sait que l'état de stress chronique, au-delà de trois à six mois, effondre le système immunitaire, aggrave les troubles du métabolisme et les troubles cardiovasculaires. C'est ce qui fait le lit des formes graves du Covid-19.

Quelles sont les mesures spécifiques individuelles à prendre ?
M.B. : Des études sérieuses montrent les bénéfices d'une supplémentation raisonnable en zinc et en vitamine D. Concernant le stress oxydant, nous proposons une formule thérapeutique de complémentation nutritionnelle, vitamine C et quercétine, qui permet d'améliorer la situation sans aucun risque d'effets délétères.

Quelles sont les mesures de prévention collective qui vous sembleraient adaptées aujourd'hui ?
M.B. : On est en période épidémique avec un virus qui circule. Ce n'est plus tout à fait le même virus qu'au printemps dernier, parce qu'il a varié, il est moins virulent. Par ailleurs les prises en charge hospitalières ont fait d'énormes progrès en quelques mois. Ça se passe beaucoup mieux. Mon avis est qu'on devrait beaucoup plus rassurer les gens, d'autant qu'en faisant cela, on soigne leur état général. À partir du moment où les mesures que l'on prend font plus de dégâts que le virus lui-même, il faut se poser des questions.

Quels sont les gestes barrières incontournables pour vous ?
M.B. : Le lavage des mains est absolument fondamental. Ensuite il ne me viendrait pas à l'idée de prendre le train ou le métro sans mettre de masque et sans me laver les mains toutes les 10 minutes. C'est la même chose dans tous les endroits où il y a du monde. En revanche dans une rue qui n'est pas trop fréquentée, on sait que le masque ne sert à rien. Par ailleurs un mauvais maniement du masque peut devenir contre-productif. Il faudrait mettre son masque avec des doigts très propres et ne plus jamais y toucher, ce qui n'est jamais fait.

Quelle est, selon vous, l'erreur des mesures actuelles ?
M.B. : On a l'impression aujourd'hui que le débat n'est plus scientifique. On impose à l'ensemble de la société des mesures qui ne devraient être ciblées que sur les personnes ayant un risque réel de développer une maladie grave. On met toute la population sous cloche, ce qui a pour effet d'effondrer l'économie, de faire exploser la pauvreté, le nombre d'infarctus, de psychopathologies, de suicides… On a des patients qui développent des phobies du contact, qui ne vont plus pouvoir toucher personne pendant des années ! Les mesures qui sont prises aujourd'hui sont moyenâgeuses. Elles vont faire plus de maladies et plus de morts que le virus lui-même.

Est-ce que tout le problème ne vient pas de l'effondrement de notre système hospitalier ?
M.B. : Il est étonnant de voir qu'en 6 mois on n'a pas eu le temps de mettre nos hôpitaux à niveau pour une deuxième vague, alors qu'on a vécu l'expérience de mars-avril. Aujourd'hui, à Paris, les hôpitaux manquent de gants et certaines salles de réanimation sont fermées parce qu'il n'y a pas assez de femmes de ménages ! Dans ces conditions, on comprend la peur du personnel hospitalier de revivre ce qui s'est passé au printemps. D'autant qu'il est confronté à une vague sans précédent de démissions de médecins et d'infirmières. Si la logistique hospitalière de soins intensifs avait été à la hauteur, on n'aurait pas confiné. On a confiné au mois de mars pour sauver l'hôpital. Il aurait fallu faire ce qu'il fallait pour le sauver il y a cinq ans, il y a dix ans. Nous sommes en face d'une logique technocratique mortifère.

 

*Auteur notamment de Covid-19, quels enseignements, quelles pistes d'action ?, VA éditions

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Un futur vaccin anti-Covid ?

"Je suis pour des vaccins qui sauvent des vies", affirme Michel Brack*.
"Il existe aujourd'hui au niveau planétaire une réflexion de toutes les structures de recherche qui travaillent sur la vaccinologie. Globalement, on n'est pas très satisfait des vaccins dont on dispose, à part les grands classiques qu'on utilise depuis des dizaines d'années comme diphtérie, tétanos, polio. Pour certaines maladies, comme par exemple le sida, on n'en a pas et ça fait 30 ans qu'on cherche. Pour la grippe, au mieux on est à 30 % d'efficacité. Plus les gens sont âgés, moins il est efficace, ce qui est l'inverse de ce qu'on cherche. À partir de ce constat, on a développé des programmes de recherche passionnants mais encore balbutiants. Les plus innovants et prometteurs sont les vaccins à ADN ou ARN. L'idée est d'injecter un virus dont on aura modifié le génome de manière à provoquer une réaction immunitaire spécifique sans déclencher la maladie. Le problème est qu'on n'a pas de recul sur cette nouvelle méthode. Pour certains spécialistes, il faudra une dizaine d'année pour être vraiment sûr des effets. Un vaccin ne donne de résultat qu'après deux ou trois ans de commercialisation."