C’est une pathologie pénible, parfois invalidante, et qui touche également l’entourage. Les troubles obsessionnels compulsifs peuvent être pris en charge de manière efficace par un traitement médicamenteux et/ou une thérapie cognitive comportementale.

Sommaire
- Obsessions et/ou compulsions
- Activités mentales involontaires
- Des “rituels”
- Souffrance voire handicap
- Une base biologique
- Médicaments et/ou TCC
- Médicaments : réguler les neurotransmetteurs
- TCC : reprogrammer le cerveau
- Une pathologie à soigner
Depuis les années 1980, de nombreuses émissions de radio et de télévision ont fait largement connaître au grand public les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
“On évalue actuellement à environ 2 à 4 % le nombre de personnes de la population générale atteinte de TOC. On peut donc estimer qu'en France entre 1,4 et 2,8 millions de personnes souffriraient de TOC”*, affirment Elie Hantouche, psychiatre, Vincent Tribu, psychologue clinicien, ainsi que l’AFTOC (Association Française de Personnes souffrant de TOC).
Obsessions et/ou compulsions
“Il s'agit d'une affection qui se caractérise par la présence d'obsessions et/ou de compulsions récurrentes, persistantes, pénibles et parfois très invalidantes.” Telle est la définition qu’on trouve sur le site de l’AFTOC.
Activités mentales involontaires
Obsessions : ce sont des idées, des pensées, des images mentales ou des impulsions involontaires. L'impression d'être sale ou contaminé par un microbe, le doute d'avoir bien accompli telle ou telle action, la crainte d'être responsable d'une catastrophe, de perdre le contrôle de soi et de tuer quelqu'un, d'être pédophile… Ces obsessions sont pénibles pour la personne et génèrent un sentiment de détresse, d’anxiété, de culpabilité ou des scrupules.
Les obsessions les plus répandues sont d'abord la contamination ou la saleté (50 %) puis le doute (42 %). Viennent ensuite la peur de contracter une maladie (33 %) et la symétrie (32 %). Enfin les thématiques sexuelles (probablement sous-estimées : 31 %).*
Des “rituels”
Compulsions : ce sont des comportements ou des actes mentaux répétitifs. Lavage ou nettoyage, vérifications, répétition d'actions considérées comme mal faites, réassurances avec de multiples questions à l’entourage, ruminations, répétition mentale de mots, de phrases, de chiffres… Les personnes se sentent poussées à accomplir ces “rituels” afin de réduire les troubles liés aux obsessions.
La majorité des compulsions consistent en vérifications (61 %) et en lavage (50 %). Viennent ensuite les comptages (36 %), les confessions (34 %) et la symétrie (21 %). Puis les collections (18 %).*
Souffrance voire handicap
La plupart d’entre nous avons couramment des obsessions similaires à celles de personnes souffrant de TOC.
"Les critères qui différencient les pensées normales des pensées TOC sont leur fréquence, leur durée, leur intensité et la facilité à les rejeter."*
La pathologie commence lorsque les obsessions compulsives sont sophistiquées, pénibles, fréquentes, impossibles à contrôler et à l’origine d’une souffrance voire d’un handicap.
Il s'agit d’une véritable maladie chronique qui peut durer des années voir toute la vie si elle n'est pas traitée. Elle peut être à l’origine de lourdes conséquences, à la fois pour le malade et pour son entourage.
Une base biologique
Les connaissance actuelles conduisent à penser que les TOC reposeraient sur une base biologique : des anomalies au niveau du cerveau (lobe frontal et ganglions de la base) ou une dérégulation de certains neurotransmetteurs (sérotonine et dopamine). Des facteurs génétiques pourraient également jouer un rôle partiel mais ils ne sont pas indispensables à la survenue des troubles.
L’explication relevant d’un traumatisme de l’enfance ou de la responsabilité des parents, même si elle peut éclairer une fragilité du terrain, peut être aujourd’hui rangée dans la catégories des mythes, selon Elie Hantouche et Vincent Tribu.
Médicaments et/ou TCC
Une pharmacopée adaptée et une thérapie cognitive comportementale (TCC) sont les deux approches efficaces actuellement connues pour traiter les TOC. Selon les cas, elles peuvent être administrées seules ou en association.
Médicaments : réguler les neurotransmetteurs
Les médicaments sont principalement les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), à l’origine d’une amélioration pour 77 % des patients (mal tolérée pour 9 %). La majorité des effets indésirables concerne l'appareil digestif, surtout des nausées (rarement des vomissements ou des diarrhées), des tremblements.*
TCC : reprogrammer le cerveau
La TCC consiste à effectuer des exercices comportementaux au quotidien et repose sur un principe simple : se confronter progressivement aux situations qui provoque de l’anxiété. Le patient va faire exprès de toucher un rebord de poubelle ou ses semelles de chaussures, il va ouvrir et fermer lui-même un robinet d’arrivée de gaz, il va mettre du désordre en dérangeant une pile de livres ou en semant des miettes de pain parterre… En résumé, il va effectuer des actions que ses TOC n’aiment pas, afin de les défier.
"Le but de la thérapie est de reprogrammer le cerveau : remplacer l'évitement par des confrontations et remplacer des rituels par des gestes sains. Plus on fait des exercices et plus le cerveau modifie son fonctionnement et diminue l’anxiété."*
Une pathologie à soigner
L’environnement familial et les proches jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement et la réussite du traitement (voir encadré).
Il faut savoir que se défaire des TOC, comme on le croit encore trop souvent, n’est pas une question de volonté ou de courage. C’est une pathologie qu’il faut soigner. Et qu’on peut soigner si la démarche est active, avec le désir de guérir et le bon degré d’initiative.*
*TOC vivre avec et s’en libérer, AFTOC, Elie Hantouche & Vincent Tribu, éditions Josette Lyon
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Quelques conseils pour l’entourage
- Les phrases à ne pas dire : "tu n’as qu’à te contrôler !" ou "tu ne fais aucun effort !".
- Envisager les TOC comme une maladie et non comme étant le reflet du caractère de la personne ou une manipulation de sa part.
- Ne pas assimiler cette personne à ses TOC : ne pas se tromper d’ennemi ! On fait alliance avec elle pour combattre les TOC.
- Se montrer empathique et compatissant mais ne pas la rassurer sur ses obsessions, au risque d’aggraver sa dépendance. Ne jamais faire un rituel à la place de la personne, ne pas l’aider ou, si l’on est déjà engagé, trouver des compromis pour diminuer progressivement sa présence dans ces rituels.
- Ne jamais empêcher la personne de faire ses rituels lorsqu’ils sont lancés. Sinon, pour canaliser son anxiété, elle devra tout reprendre depuis le début.
- Reconnaître et encourager les progrès de la personne, même s’ils sont limités.
- Ne pas comparer la personne à d’autres patients souffrant de TOC : il y a une grande variété dans la sévérité des symptômes et dans la rapidité de réponse aux traitements.
- Si l’on ne peut pas s’empêcher d’émettre des commentaires négatifs, d’employer un ton de voix critique ou sarcastique, il vaut mieux rester complètement en dehors du programme de traitement.
- Il faut savoir garder du temps libre pour soi et pour les autres membres de la famille. "Tout le monde souffre dans les TOC !"*
Il est donc important de s’accorder du temps pour soi et demander de l’aide, si besoin.
