Compte tenu du rôle fondamental du microbiote intestinal dans la santé de l’organisme, il est important de manger sain mais tout aussi important de manger digeste. Éviter les erreurs les plus répandues et surtout écouter les signaux du corps…

Sommaire
- Reconnaître les signaux d’une mauvaise digestion
- Moins vite
- Éviter les erreurs de rythme
- Dans le calme et avec attention
- Fuir les régimes d’exclusion
- Repérer les erreurs de contexte et les faux-amis
- Assiette digeste, plats bien préparés
- De l’eau “propre”
- Écouter son corps
On sait que la digestion est la clé de notre santé et l’on connaît aujourd’hui le rôle fondamental de l’intestin et de son microbiote dans l’apparition de maladies chroniques (voir : L'intestin : un rôle stratégique dans notre santé).
“La digestion ne se limite pas à transformer les aliments : elle est au cœur de notre vitalité, de notre équilibre et de notre bien-être physique, émotionnel et même mental. Tout part du ventre”*, affirme Julie Coignet, naturopathe et professeure de yoga (voir encadré).
Reconnaître les signaux d’une mauvaise digestion
Pour alerter sur un déséquilibre du microbiote intestinal, le corps envoie un certain nombre de signaux, plus ou moins gênants selon les cas.
Parmi les plus courants : des ballonnements fréquents (surtout après les repas ou en fin de journée) ; des gaz excessifs parfois douloureux ou très odorants ; un transit irrégulier (constipation, diarrhée, alternance des deux) ; une fatigue persistante ; des problèmes de peau (acné, eczéma, psoriasis, rougeurs chroniques) ; une humeur instable ; des déséquilibres hormonaux (syndrome prémenstruel, thyroïde, endométriose, règles irrégulières) ; une prise ou perte de poids inexpliquée ; des douleurs articulaires légères mais persistantes ; un moral en dents de scie, sans raison apparente…
Moins vite
Voilà pourquoi il est important de manger sain, bio, local, de saison mais il faut aussi manger digeste !
(Voir : Régime flexitarien : santé et respect de l’environnement ; Trouver sa propre façon de bien manger ; L'équilibre alimentaire : manger plaisir, manger intuitif)
Le système nerveux est le chef d’orchestre de la digestion. Pour que celle-ci se fasse dans de bonnes conditions, il faut être en sécurité, détendu, dans un environnement calme ou dans le plaisir d’un repas. Lorsqu’on est dans le stress, le système nerveux privilégie d’autres fonctions.
“Vous ne digérez pas bien parce que vous mangez mal. Vous digérez mal parce que vous vivez trop vite.”*
Éviter les erreurs de rythme
Les principales erreurs alimentaires sont d’abord des erreurs de rythme : manger trop vite, prendre des repas à des horaires irréguliers et, bien-sûr, grignoter.
Concernant le grignotage, il faut savoir que chaque prise alimentaire (même une bouchée de chouquette !) relance le système digestif qui n’a, de ce fait, jamais le temps de se reposer et de se nettoyer.
“En fait, cela bloque le CMM (complexe moteur migrant), un mécanisme essentiel qui se charge de “nettoyer" les intestins après chaque phase de digestion. Si vous digérez toute la journée, le nettoyage ne peut jamais avoir lieu ou se faire entièrement”*, détaille Julie Coignet.
Dans le calme et avec attention
Si l’on veut prendre soin de sa digestion, la première chose est donc de faire, selon les cas, 2, 3 ou 4 repas par jour, à des horaires réguliers, espacés de vraies pauses digestives, en mangeant dans le calme et avec attention, en mastiquant soigneusement (voir : Manger en pleine conscience).
Fuir les régimes d’exclusion
Un autre erreur très répandue est de soumettre son corps à un régime d’exclusion : sans gluten, sans lactose, sans FODMAPs, végétarien, végane, cétogène, crudivore…
“Le risque de ces régimes d'exclusion, c'est d’appauvrir votre alimentation sur la durée et créer des carences, mais aussi générer du stress et même aggraver les déséquilibres qu'ils étaient censés corriger.”*
Repérer les erreurs de contexte et les faux-amis
Les erreurs de contexte sont tout aussi courantes : on mange dans la précipitation (souvent au travail), devant des écrans ou dans un environnement négligé (lumière trop vive, fond sonore agressif)…
Et attention ! Certains aliments stars, supposés vertueux, peuvent être des faux-amis de la digestion. Julie Coignet cite les smoothies verts, les jus pressés à froid, les galettes de riz, les graines germées, les légumes crus en abondance...
(Voir : Corriger quelques erreurs alimentaires)
Assiette digeste, plats bien préparés
Une assiette digeste se compose donc, selon elle :
- d’aliments simples, peu transformés, faciles à reconnaître et à assimiler ;
- de légumes cuits, même légèrement, de préférence à la vapeur ;
- d’une source de protéine de qualité ;
- d’un peu de féculents doux, sans gluten de préférence ;
- d’une touche de bon gras cru pour favoriser l'assimilation et éviter les fringales.
La préparation des plats joue aussi un rôle, que ce soit la cuisson (voir : Tout est dans la cuisson), le trempage (indispensable pour les légumineuses, les graines et les oléagineux) ou la fermentation (voir : Aliments fermentés : du vivant dans l'assiette !).
De l’eau “propre”
Le dernier pilier d’une digestion fluide est une bonne hydratation. Il faut boire de l’eau, la plus “propre” possible (filtrée), à température ambiante ou tiède, surtout entre les repas et peu pendant.
Julie Coignet conseille d’éviter l’eau du robinet non filtrée, les eaux minérales en bouteille, les eaux gazeuses.
Écouter son corps
Au final, la clé d’une alimentation digeste est en nous. Il est possible d’arrêter de suivre les modes, de commencer enfin à écouter son corps et les signaux parfois subtils qu’il nous envoie.
*Manger digeste !, Ma méthode pour retrouver ventre apaisé, énergie et vie légère, Julie Coignet, éditions Michel Lafon
En savoir +
Éviter l’hyperperméabilité intestinale
Un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose intestinale) fragilise la muqueuse de l’intestin et la rend plus perméable, laissant passer dans la circulation sanguine des éléments indésirables (toxines, agents pathogènes, fragments d’aliments mal digérés). Cela provoque une réaction de défense de l’organisme sous forme d’inflammation.
“Protéger et/ou réparer l'hyperperméabilité intestinale est donc un axe prioritaire de la santé globale est un pilier fondamental de ma méthode de santé par le ventre”*, précise Julie Coignet, naturopathe et professeure de yoga.
