Des logements qui nous ressemblent

Des logements qui nous ressemblent

Plutôt que se couler dans un moule architectural existant, un aménagement intérieur bien pensé peut permettre d’adapter le logement aux besoins des habitants. Et de contribuer ainsi à l’harmonie entre individus ou au sein des couples et des familles.

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Sommaire

- Cuisines ouvertes
- L’importance de la buanderie
- Le canapé structure les salons
- (Presque) tout à portée des enfants
- Des pièces flexibles ?
- Changements de vie
- Reprendre la main

Le logement constitue la première dépense du budget des ménages, devant l’alimentation. Cela vaut donc le coup d’y consacrer du temps et de l’énergie. D’autant que son aménagement intérieur peut contribuer à éviter les conflits au sein d’un couple, d’une fratrie, d’une famille. Il doit être modulable pour accompagner la croissance des enfants ou le vieillissement des adultes et la perte d’autonomie. Il faut également qu’il prenne en compte les problèmes posés par la pollution de l’air (voir : Pollution intérieure et allergies et Lutter contre la pollution intérieure). En somme, c’est un facteur de santé physique, mentale et sociale. 
“Avec plus d'empathie, nous pourrions construire un monde où les femmes et les hommes auraient une part égale dans l'espace de pouvoir et de liberté qui leur serait réservé, un monde où la santé de notre planète et de nos corps serait une priorité, un monde où l'éducation des enfants aurait pour seul but de construire des futurs adultes épanouis, autonomes et responsables”, affirme Maïlys Dorn, architecte d’intérieur. “Ce monde là commence à la maison.”*

Cuisines ouvertes
Symptomatiques de notre époque où les femmes refusent d’y être confinées et où le partage des taches au sein du couple commence à se mettre en place (lentement), les cuisines ouvertes sur la pièce à vivre sont devenues monnaie courante aujourd’hui. On est loin du temps, dans les appartements bourgeois, où elles étaient reléguées dans la zone des domestiques, à grande distance de la salle à manger. L’aménagement intérieur est le témoin des évolutions de la société. 

L’importance de la buanderie
Maïlys Dorn considère qu’il y a encore une marge de progression en matière de parité pour ce qui concerne la gestion du linge. La place de la machine à laver et du dispositif prévu pour le séchage (sèche-linge ou étendoir) est trop souvent négligée. 
Si l’on a la chance de pouvoir avoir une pièce réservée, la buanderie sera mieux placée au coeur de la maison plutôt qu’au fond du garage. 
Le circuit du linge pour le tri et le rangement, avec un mode d’emploi qui convienne à toutes et tous, doit être aussi anticipé.
L’emplacement de la cuisine et du lave-linge : deux exemples qui montrent comment on peut aider à améliorer le partage des taches et construire ainsi un espace non genré.

Le canapé structure les salons
Un meuble structure aujourd’hui nos salons : le canapé. Réservé autrefois aux logements des classes sociales aisées, il est devenu incontournable depuis l’arrivée de la télévision. Et la table basse (ou à hauteur variable) vient accueillir les repas qu’on déguste face à l’écran.
Mais le canapé est aussi le témoin d’une dérive vers la sédentarité qui cause tant de problèmes de santé à nos contemporains. 
Un choix judicieux pourrait donc être de dissimuler la télévision (par exemple derrière des portes de placard) et de recréer un espace de convivialité autour du canapé en prévoyant un demi-cercle de sièges amovibles devant lui. Le salon devient alors hybride : télévision, lecture et conversations.

(Presque) tout à portée des enfants
Tout peut être pensé dans l’aménagement de l’habitation pour coller aux habitudes et comportements des habitants. C’est vrai aussi pour les enfants. Si l’on envisage leur éducation comme un apprentissage de l’autonomie, Maïlys Dorn conseille de remettre en cause les réflexes d’autrefois qui consistaient à tout ranger hors de portée des bouts de chou.
“On ne fait pas des enfants pour être à leur service jusqu'à ce qu'ils quittent la maison.”*
Il faut leur apprendre à s’habiller tout seuls, ranger leur linge ou se servir du grille-pain. On peut donc placer à leur hauteur, dans des placards et des tiroirs coulissants, ce qu’il faut pour mettre la table, débarrasser les verres, les bols, les assiettes et les couverts dans le lave-vaisselle et vider ce dernier lorsque le cycle de lavage sera fini. Idem dans leur chambre, l’entrée et/ou le couloir (voir encadré). 

Des pièces flexibles ?
Des portes coulissantes peuvent permettre de diviser une chambre en deux espaces distincts qui peuvent être réunis lorsqu’on le souhaite. Il faut bien-sûr que la superficie de la pièce le permette mais, dans le cas contraire, il peut y avoir aussi des solutions astucieuses.
Bien pratique pour un couple dont les horaires sont parfois décalés ou lorsque l’un des deux est gêné parce que l’autre ronfle fort ou grince des dents !
Bien pratique aussi au sein d’une fratrie où chacun peut avoir, selon les moments de la journée, besoin d’intimité ou plaisir à jouer ensemble et à se créer des souvenirs communs !

Changements de vie
Le besoin d’optimisation de l’espace devient particulièrement aigu lorsque la vie fait qu’on a tout à coup besoin d’intégrer un espace de travail dans l’habitat. Ou qu’à la suite d’un divorce, il faut en alternance loger une famille recomposée, augmentée parfois des enfants du nouveau conjoint.
Il n’est pas forcément nécessaire de déménager et souvent possible de trouver des solutions adaptées.

Reprendre la main
“On ne peut pas tout contrôler” conclut Maïlys Dorn. “On ne choisit pas l'air de la rue, la qualité du voisinage, la pollution de fond, les normes imparfaites ni les compromis qui imposent un budget ou un bâti existant. Mais on peut reprendre la main sur une chose essentielle : la part de notre environnement que nous fabriquons nous-mêmes, chaque jour, sans y penser.”*
Reprendre la main en posant des intentions claires : “laisser respirer, hiérarchiser, apaiser, rendre l'usage évident, redonner au corps des occasions de bouger”*.


*Comment nos maisons nous construisent, Parcours et réflexions d’une architecte d’intérieur au service des habitants, Maïlys Dorn, éditions Eyrolles

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Adapter le logement pour les enfants

Des rangements bas dans la chambre
Dans la chambre, tout peut être rangé à la portée des enfants, les jouets comme les vêtements. Un lit légèrement en hauteur permet de gagner de la place au sol et les quelques marches pour y accéder peuvent inclure des tiroirs bien pratiques.
Et pourquoi pas utiliser certains modules mobiles pour les laisser eux-même agencer leur espace ?

Peinture ardoise
Dans l’entrée ou le couloir, un grand mur non aménagé peut être peint avec une peinture ardoise sur laquelle on peut écrire à la craie. De quoi permettre aux enfants de faire des dessins ou de réviser leur table de multiplication et aux parents de noter des messages, des pense-bête ou des listes de courses…
On pourra aussi multiplier des patères à toutes les hauteurs pour accueillir les manteaux… ou les chaussures. 

Vie Saine et Zen