Origines du Covid-19 : ce que nous apprennent (ou pas) les dernières découvertes

Origines du Covid-19 : ce que nous apprennent (ou pas) les dernières découvertes

Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont identifié au nord du Laos des coronavirus cousins du SARS-CoV-2.

Cette découverte relance la thèse d'une transmission animale dans une région limitrophe de la Chine. Les séquences de virus trouvées chez les chauves-souris locales sont très proches de celles du SARS-CoV-2. Les chercheurs ont pu démontrer la capacité de ces coronavirus à rentrer dans les cellules humaines sans avoir besoin d'un hôte intermédiaire. Le génome de l'un d'eux, baptisé BANAL-52, présente même une identité de 96,85 % avec le SARS-CoV-2, à comparer avec les 96,2 % de la souche repérée jusqu'à présent comme étant la plus proche (RaTG13).
Reste à élucider le fait que le génome de ces virus ne comporte pas une séquence repérée dans le SARS-CoV-2, baptisée "site de clivage de la furine", qui confère au virus son pouvoir pathogène et qui joue un rôle majeur dans la fusion entre la membrane du virus et celle des cellules humaines.

Même si l'hypothèse d'une origine naturelle du coronavirus sort renforcée de ces découvertes, il est toujours impossible de savoir si le Covid-19 a une origine zoonotique ou provient d'un accident de laboratoire. Il pourrait s'agir, par exemple, d'une recombinaison de plusieurs génomes de coronavirus provenant d'espèces différentes de chauve-souris. Les tenants de la théorie du laboratoire émettent, eux, l'hypothèse selon laquelle la présence de la séquence "site furine" chez le SARS-CoV-2 indiquerait qu'il a été modifié génétiquement. D'autant qu'il est avéré aujourd'hui que l'ONG EcoHealth, financée par des subventions fédérales américaines, a fait réaliser par l'Institut de virologie de Wuhan des expériences de "gain de fonction" sur les coronavirus de chauve-souris.

 

Source : L'Express, Yohan Blavignat – 28/09/21