Pesticides : Pourquoi une agence européenne classe le glyphosate comme "non cancérogène", alors que pour l'OMS il est "probablement cancérogène" ?

Pesticides : Pourquoi une agence européenne classe le glyphosate comme "non cancérogène", alors que pour l'OMS il est "probablement cancérogène" ?

Les agences européennes donnent un avis basé en plus grande part sur des données fournies par les industriels.

Le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) de l’OMS prend davantage en compte la littérature scientifique, selon Bernard Salles, professeur émérite de toxicologie à l’université de Toulouse. Or depuis 2015, le Circ classe le glyphosate comme "probablement cancérogène".

Pourtant, comme en 2017, l’Echa (Agence européenne des produits chimiques) vient d'estimer que les preuves scientifiques disponibles ne permettent pas de classer le glyphosate comme cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction. Mais la substance reste classée comme pouvant provoquer des "lésions aux yeux" et "toxique pour les milieux aquatiques".
L’ONG PAN (Pesticide Action Network) s’est indignée de cette conclusion. Elle considère que l'Echa a "rejeté des preuves solides" et parle de "fraude scientifique".

Bernard Salles estime qu'on pose la mauvaise question. Pour lui, le problème du glyphosate n’est pas celui de l’homme et du cancer mais celui de l’impact du produit sur les écosystèmes.
"Le glyphosate cible une enzyme végétale, qui existe aussi chez certaines bactéries présentes chez les animaux et dans les sols et qui vont donc être tuées par l’herbicide à forte dose. Or les animaux vivent en symbiose avec les bactéries. Cela a un impact chez les pathologies des abeilles et vient d’être prouvé chez le bourdon."

 

Source : 20 Minutes, Émilie Jehanno – 08/06/22