Pesticides : vers une meilleure reconnaissance des effets sur la santé des enfants d’agriculteurs

Pesticides : vers une meilleure reconnaissance des effets sur la santé des enfants d’agriculteurs

Difficile de s’affranchir d’un sentiment de culpabilité lorsque son enfant souffre d’une pathologie lié au risque chimique !

Les travailleuses et travailleurs agricoles exposés aux produits phytopharmaceutiques (pesticides) connaissent mal leurs droits et il peut être compliqué de s’accepter victimes de produits qu’on a volontairement utilisés. Même si on l’a fait sous l’incitation des organismes agricoles.

Pourtant, dans son dernier rapport de 2021, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a fait passer de "faible" à "moyen" la présomption de lien entre l’exposition aux pesticides et certaines pathologies, notamment des tumeurs du cerveaux (gliomes et méningiomes). D’autres études mettent en lumière les risques de l’exposition prénatale aux pesticides : tumeurs cérébrales, leucémies, fentes labio-palatines et hypospadias (anomalies génitales qui touchent les garçons).

Il est déjà difficile d’obtenir une réparation pour des victimes d’expositions toxiques professionnelles. C’est quasiment impossible pour les victimes d’expositions environnementales. Pourquoi ? Les maladies environnementales sont souvent multifactorielles, à délai de latence long et il est impossible de fournir les preuves de causalité demandées lors des procédures juridiques civiles.
C’est pourquoi les autorités ont décidé en 2020 de créer le FIVP, un Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides.

Il existe en France des CRPPE (Centre Régional de Pathologies Professionnelles et Environnementales). Ce sont des structures hospitalières expertes dans l’évaluation de ces expositions et dans l’établissement de leur responsabilité dans la genèse des maladies. En octobre 2023, s’est ouvert à Amiens une consultation dédiée (CHU Amiens Picardie). C’est la première de ce genre. Espérons qu’elle fera des émules dans d’autres régions et qu’elle contribuera à une meilleure reconnaissance des dégâts induits par les pesticides sur la santé des humains et, en particulier, celle des enfants !

En attendant, la pause décidée par le gouvernement sur le plan Ecophyto, qui était destiné à réduire de 50 %, d’ici à 2025, l’utilisation des pesticides sur le territoire français, envoie un signal désastreux.

 

Source : The Conversation, Giovanni Prete, Elodie Haraux, Jean-Noël Jouzel, Sylvain Chamot - 05/02/24

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