Pollution de l’air : diviser par trois la mortalité tout en étant économiquement rentable, c’est possible !

Pollution de l’air : diviser par trois la mortalité tout en étant économiquement rentable, c’est possible !

4 millions de décès seraient dus chaque année, dans le monde, à l'exposition aux particules fines de l'air extérieur.

C'est le constat que fait l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), selon laquelle 9 personnes sur 10 respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants. Dans l'Hexagone, 40 000 décès par an peuvent être attribués à la pollution de l'air (source : Santé Publique France). L'impact économique serait estimé à 100 milliards € par an.

Une démarche interdisciplinaire a été appliquée à l'échelle de l'agglomération grenobloise afin de déterminer quelles mesures seraient susceptibles de réduire l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique, à quels coûts et pour quels bénéfices. Elle a été baptisée "Mobilair".

Le nombre de décès dus à la pollution de l'air à Grenoble a été estimé à 145 par an, les coûts associés à 495 millions €.
Une réduction de 67 % de ces décès pourrait être atteinte par une action combinée ambitieuse sur le chauffage au bois et le transport routier, principaux générateurs de particules fines PM2,5.
La mesure préconisée pour le chauffage consiste à remplacer tous les chauffages au bois par des poêles à granulés.
Pour le transport, il serait nécessaire de réduire d'un tiers le trafic des voitures et des deux-roues et, pour cela, instituer une zone urbaine à faibles émissions, réservée aux véhicules les moins polluants. L'augmentation de l'activité physique qui en résulterait (marche à pied, utilisation du vélo) pourrait conduire à une réduction annuelle de 60 à 180 décès supplémentaires. Dans les hypothèses les plus favorables, jusqu’à 270 décès pourraient être ainsi évités chaque année dans la population grenobloise, sur une mortalité annuelle toutes causes confondues d’environ 2 600 décès.
Les coûts pour la collectivité associés à ces mesures font apparaître un bénéfice économique net annuel de 480 à 630 € par habitant.

Selon les scénarios évalués, chaque euro investi par la collectivité sous forme d’infrastructures de transport et de subvention à l’achat de poêles à granulés générerait entre 1,1 et 4,7 € de bénéfices.

 

Source : The Conversation, Sandrine Mathy, Hélène Bouscasse, Rémy Slama, Stéphane Gabet – 15/05/22