Hypertension artérielle : diminuer les médicaments

Hypertension artérielle : diminuer les médicaments

C'est un "tueur silencieux" qui concerne 1 Français sur 3 et peut avoir des conséquences graves. Pour prévenir et traiter l'hypertension artérielle, l'hygiène de vie peut faire beaucoup et certaines approches naturelles agir en complément des médicaments.

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Sommaire

- Privilégier l'automesure
- Cinq classes de médicaments
- Une meilleure hygiène de vie
- Régimes : méditerranéen et DASH
- Des plantes médicinales
- Tisane de l'hypertendu
- Des huiles essentielles
- Homéopathie et acupuncture

La tension artérielle est la pression du sang sur la paroi des artères.
Il est normal qu'elle augmente en situation de stress ou pendant un effort physique mais elle est censée redescendre en période de repos.
On parle d'hypertension lorsque cette pression est anormalement forte sur la durée (voir encadré).

Compte tenu des conséquences potentiellement graves de l'hypertension artérielle, il est prudent d'avoir régulièrement une idée assez précise de sa tension. La mesure se fait à l'aide d'un tensiomètre, soit chez le médecin soit chez soi. Cette dernière solution est la plus souhaitable car elle évite le "syndrome de la blouse blanche" qui se manifeste en faisant grimper la tension en présence du praticien.

Privilégier l'automesure
"Attention, néanmoins, le suivi de la tension ne doit pas devenir une obsession, au risque d'être source de stress et d'anxiété, ce qui ne ferait qu'aggraver le risque d'hypertension"*, précise Sylvie Hampikian, pharmaco-toxicologue.

Pour une automesure correcte, il convient d'acquérir un appareil fiable, de préférence de type brassard, de marque validée par l'Anses : Omron, Spengler, A&D…
Il faut ensuite adopter la règle des 3 mesures :
- en position assise, après 5 minutes de repos,
- 3 mesures le matin au début du petit-déjeuner avant toute prise de médicaments (avec un intervalle de 2 minutes entre chaque mesure),
- 3 mesures le soir avant le coucher,
- le tout pendant 3 jours consécutifs.**

Cinq classes de médicaments
Les traitements habituellement prescrits appartiennent à cinq classes de médicaments et ne sont délivrés que sur ordonnance, en fonction du profil du patient : diurétiques thiazidiques, inhibiteurs calciques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et inhibiteurs des récepteurs de l’angiotensine II, bêtabloquants, antihypertenseurs d’action centrale.

Ils peuvent avoir des effets secondaires indésirables, prévient Sylvie Hampikian : maux de tête, vertiges, déséquilibre du potassium sanguin, aggravation des troubles de l'humeur, gonflement des pieds voire des jambes… Ils peuvent aussi interagir avec d'autres médicaments.*

Une meilleure hygiène de vie
Généralement prescrits à vie, il est possible de réduire les doses grâce à une meilleure hygiène : arrêt du tabac, réduction de la consommation d'alcool, de sodium (sel), activité physique régulière, réduction du poids.

Les techniques de gestion du stress ont un rôle un jouer : l'activité physique en générale et plus spécifiquement les disciplines travaillant sur la relaxation : yoga, méditation, Taiji Quan, Qi Gong…*

En matière d'alimentation, il est recommandé de réduire voire supprimer de ses menus les produits industriels, du fait de la teneur en sel élevé des aliments ultra-transformés, de la charcuterie, des biscuits apéro, des poissons fumés et autres.*

Régimes : méditerranéen et DASH
Le régime méditerranéen a montré son action bénéfique contre l'hypertension. Certains aliments ont même un effet hypotenseur avéré : ail, céleri, cannelle, graine de capucine, cardamome, coriandre, gingembre, citronnelle, nigelle, oignon, safran, sésame.*

Le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) est, comme son nom l'indique, spécialement adapté pour réduire l'hypertension. Il ressemble au régime méditerranéen avec moins de matières grasses et davantage de protéines animales.

Des plantes médicinales
En phytothérapie, Sylvie Hampikian évoque un choix de plantes médicinales assez vaste.

Quelques exemples…
- L'ail est un vasodilatateur et un diurétique et peut être consommé comme ingrédient dans la cuisine ou sous forme de gélules. L'ail noir est particulièrement intéressant.
- L'aubépine a une action apaisante sur le cœur, elle aide à lutter contre l'hypertension, les palpitations, les bouffées de chaleur et les bourdonnements d'oreille.
- La fleur d'hibiscus, sous forme d'infusion surnommée "thé rouge d'Abyssinie", a une action hypotensive modérée qui se double d'une action protectrice sur la paroi des vaisseaux, le rein et le foie.
- La feuille d'olivier, en tisane ou en gemmothérapie, est un bêtabloquant modeste mais très intéressant au long cours.
- La feuille ou la racine d'ortie à des vertus drainantes, tonifiantes, anti-inflammatoires. Elle peut être utilisés comme ingrédient dans la cuisine ou sous forme de tisanes.*

Tisane de l'hypertendu
Recette de "tisane de l'hypertendu" : 1 part de feuilles séchées d'olivier, 1 part de leurs séchées d'aubépine, 1 part de copeaux d'aubier de tilleul, 2 parts de fleurs séchées d'hibiscus.
Il faut faire infuser 1 cuillère à soupe de ce mélange pendant 5 minutes dans environ 30 cl d'eau frémissante.*

Des huiles essentielles
Certaines huiles essentielles (HE) peuvent apporter une aide appréciable : ylang ylang ou lavande vraie. Claudie Bourry et Laurence Lebrun, pharmaciennes, conseillent d'appliquer une goutte pure de l'une ou de l'autre sur le pli du poignet, de masser, de sentir, et par voie orale de prendre 1 goutte dans un peu de miel.***

Elles recommandent également de masser au niveau du plexus solaire avec une synergie d'une goutte d'HE d'ylang ylang, de lavande vraie, de marjolaine mélangée avec une huile végétale.***

Homéopathie et acupuncture
Homéopathie, acupuncture et auriculothérapie peuvent apporter des solutions pour des hypertensions modérées et, au-delà, constituer un traitement intéressant en complément des médicaments.*

 

Sources :
*Maladies chroniques, Diminuez les médicaments grâce aux méthodes naturelles, Sylvie Hampikian, éditions Dangles
**L'Assurance Maladie : Diagnostic de l'HTA par automesure tensionnelle
***L'aromathérapie et ses alliés naturels, Claudie Bourry et Laurence Lebrun, éditions Terran
Passeport Santé : Hypertension artérielle
Inserm : Hypertension artérielle

 En savoir +

 L'hypertension artérielle, c'est quoi ?

Systolique / diastolique
Elle se mesure en millimètres de mercure (mmHg) et se compose de deux chiffres :
- le premier correspond à la pression systolique lorsque le cœur se contracte et envoie le sang dans les artères ;
- le second correspond à la pression diastolique lorsque, entre chaque contraction, le cœur se détend, reprend son volume et se remplit de sang.
Pour une tension de 140/90, 140 correspond à la pression systolique et 90 à la pression diastolique.

Plusieurs niveaux
115 à 120/75 à 79 : tension normale
120 à 139/80 à 89 : préhypertension
140 à 159/90 à 99 : hypertension artérielle (HTA) légère
160 à 179/100 à 109 : HTA modérée
180/110 et plus : HTA sévère

Un "tueur silencieux"
L'hypertension est une maladie cardiovasculaire qui se manifeste de manière persistante ou par poussées mais ses symptômes passent souvent inaperçus.
"L'hypertension est un tueur silencieux et invisible qui se manifeste rarement par des symptômes tangibles"*, affirme l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Lorsque la pression est très haute, les symptômes peuvent être : maux de tête (souvent sur la nuque, le matin au réveil) accompagnés de fatigue, vertiges, suées, bourdonnements d'oreilles, palpitations cardiaques, saignements de nez, troubles de la vue, confusion ou somnolence, engourdissements ou fourmillements dans les pieds et les mains.

Des complications graves
Si elle n’est pas traitée, l'hypertension artérielle peut à terme entraîner des complications graves :
- accident vasculaire cérébral (AVC),
- angine de poitrine, infarctus du myocarde
- artériopathie des membres inférieurs,
- insuffisance rénale chronique,
- rétinopathie,
- maladie neurodégénérative (Alzheimer et autres).

Primaire ou secondaire
Dans 90 % des cas, l'hypertension est primaire (ou "essentielle"), due à plusieurs facteurs dont les effets s’accumulent avec les années : âge, hérédité, mode de vie, mauvaise alimentation, stress, tabagisme, surpoids…

Dans les 10 % de cas restant, l'hypertension secondaire résulte d'un autre problème de santé : problème rénal ou endocrinien, anomalie congénitale de l’aorte, usage fréquent de certains médicaments comme les anti-inflammatoires, les bronchodilatateurs ou les décongestionnants nasaux, consommation de drogues comme la cocaïne ou les amphétamines.

30,6 %
des Français
souffrent d'hypertension
(Esteban 2015)

55 %
des hypertendus français
en ont connaissance
(Esteban 2015)

67,8 %
des 65-74 ans français
souffrent d'hypertension
(Esteban 2015)