Si l’on regarde bien (et je suis d’accord qu’il faut faire l'effort de bien regarder), il y a eu quelques lueurs d’espoir en 2025, susceptibles de nous réconcilier avec le genre humain. En vrac : une pétition contre la loi Duplomb anti-environnementale avec plus de deux millions de signatures ; l’élection à la mairie de New York, le 4 novembre, de Zohran Mamdani, candidat multiculturel et "socialiste" de 34 ans ; une marche des fiertés de plusieurs centaines de personnes venant narguer Victor Orban, à Budapest, le 28 juin ; de fragiles négociations de paix à Gaza ou en Ukraine ; une reconnaissance (symbolique) de l’État de Palestine devant les Nations unies, le 22 septembre, par la France, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada (aujourd’hui 159 États sur 197 ont franchi le pas)…
Il faut reconnaître que l’actualité de l’année a été largement monopolisée par le nouveau président états-unien et sa stratégie d’occupation permanente de l’espace médiatique. Il a été promulgué à la Maison Blanche le 20 janvier (on se souvient du double salut nazi d’Elon Musk, l’un de ses principaux soutiens, pendant la campagne électorale). S’en est suivi le lancement d’une chasse aux sorcières, l’amnistie pour les émeutiers du Capitole, l’abandon de toute politique climatique, l’apologie du masculinisme et du suprémacisme blanc, la remise en cause des équilibres internationaux et des instances onusiennes héritées de la seconde guerre mondiale… Rien que ça !
En septembre, aux élections locales en Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), l’AFD a triplé son score.
En décembre, l’ultraconservateur José Antonio Kast a gagné les élections présidentielles au Chili.
Dès le mois de juin, l’ONG Réseau Action Climat recensait en France plus de 43 reculs environnementaux.
Une vague brune continue de déferler sur le monde.
La France subit toujours les conséquences de la désastreuse dissolution de l’Assemblée Nationale de 2024. L’exécutif et le législatif sont à la peine. Mais le judiciaire affirme sa force et son indépendance. On serait presque surpris de voir la Justice passer sans trembler lors des procès concernant Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Les tentatives de mises en scène victimaires de ces deux animaux politiques ont fait pouffer de rire de nombreux Français mais elles ont eu sans doute un impact sur les esprits peu informés ou très partisans. Le talon d’Achille des magistrats reste le champ des médias et la difficulté à expliciter les décisions auprès de l’opinion publique.
On voit également cette même Justice prendre en compte, avec un certain retard, les évolutions profondes de la société.
C’est le cas dans le domaine des violences faites aux femmes. Témoins les condamnations en 2025 du réalisateur Christophe Ruggia, de l’ancien animateur Stéphane Plaza, du comédien Gérard Depardieu…
C’est le cas également en matière environnementale et les tribunaux mettent maintenant régulièrement l’État à l’index pour ses défaillances et son manque d’action.
En septembre, il a été condamné pour la contamination massive des écosystèmes par les pesticides avec l'obligation, dans un délai de 24 mois, de réexaminer toutes les autorisations de mise sur le marché déjà délivrées. Une première dans notre pays.
En février, le tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations environnementales concernant l’autouroute A69, entraînant l’arrêt du chantier. Autre première. Et divers projets routiers inutiles ont été abandonnés localement sous le coup d’une décision de Justice.
Dans les Deux-Sèvres et le Puy-de-Dôme, des projets de méga-bassines ont été annulés ou mis sur pause.
Point final également pour un complexe touristique de luxe initié par Tony Parker à Villard-de-Lans (Isère).
Bien-sûr, la liste, désormais habituelle, des catastrophes naturelles, aggravées par le dérèglement climatique, s’est reproduite cette année : canicules, sécheresses, inondations meurtrières, cyclones, typhons et tsunamis. Les mégafeux se sont multipliés à travers le monde, ravageant des milliers d’hectares de forêts. En France, en juillet, le massif des Corbières, dans l’Aude, a été la proie des flammes pendant plus de vingt jours.
Mais en 2025 encore, au-dessus des nuages, des tempêtes et des cataclysmes, le soleil a continué de briller.
Excellente année 2026, santé et gratitude !
