Du réfrigérateur aux plaques de cuisson en passant par le four, le plan de travail et les ustensiles de cuisine, il est possible de limiter l’impact sur la santé et sur l’environnement. Il faut pour cela repérer les polluants cachés…

Sommaire
- Un frigo classe A
- Le choix du four
- Une hotte avec évacuation extérieure
- Plaques électriques à induction, avec précaution
- Plans de travail : bois massif, pierre naturelle ou inox
- Se méfier du plastique et des revêtements antiadhésifs
- Ustensiles : inox, fonte et verre
- Du verre et du vrac
Nous souhaitons tous que notre cuisine soit un lieu dédié au plaisir et à la santé. Cuisiner maison, privilégier le bio et les circuits courts pour les courses alimentaires, c’est bien. Mais est-ce suffisant ?
"De la plaque à induction à l'eau du robinet, en passant par les aliments, les ustensiles et le plan de travail, la cuisine est malheureusement un véritable laboratoire chimique où se côtoient des substances potentiellement nocives"*, constate Pierre Souvet, médecin cardiologue et fondateur de l’association Santé Environnement France (ASEF).
Partons donc à la recherche des polluants cachés dans la cuisine…
Un frigo classe A
Le frigo contient des gaz fluorés particulièrement nocifs.
Lors de l’achat d’un nouvel appareil, il vaut mieux choisir un appareil utilisant un fluide frigorigène naturel (propane, isobutane ou CO2), de classe énergétique A (pour minimiser la consommation d’énergie), qui soit robuste et réparable.
Le commerçant doit reprendre l’ancien (c’est une obligation légale).
Dans le cas où l’on doit se débarrasser soi-même d’une vieux réfrigérateur, il ne faut pas le mettre aux encombrants mais l’apporter dans une déchetterie ou un point de collecte pour les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques).
L’entretien courant du frigo est important : éviter de le surcharger et le laver au moins une fois par mois avec du savon noir, un produit vaisselle écolabellisé ou un mélange d’eau et de vinaigre blanc.
Le choix du four
Dans le four, ce sont les graisses cuites et les résidus de dépôts alimentaires carbonisés qui peuvent dégager des substances toxiques lors d’une nouvelle cuisson. Il faut donc le nettoyer régulièrement pour les éliminer.
À l’achat, on préfèrera un appareil de classe A avec une finition intérieure en acier inoxydable de haute qualité et un émail résistant aux chocs thermiques.
L’utilisation de four à micro-ondes est controversée (voir : Tout est dans la cuisson). Au cas où l’on opte pour ce mode de cuisson, il faut bannir les récipients en plastique ou en métal et préférer le verre ou la porcelaine. Penser également à s’éloigner du four pendant son utilisation (notamment pour les femmes enceintes).
Dans tous les cas, il vaut mieux privilégier les cuissons douces et à basse température.
Une hotte avec évacuation extérieure
Il faut surveiller et nettoyer régulièrement les filtres à charbon et les filtres à graisses de la hotte de cuisine pour éviter la libération de COV (composés organiques volatils) dans l’air.
Il est plus efficace de choisir un système avec évacuation extérieure plutôt qu’une hotte en recyclage.
Par ailleurs, l’utilisation de la hotte n’empêche pas de bien ventiler la cuisine.
Plaques électriques à induction, avec précaution
Les plaques de cuisson au gaz émettent du monoxyde de carbone et du dioxyde d’azote, susceptible d’aggraver les troubles respiratoires (notamment chez les enfants ou les personnes asthmatiques). Le gaz naturel ou le biométhane sont préférables au butane/propane.
Les plaques électriques présentent un risque sanitaire faible si l’on respecte les normes de sécurité. Celles à induction sont plus efficaces sur le plan énergétique que les plaques radiantes ou halogènes mais elles utilisent des champs électromagnétiques qui, sur une exposition prolongée pourraient, selon l’ASEF, “avoir des effets sur le système nerveux, les yeux ou la peau, bien que ces risques varient selon la sensibilité de chaque individu”*.
Plans de travail : bois massif, pierre naturelle ou inox
Attention avec les plans de travail en stratifié mélaminé ou en bois lamellé-collé qui peuvent émettre des COV, comme les autres meubles de la maison construits dans les mêmes matériaux ! (Voir : Détoxifier son intérieur et Lutter contre la pollution intérieure)
Il vaut mieux privilégier le naturel et le durable avec du bois massif certifié, de la pierre naturelle non traitée (granit, marbre…) ou de l’inox.
Côté éviers, ceux en résine peuvent s’abîmer et émettre alors de fines particules de plastique. Dans les zones difficiles à nettoyer, la stagnation de l'eau et des résidus alimentaires peut favoriser la prolifération de bactéries. L’inox présente une surface moins réactive et facile à désinfecter.
Se méfier du plastique et des revêtements antiadhésifs
Notre cuisine regorge de petits appareils électroménagers : bouilloire électrique, grille-pain, machine à café, appareil à raclette, air-fryer ou friteuse… Tous ces objets sont très pratiques au quotidien mais leur utilisation a des répercussions importantes sur notre santé et sur l’environnement : attention au plastique et aux revêtements antiadhésifs (voir encadré) !
Ustensiles : inox, fonte et verre
L’aluminium est très répandu dans les casseroles et les poêles. Problème : il peut migrer dans les aliments (surtout en présence de milieux acides ou à haute température) et provoquer à terme des problèmes neurologiques (voir : Les effets de l’aluminium sur la santé). Il vaut donc mieux ne pas le chauffer excessivement.
Pour les autres ustensiles de cuisine, la même logique que précédemment va s’appliquer : remplacer les éléments comportant un revêtement antiadhésif, ne pas utiliser des ustensiles en plastique ou en silicone avec des aliments chauds, humides ou gras.
À l’achat, privilégier l’inox, la fonte (sans revêtement synthétique), le verre, le bois non traité et les céramiques (avec des glaçures garanties sans plomb ni cadmium).
Du verre et du vrac
Pour les accessoires, on suit toujours la même logique…
Éviter les films en aluminium et en plastique qu’on remplace par des récipients en verre ou du film en papier sulfurisé sans PFAS.
Limiter au maximum les produits conditionnés sous plastique ou suremballés en privilégiant le conditionnement en verre ou le vrac.
Préférer les sacs-poubelle compostables et certifiés, trier correctement ses déchets et, si possible, utiliser un composteur pour les déchets organiques.
On limite enfin l’utilisation des sacs en plastique grâce au panier à provision en osier, au sac en tissu lavable et réutilisable qu’on a toujours avec soi.
Chaque geste compte et permet de faire du bien à ses enfants, à sa famille, à son entourage et à soi-même… Et c’est un excellent moyen de lutter contre l’éco-anxiété (voir : Contre l'éco-anxiété, révéler sa nature).
*Anti-toxique, Le guide des polluants cachés, sous la direction de Pierre Souvet, éditions Albin Michel
En savoir +
Petit électroménager : inox, verre ou céramique
Les éléments en plastique, à températures élevées, peuvent transférer des microplastiques dans les aliments ou les boissons (voir : Se passer du plastique). C’est le cas des parois en plastique des bouilloires ou des filtres de machines à café. Si on en a chez soi, mieux vaut en éviter l’usage fréquent.
À haute température, certains appareils comme les grille-pains, les air-fryers ou les friteuses peuvent favoriser dans certains aliments la formation d’acrylamide, une molécule cancérogène probable.
Les appareils dotés de revêtements antiadhésifs comme les grils ou appareils raclette peuvent contenir des substances considérées comme cancérogènes et perturbateurs endocriniens (voir : Perturbateurs endocriniens : quels enjeux ? et Se protéger des perturbateurs endocriniens). Il est préférable d’y utiliser des ustensiles en bois pour ne pas endommager leur revêtement et d’éviter de les faire trop monter en chaleur.
D’une manière générale, à l’achat, il vaut mieux choisir, lorsque c’est possible, un appareil robuste et durable, en inox, verre ou céramique, sans revêtement antiadhésif.
