À la maison comme à l’école, les écrans sont une catastrophe

À la maison comme à l’école, les écrans sont une catastrophe

Les enfants de 1 à 6 ans consacrent au moins 6 heures par semaine à regarder des vidéos sur internet, 4 h aux jeux vidéo et 6 h à la télé.

C'est le triste constat d'un récent sondage Ipsos. Résultat : les capacités cognitives et sociales des jeunes enfants sont en train de s’effondrer. L'école devient un cauchemar pour un nombre croissant d’élèves incapables de parler, de comprendre, de manipuler des objets, de se lier aux autres.

Anne-Lise Ducanda, médecin de la Protection maternelle et infantile, a vu, en 15 ans, multiplier par 7, dans les 12 écoles de sa ville, le nombre d'enfants présentant des troubles moyens à sévères de la relation et du comportement. 90 à 98 % d'entre eux étaient surexposés aux écrans (plus de 4 heures par jour, y compris la télévision allumée en arrière-plan).

En 2021, les premiers résultats d'une étude de l’Inserm et Santé publique France a conclu que "l’utilisation prolongée d’écrans par des enfants de 2-3 ans est associée à une augmentation du risque de troubles du sommeil, du comportement et des apprentissages précoces". Selon des chercheurs états-uniens, les enfants de 5 ans qui passent plus de 2 heures par jour devant un écran courent 5 à 9 fois plus de risques de souffrir de symptômes associés au trouble déficitaire de l'attention.
Le sevrage est possible mais peut être douloureux car il s'agit d'une véritable addiction.

En provoquant cette dégradation de la santé mentale des enfants, l’industrie du numérique serait en train de détruire l’école et d'imposer une nouvelle norme sociale pathologique. Il faudrait vivre avec 6 écrans en moyenne à la maison, consulter un smartphone 200 fois par jour, et regarder des tunnels de vidéos ! Il y a en plus dans cette affaire une certaine violence sociale : comme l'alimentation industrielle, dont seuls les milieux privilégiés sont capables de s'affranchir, l'intoxication de masse au numérique touche principalement les familles les plus pauvres.
Les parents devraient se regrouper pour résister collectivement, par exemple dans le cadre des associations de parents d'élèves.

 

Source : Reporterre, Celia Izoard – 19/09/22