Lits de réanimation : comprendre les contraintes qui pèsent sur la situation française

Lits de réanimation : comprendre les contraintes qui pèsent sur la situation française

La France occupe un rang médiocre dans le Monde quant à ses capacités de lits de réanimation.

Quels sont les chiffres actuels ?
Il existe en France 19 200 lits de "soins critiques", dont :
- 5 400 lits de réanimation ou de soins aigus (prise en charge prolongée de défaillances multiples),
- 5 800 lits de soins intensifs (prise en charge d'une seule défaillance sur une durée limitée avec possibilité d'assistance respiratoire invasive ou non invasive),
- 8 000 lits de surveillance continue (prise en charge de patients à risque sans détresse vitale avec possibilité de ventilation artificielle).
Concernant ses capacités en lits de soins aigus, la France se situe au 19e rang des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) avec 3,1 lits pour 1000 habitants. En tête : le Japon (7,8 lits pour 1000 habitants), devant la Corée du Sud (7,1) et l’Allemagne (6). La France arrive notamment derrière certains anciens pays du bloc de l’Est comme la Lituanie (5,5), la Pologne (4,8), la Hongrie (4,3) et la République tchèque (4,1).
Concernant ses capacités en lits de soins critiques, la France se situe au 12e rang en Europe, avec 11,6 lits pour 100 000 habitants. Elle est loin derrière l’Allemagne (29,2), le Luxembourg (24,8) et l’Autriche (21,8), devancée par la Roumanie (21,4), la Lituanie (15,5), l’Estonie (14,6) ou la Hongrie (13,8).

"La piste de l’augmentation des capacités de réanimation, que certains évoquent comme une piste qui nous permettrait de ne pas prendre des mesures difficiles", n’est "pas une bonne réponse" à l’épidémie, disait le président de la République le 28 octobre dernier. Ces propos sont pour le moins hasardeux.

La mise sous tension de notre système de santé risque de se prolonger tant que ne seront pas identifiés et gérés les contraintes qui pèsent dessus fortement :
- le manque d'attractivité des métiers paramédicaux,
- la recherche de rentabilité des établissements de santé,
- la très forte progression de la chirurgie ambulatoire.

 

Source : The Conversation, Laurent Mériade – 18/01/21