Nos fruits et légumes sont de moins en moins nutritifs

Nos fruits et légumes sont de moins en moins nutritifs

Moins de protéines, de calcium, de phosphore, de fer, de vitamine B2 et de vitamine C qu'auparavant…

C'est ce que montrent un nombre croissant d’études scientifiques concernant de nombreux fruits, légumes et céréales cultivés aujourd’hui, comparés à ceux qui étaient cultivés il y a plusieurs décennies. Compte tenu de la tendance à adopter une alimentation de plus en plus végétale, le sujet est d'importance. Le risque est d'assister à une réduction de la valeur préventive de l'alimentation en matière de maladies chroniques.

En cause, les procédés agricoles modernes qui augmentent le rendement des cultures mais perturbent la santé des sols. Les méthodes d’irrigation, de fertilisation et de récolte bouleversent les interactions essentielles entre les plantes et les champignons du sol, ce qui réduit l’absorption des nutriments qui y poussent. Viennent s'ajouter à cela le changement climatique et l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone.

Entre 1950 et 1999, une étude états-unienne a mis en lumière une diminution de 6 à 38 %, selon les nutriments et les types de fruits ou légumes, des taux de protéines, calcium, phosphore, fer, vitamine B2 et C. Par exemple, la teneur en calcium a chuté de façon spectaculaire dans le brocoli, le chou kale et les feuilles de moutarde. La teneur en fer a subi une baisse importante dans les blettes, les concombres et les feuilles de navet. Les asperges, les choux, les feuilles de moutarde et de navet ont perdu des quantités considérables de vitamine C. Une autre étude publiée en 2020 a montré que la teneur en protéines du blé a diminué de 23 % entre 1955 et 2016.

Ces baisses alarmantes ont eu également des effets sur la qualité de la viande, les animaux se nourrissant d’herbes et de céréales moins nutritives. À terme cette situation pourrait être à l'origine de carences alimentaires, notamment chez les populations les plus fragiles. La saveur est également la victime collatérale de cette évolution.

La solution pour le consommateur consiste à privilégier les produits issus d'une agriculture prenant en compte la régénération des sols et de manger un large éventail de fruits, de légumes et de céréales complètes.

 

Source : National Geographic, Stacey Colino – 03/05/22