Nutri-Score : que penser du premier bilan officiel ?

Nutri-Score : que penser du premier bilan officiel ?

Il représente 50 % des ventes en volume et sa présence est en constante augmentation…

Le bilan du Nutri-score, trois ans après sa mise en place, vient d'être publié pour le gouvernement par l'Observatoire de l'alimentation (Oqali). Près de 94 % des Français ont déclaré être favorables à sa présence sur les emballages.
La moitié des références qui portent le logo concernent les classes A et B : comme il n'est pas obligatoire, les marques l'adoptent en général pour les produits ayant obtenu une note favorable. Les consommateurs se disant prêts à payer plus chers les produits bien notés, le Nutri-Score pourrait ainsi s'avérer lucratif pour les entreprises agro-alimentaires, en leur permettant d’augmenter leur prix et de vendre plus.

Selon le rapport, ce serait un outil d'une efficacité avérée pour :
- discriminer la qualité nutritionnelle des aliments entre et au sein des groupes d'aliments en cohérence avec les recommandations officielles,
- encourager des apports en énergie et en lipides plus faibles, avec des contributions plus élevées de glucides, de protéines, vitamines, minéraux et fibres,
- réduire le risque de maladies chroniques.

Le problème est que le Nutri-score se base sur des conceptions dépassées de la nutrition : il met au même niveau l'huile d'olive et de tournesol, ne prend pas en compte la teneur en oméga-3 et oméga-6, privilégie les glucides raffinés par rapport aux lipides, et surtout ne prend pas en compte le degré de transformation des aliments, qui est aujourd'hui le fléau majeur. Il favorise des reformulations de produits avec des recettes qui ressemblent plus à de la chimie qu’à de la vraie cuisine.
La gouvernance européenne du Nutri-Score qui sera créée en 2021 intégrera un comité scientifique. Il faut espérer que ce dernier intègrera dans l'algorithme de calcul les dernières connaissances scientifiques en matière d'alimentation (dont l'ultra-transformation des produits).

 

Source : La Nutrition, Sarah Amiri – 31/05/21