Christophe André : Comment rester zen dans un monde de fous

Christophe André : Comment rester zen dans un monde de fous

Explosion des phobies sociales, des troubles anxieux, de la dépression, des dépendances...

C'est l'évolution, en 40 ans, à laquelle a assisté Christophe André, psychiatre jeune retraité du service de psychiatrie de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. En cause : les guerres, le terrorisme et les violences en tout genre, les préoccupations écologiques… Il a vu arriver également ces dernières années de nouvelles formes de pathologies, notamment liées à l'usage d'internet et des écrans : principalement des addictions aux jeux de hasard, d’argent, de rôle ou aux vidéos pornos. Mais dans le même temps il souligne un phénomène encourageant : nous n'avons plus honte de parler de problèmes psychologiques et nous tolérons moins la souffrance.

Christophe André considère ses patients comme des sentinelles : plus sensibles et plus fragiles, ce sont eux qui craquent en premier par exemple en cas de dysfonctionnement managérial.
"C’est le principe du canari dans les mines. Très sensible au grisou, il servait à prévenir les mineurs. Dès que le canari tournait de l’œil, il fallait remonter !"

Face à un monde de plus en plus difficile et complexe, la méditation en pleine conscience constitue une aide qui ne rend pas, contrairement à ce que l'on croit, impassible et insensible à l’inquiétude, aux souffrances ou à la tristesse. Les études montrent que le cortex préfrontal des méditants garde le contrôle de l’amygdale cérébrale qui est le siège des activations émotionnelles.
"Il n’y a pas d’embrasement, pas d’affolement, pas d’emballement. Ils répondent à l’inquiétude avec plus de calme et de discernement. L’idée est d’affronter plus lucidement les problèmes sans oublier aussi ce qui va bien !"

Concernant l'avenir de notre société, Christophe André est lucide par rapport aux enjeux, notamment environnementaux, mais reste optimiste en voyant certaines choses changer favorablement.
"L’émergence de la conscience écologique s’est faite rapidement, en quelques décennies, tout en luttant contre des forces marchandes considérables. Je vois ces changements à l’œuvre en médecine aussi où de plus en plus de personnes contestent le tout médicament, et souhaitent sinon des médecines alternatives radicales, du moins des médecines complémentaires auxquelles on donne les mêmes moyens en matière de recherche que les médecines officielles."

 

Source : We Demain, Philippe Desfilhes – 28/01/21