Covid : quand des chiffres qui se révèlent trompeurs ou faux dictent nos choix

Covid : quand des chiffres qui se révèlent trompeurs ou faux dictent nos choix

Au nom de quoi pourrait on prétendre qu'on "peut débattre de tout sauf des chiffres" ?

Le slogan en faveur de la vaccination a été largement utilisé durant l'été 2021 et repris dans la plupart des médias et des réseaux sociaux.
"Il questionne sur la façon dont les choix politiques peuvent être modelés par des arguments d’autorité fondés sur la "science" ou les "chiffres" qui font passer tous ceux qui les questionnent pour d’indécrottables complotistes."

Or un certain nombre d'experts s'inquiètent de voir certains chiffres clés avancés imprudemment alors qu'ils sont encore approximatifs et trop fragiles pour clore un débat.
Dans le passé, l'un des ces indicateurs était le taux d'occupation des lits en réanimation utilisé pour justifier le second confinement. Il a été montré par la suite qu’il était peu fiable car il incluait l’ensemble des patients en état critique répartis entre trois services : les soins intensifs, les soins continus et le service de réanimation. Cela ne remet pas en cause la réalité de la surcharge de certains services de réanimation, ces derniers étant de toutes façons chroniquement en sous-effectif et insuffisamment équipés.

Le slogan "8 personnes sur 10 hospitalisées à cause du covid ne sont pas vaccinées" qui est devenu fin octobre "6 personnes sur 10…" pour des raisons de simple arithmétique (la croissance de la population vaccinée), émanait d'une simple "note" de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques). Cette dernière précisait qu’il ne s’agissait que de "résultats agrégés" fondés sur des bases de données pas toujours mises à jour qui ne pouvaient servir de base fiable pour "estimer précisément l’efficacité vaccinale".

Dans certains cas, le couac est méthodologique : le 30 juillet, la DREES établit le nombre de décès dans les hôpitaux à 926, entre le 31 mai et le 11 juillet, en oubliant de préciser que ce chiffre ne prend en compte que les patients entrés à l’hôpital après le 15 mai. En réalité ce sont 1 880 personnes qui sont décédées du covid sur la période.

Sur l'efficacité des vaccins, de nombreux spécialistes ont émis des doutes sur l'efficacité à 95 % des vaccins à ARN messager, pointant du doigt de nombreux biais méthodologiques. Par exemple début janvier, Peter Doshi, rédacteur en chef adjoint du British Medical Journal, avait estimé, au vu des études produites par Pfizer, l'efficacité du vaccin autour de 29 %.
Mais même si l'on admet la réalité de ce taux d'efficacité, il est calculé en risques relatifs. L'étude Pfizer met en lumière un risque de contracter le covid de 0,88 % chez les non-vaccinés contre 0,04 % chez les vaccinés. On comprend que l'industriel trouve l'argument moins vendeur pour son produit. Mais quid des autorités de santé ? N'aurait-on pas fait le choix de la dramatisation au détriment de la clarté ?

Ces quelques exemple montrent que les indicateurs devraient être maniés avec précaution.
"Au vu du nombre d’incertitudes liées à ce virus, ils peuvent parfois ne refléter qu’une partie de la vérité à un instant T, et non prétendre à décrire une réalité globale et définitive qui nous exonèrerait de tout débat citoyen. Ils devraient, au minimum, être maniés avec prudence et humilité plutôt que brandis avec assurance et autorité."

 

Source : Alternative Santé – 24/11/21