Quelles sont les données qui montrent la dégradation de la santé psychique des Français ?

Quelles sont les données qui montrent la dégradation de la santé psychique des Français ?

États anxieux et dépressifs, recours aux antidépresseurs, hospitalisations pour tentative de suicide… Les indicateurs sont au rouge depuis le début de la pandémie.

Dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire de SPF (Santé Publique France) consacré aux états anxieux et dépressifs des actifs, on redoute que la santé mentale fragilisée des Français devienne un "problème de santé publique".
De nombreuses études convergent dans ce sens…

- Études perception de la santé mentale en population générale : l'étude Coviprev initiée par SPF est basée sur un questionnaire envoyé régulièrement à des échantillons différents de 2 000 personnes.
Résultat : un niveau élevé des signes d’état dépressif (16 %, supérieur de 6 points au niveau hors épidémie) et des signes d’état anxieux (26 %, supérieur de 12 points au niveau hors épidémie). Les plus touchés sont les femmes, les moins de 50 ans, les employés, les personnes ayant un diplôme inférieur au bac. Les professions les plus atteintes sont celles de secteurs des activités financières, des arts, du spectacle et de l’enseignement.

- Études suivant le même groupe de personnes sur une longue durée : l'étude Epicov menée par la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) et l'Inserm réalisée sur le même échantillon de 135 000 personnes de plus de 15 ans.
Résultat : une hausse de syndromes dépressifs de 2,5 points par rapport à 2019, plus forte chez les 15-24 ans et chez les femmes.

- Consommation d'antidépresseurs : l'Assurance Maladie déclare une forte hausse des prescriptions d’antidépresseurs, d’antipsychotiques, d’anxiolytiques et d’hypnotiques depuis le début de la pandémie, qui s’est même accentuée en 2021.

- Données hospitalières : le dernier bulletin de SPF indique une "hausse des passages pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur chez les 11-17 ans et, dans une moindre mesure, chez les 18-24 ans" avec des niveaux observés "nettement supérieurs à ceux des années précédentes".

En cas de signes de dépression (tristesse, perte d’intérêts, d’énergie) ou d’anxiété (tension, irritabilité), les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de s’informer et d’en parler autour de soi. On peut par exemple trouver de l'écoute au 31-14 (numéro national de prévention du suicide) ou sur Fil Santé Jeunes.

Source : Le Monde, Iris Deroeux – 29/11/21