Crise climatique : consommer moins permettrait de "réduire 40 à 70 % des émissions de gaz à effet de serre", estime une co-autrice du rapport du Giec

Crise climatique : consommer moins permettrait de "réduire 40 à 70 % des émissions de gaz à effet de serre", estime une co-autrice du rapport du Giec

Pour la première fois, les experts du climat se penchent sur la "sobriété" des consommateurs.

Afin de lutter contre le changement climatique, ils s'étaient focalisés jusqu'à présent sur les solutions liées à l'offre : comment produire en émettant moins de gaz à effet de serre. Ils consacrent aujourd'hui à la demande un chapitre de leur rapport.
"Si on arrive à mettre en place une combinaison de politiques efficaces, d'amélioration des infrastructures et d'accès à des technologies qui permettraient de modifier les comportements, alors jouer sur la demande permettrait de réduire 40 à 70 % des émissions globales de gaz à effet de serre", explique Nadia Maïzi, co-autrice de ce chapitre et chercheuse aux Mines ParisTech.

Les experts du Giec préconisent ainsi le triptyque "éviter-changer-améliorer" :
- éviter certaines consommations (comme par exemple les vols long courriers),
- conserver les usages mais utiliser des modes moins émissifs pour les satisfaire (comme par exemple se déplacer sur des courtes distances mais à pied ou en vélo),
- satisfaire une même demande grâce à une technologie plus efficace (comme par exemple remplacer sa vieille voiture par un véhicule moins émetteur).

10 % des ménages les plus riches dans le monde contribuent à environ 40 % des émissions globales de gaz à effet de serre alors que 50 % des plus pauvres ne contribuent qu'à environ 15 %. La sobriété ne se conçoit donc que dans les pays riches.
Types d'actions individuelles conseillées : s'approvisionner via des circuits courts, rapprocher les lieux de travail des logements, rassembler les besoins fondamentaux dans les périmètres plus concentrés, recycler, réparer plutôt que racheter…

Problème : la question climatique ne déclenche pas pour l'instant des changements de comportements à la hauteur des enjeux. Le rapport évoque donc l'importance de l'éducation et de l'information, par exemple à travers des groupes d'influence comportant des figures charismatiques comme Greta Thunberg.

 

Source : France Info, Camille Adaoust – 06/04/22