Œufs Kinder, pizzas Buitoni, fromages Lactalis contaminés : quand la rentabilité prime sur la sécurité

Œufs Kinder, pizzas Buitoni, fromages Lactalis contaminés : quand la rentabilité prime sur la sécurité

Escherichia coli, salmonelle, listeria… Plusieurs grands groupes alimentaires sont aujourd'hui sur la sellette.

Ce sont d'abord des pizzas Buitoni, filiale du groupe Nestlé, qui furent contaminées par la bactérie Escherichia coli (E. coli), potentiellement responsables du décès de deux enfants. L'usine a été fermée sur arrêté préfectoral pour conditions d'hygiène défaillantes. Dans le cas des chocolats Kinder infectés par la salmonelle, l’agence de sécurité alimentaire belge a ordonné l’arrêt de la production, du fait des "informations incomplètes" fournies par la maison mère Ferrero. Enfin concernant les fromages du groupe Lactalis, porteurs de listeria, des enquêtes sont en cours.

Résultat : la confiance des consommateurs dans l’industrie agro-alimentaire est en chute libre. L’ONG Foodwatch dénonce un "système défaillant en matière de protection des consommateurs, qu’il faut urgemment réformer. (…) Le système d’auto-contrôles confié aux industriels n’est pas suffisamment efficace".
Problème : la Répression des fraudes (DGCCRF) a supprimé 442 postes d’agents en dix ans et la Direction générale de l’alimentation en charge de l’inspection vétérinaire (abattoirs) et phytosanitaire (pesticides) a réduit le nombre des inspections de 33 % entre 2012 et 2019. Selon les experts, tout cela a conduit à une course à la rentabilité au détriment de la sécurité alimentaire.

Le secteur agro-industriel répond toutefois que l'alimentation est de plus en plus sécurisée : dans les années 1960, les intoxications alimentaires pouvaient provoquer des milliers de morts chaque année, contre environ 250 désormais, selon Santé publique France.

 

Source : Novethic, Mathilde Golia – 07/04/22