Envoyer moins de courriels : un geste symbolique, mais inefficace, pour le climat

Envoyer moins de courriels : un geste symbolique, mais inefficace, pour le climat

On peut supprimer ses courriels pour gagner de la place de stockage ou mieux organiser ses dossiers… mais pas pour sauver la planète !

Contrairement à une idée couramment répandue (même par la ministre française de la Transition énergétique), l'empreinte carbone des courriels est faible au regard des autres leviers d'actions qui permettraient de réduire substantiellement l'impact des utilisateurs. Voici pourquoi…
- Les systèmes de stockage et de transmission de données numériques fonctionnent 24/24 et 7/7 avec à peu près la même quantité d’énergie que des courriels soient envoyés ou pas.
- L'échange de courriels ne représente que 1 % du trafic internet contre 82 % pour les services de vidéo.
- 85 % du trafic des courriels sont en fait des pourriels (spams) : envoyer moins de courriels à l’échelle individuelle a donc une influence limitée.
- Que des courriels soient envoyés ou pas, les ordinateurs et routeurs sont toujours allumés avec, à peu de choses près, la même consommation d’électricité. Il est très rare que nous allumions un ordinateur uniquement pour envoyer un courriel.
- L’impact associé à l’utilisation des centres de données et les réseaux de transmission est extrêmement faible lors de l’envoi des courriels. Exemple : la consommation d’électricité nécessaire pour chauffer une tasse de thé dans une bouilloire est la même que pour le transfert et le stockage de 1 500 courriels de 1 Mo.
- Le temps passé devant l’ordinateur pour supprimer manuellement ses courriels peut entraîner plus d’impact que de simplement les stocker.

Conclusion : la meilleure manière de réduire l’empreinte carbone des courriels consiste à allonger la durée de vie des appareils électroniques et à utiliser ceux qui sont moins gourmands en électricité.

 

Source : The Conversation, Luciano Rodrigues Viana, Jean-François Boucher, Mohamed Cheriet – 09/01/23