L’agriculture bio tente de passer à la vitesse supérieure

L’agriculture bio tente de passer à la vitesse supérieure

9,5 % de la surface agricole française étaient cultivés en bio à la fin de l'année 2020.

"La France présente un secteur bio qui a doublé en cinq ans et figure parmi les premiers producteurs et marchés européens", explique l'Agence Bio à l'occasion du 20e Congrès mondial de l'agriculture biologique, accueilli pour la première fois en France, à Rennes.

Comment faire passer à grande échelle ce mode d'agriculture encore minoritaire en France et dans le monde ? L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) se penche sur la question à travers Metabio, un "métaprogramme" de recherche. Les chercheurs travaillent notamment sur la fourniture d'azote par la culture de légumineuses et l'association de plantes, sur la sélection de variétés bio les plus adaptées possibles, sur des insecticides et des fongicides naturels à base d'huiles essentielles.

Les experts jugent que les consommateurs sont prêts à payer pour une qualité bio un prix supérieur de 15 %.
Plusieurs études montrent qu’il est techniquement possible de nourrir Français et Européens avec des produits bio, à plusieurs conditions :
- réduire la consommation de viande,
- stopper le gaspillage alimentaire,
- opérer des changements agricoles importants, comme la conversion des grandes plaines céréalières en zones bocagères de polyculture élevage.
Mais encore faudrait-il que la bio ne perde pas son âme et sa cohérence en se développant…

Selon le président de la Fédération nationale de l'agriculture biologique, il est impératif que les aides à la conversion soient à la hauteur, ce qui est loin d'être le cas actuellement. Les paysans devraient être rémunérés, selon lui, par la collectivité pour les services environnementaux rendus en matière de préservation de la biodiversité, de contribution à la santé publique et au stockage du carbone.

 

Source : Reporterre, Lorène Lavocat – 08/09/21