Le plan pour les abeilles n’empêchera pas l’hécatombe

Le plan pour les abeilles n’empêchera pas l’hécatombe

Le nouveau plan national en faveur des insectes pollinisateurs est un pas encourageant mais nettement insuffisant.

C'est l'avis des organisations environnementales après le lancement le 21 novembre dernier d'un plan gouvernemental qui s'articule autour de huit "actions phares" autour notamment de la mise au point de "listes rouges" d’espèces particulièrement menacées, de l'acquisition de nouvelles connaissances sur leurs "facteurs de stress", d'actions favorables auprès de plusieurs secteurs d’activités (comme l’agriculture, la sylviculture ou l’industrie), de partenariats avec le conseil national des villes et villages fleuris ou de soutien financier pour la filière apicole. Le renforcement de la protection des pollinisateurs lors de l’utilisation des pesticides n’apparaît qu’en huitième et dernière position.

L’arrêté qui accompagne le plan contient quelques avancées pour les abeilles et les insectes pollinisateurs. À partir du 1er janvier 2022, en période de floraison, les agriculteurs ne pourront plus épandre de pesticides que dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui le suivent. Par ailleurs les herbicides et les fongicides ont été intégrés à la liste des substances réglementées durant la période de floraison (auparavant n'étaient interdits durant cette période que les insecticides et les acaricides).

C'est donc un bon premier pas mais qui risque d'être dilué par de nombreuses possibilités d'exemptions. Malheureusement de nombreuses recommandations de scientifiques n'ont pas été entendues comme l'interdiction d'épandage des pesticides avant le coucher du soleil et en cas de température supérieure à 12°C. Les papillons de nuit ne sont pas pris en compte dans cette réglementation.

Globalement, associations et apiculteurs estiment que ce plan manque d’ambition et ne s'attaque pas aux racines du problème en encourageant l'agro-écologie.
La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et le syndicat Jeunes agriculteurs ont salué le plan du gouvernement.

 

Source : Reporterre, Hortense Chauvin – 23/11/21