Climat et santé mentale : ce que les réseaux sociaux nous disent de l’éco-anxiété

Climat et santé mentale : ce que les réseaux sociaux nous disent de l’éco-anxiété

Deuil écologique, solastalgie, anxiété climatique ou éco-anxiété, il s'agit d'une peur chronique de la catastrophe environnementale.

Certains experts parlent d'un trouble de stress prétraumatique. 84 % des jeunes se sentiraient concernés et plus de la moitié ressentiraient des émotions négatives telles que la tristesse, la colère, l’impuissance ou la culpabilité. La vie quotidienne de 45 % d'entre eux seraient même affectée, jusqu'à ressentir des symptômes d'insomnie ou de dépression (enquête récente The Lancet).

L'étude des "mèmes" (images, dessins ou vidéos propagés sur internet) montre différentes manifestations d'éco-anxiété qui se traduisent par un sentiment d'impuissance et un manque de foi en l'avenir. Trois dimensions du bien-être sont particulièrement mises à mal par les problèmes écologiques : maîtrise de l’environnement, sens de la vie et relations avec les autres.
Il existe dans ces "mèmes" une dimension identitaire revendicatrice d'une différence avec les autres que seraient les "riches capitalistes" ou les "boomers". Leur traitement en est souvent humoristique et permet de diminuer l'inconfort de ceux qui les créent.

Les experts ne sont pas encore d'accord pour savoir si l'éco-anxiété doit être traitée comme une maladie et comment il faudrait la prendre en charge. Mais on ne peut que constater que cet état affecte le bien-être d’un nombre croissant d’individus.
Les médias, les décideurs publics, les ONG/militants et les entreprises devraient réfléchir plus attentivement à la manière dont ils orientent leur communication et se méfier des messages trop anxiogènes non assortis de solutions concrètes.
Chez les créateurs de contenu en ligne, il y a un fort bénéfice potentiel à exprimer son ressenti personnel sur les questions environnementales, ce qui permet notamment de renforcer son sentiment d’appartenance à une communauté et d'accroître son propre contrôle perçu sur la situation.

 

Source : The Conversation, Leila Elgaaied-Gambier, Timo Mandler – 29/10/21